Les Forces Spéciales Tunisiennes redoutées par Ben Ali


La Brigade Anti Terrorisme (BAT) est une force spéciale qui a fait parler d’elle ces dernières semaines suite à la révélation que TunisieNumérique a fait du scénario de l’arrestation des familles Trabelsi et Ben Ali à l’aéreport de Tunis Carthage le 14 Janvier 2011. Dans la vidéo filmée par l’un des membres de la BAT, nous constatons la présence d’autres forces spéciales tunisiennes qui ont ultérieurement rejoint la BAT pour la soutenir et accomplir la mission de sécurisation de l’aéroport, la protection du palais présidentiel et la défense du ministère de l’Intérieur.

Les Forces Spéciales Tunisiennes sont l’élite sécuritaire du pays. Leurs examens sont programmés selon les besoins de chaque unité. Lors d’une session de recrutement,  100 agents candidats sont sélectionnés en moyenne. Des critères très sélectifs dans chaque unité sont fixés par un comité de sages et d’officiers gradés. Cette sélection ne laisse aucune place aux « pistons » éventuels.

On dénombre :

1- Le Groupe d’intervention et de Protection de Personnalités (GIPP)

2- Le Groupe des Forces Spéciales de l’Armée Nationale (GFS)

3- L’unité Spéciale de la Garde Nationale (USGN)

4- La Brigade Anti Terrorisme (BAT)

Mis à part les stages à l’étranger, leurs formations comprennent trois niveaux de Brevets de Spécialité (BS) :

BS1 – Il dure entre deux et trois mois, précédé généralement d’un pré-stage de deux à trois semaines d’exercices extrêmement pénibles de résistances physique et mentale. Le taux de réussite se situe entre 10 et 15%. Lorsque le nombre de titulaires du BS1 le permet, le second examen est programmé (l’attente peut durer plusieurs années).

BS2 – Il dure entre trois et quatre mois, précédé d’un pré-stage qui peut durer 1 mois, d’exercices physiques et techniques. Le taux de réussite est d’environ 70%. Les 30% restants sont généralement éliminés pour des causes  physiques ou psychologiques ainsi que des abandons volontaires. Lorsque le nombre de titulaires de BS2 le permet, le troisième examen est programmé (l’attente peut aussi durer plusieurs années).

BS3 -Il dure entre quatre à six mois, précédé d’un pré-stage qui peut durer 1 mois, d’exercices techniques et de simulations. Le taux de réussite est d’environ 70%. Les 30% restants sont généralement éliminés pour cause de blessures et d’abandons.

Ces brevets leur procurent une augmentation salariale dérisoire, en conséquence, leur principale motivation n’est donc pas financière mais patriotique. Ces formations créent des liens et un esprit d’équipe exemplaire, du style « un pour tous, tous pour un ».

Des unités qui ne se rencontrent jamais !

Ils sont entrainés pour défendre la Patrie et intervenir avec sang-froid pour protéger le maximum de vies humaines. Faire partie d’une des élites militaires et para militaires tunisiennes est une fierté. Il est clair que lorsque l’on voue sa carrière à son pays, à ce niveau d’entrainement, ni l’argent ni les intimidations n’ont d’effets. En conséquence, l’ancien régime corrompu a  marginalisé ces unités spéciales pour éviter qu’elles ne se révoltent contre lui.

Même si l’ancien régime, dans un premier temps, s’est efforcé de cloisonner ces unités , leurs officiers se reconnaissent mutuellement car ils ont effectué leurs études supérieures à l’Académie militaire (sous la tutelle du ministère de la Défense). Ils sont ingénieurs en techniques d’armement, en électro-mécanique, en génie informatique, en télécommunication, en génie civil, etc.  Comme dans tout institut supérieur,  pendant leurs études, des liens se créent.

Dans un second temps, leurs programmes d’entraînement quotidien ont été modifiés dans le but de les affaiblir sur instructions de Ben Ali et sans aucune légitimité. Malgré cela, ils ont continué à maintenir des programmes d’entraînement inspirés d’autres unités semblables dans le monde, pour maintenir et renforcer leur niveau d’efficacité.

Rafik Lhaj Kacem et les unités spéciales

Pour ce qui est du ministère de l’Intérieur, depuis que Rafik Lhaj Kacem était en poste, aucun officier n’est allé en stage a l’étranger, à l’exception de  certains membres du GIPP. La mission du ministre était-elle d’écarter les meilleurs spécialistes en matière de sécurité, logiquement opposés à un système corrompu et de plomber le ministère de l’Intérieur avec certains éléments néfastes, sans aucune compétence réelle  en matière de sécurité, de manipulation d’armes à feu, sans règles éthiques bien définies ? Ces éléments néfastes ont fini par occuper des postes  stratégiques au sein du ministère de l’Intérieur. Les unités spéciales étaient  » mises au frigo » !

Contrôler le palais présidentiel en une matinée !

Concernant l’armée, Ben Ali lui-même aurait démis de ses fonction un colonel d’unité spéciale , il y a de cela plusieurs années lorsqu’en toute franchise, ce dernier aurait affirmé qu’il lui était techniquement  possible de prendre le contrôle du Palais présidentiel en une seule matinée.

Identification de ces unités

1 – Le Groupe d’Intervention et de Protection de Personnalités (GIPP) Emanant directement, jusqu’au 16 janvier 2011, du Palais présidentiel, il est depuis sous l’égide du ministère de l’Intérieur.

Cette unité recrute directement ses membres à partir de la sûreté et de la garde nationale et leur fait passer les examens BS. Ils ne sont aucunement liés à la famille présidentielle. Ils ont un salaire légèrement plus élevé, une liberté plus grande et une assiduité moins fréquente aux entraînements. Mais ils ont été les plus exposés au comportement arrogant et quasi quotidien de la famille de l’ancien président, comportement allant de l’humiliation verbale jusqu’à l’humiliation physique et surtout de Leïla Ben Ali. Les mêmes agents ont également servi sous le régime de Bourguiba et ils sont actuellement chargés de la protection de l’actuel Président par intérim.

2 – Le Groupe des Forces Spéciales de l’Armée Nationale est l’élite des commandos de l’armée de terre. Dépendant du ministère de la Défense, il est basé officiellement à Bizerte. Cette unité recrute directement ses membres à partir des commandos de l’armée de terre et leur fait passer les examens BS. Leur mission principale est la protection du territoire national tunisien et de maîtriser toute tentative d’attaque d’une force étrangère. Entraînés également à manier des armes lourdes, cette unité comme l’ensemble de l’armée a souffert d’une marginalisation de la part de l’ancien régime.

3 – L’Unité Spéciale de la Garde Nationale (USGN) est l’élite de la garde nationale (équivalent en France du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, GIGN). Dépendant du ministère de l’Intérieur, il est basé officiellement à Bir Bouregba. Cette unité recrute directement ses membres de la garde nationale et leur fait passer les examens BS. Leur mission principale est l’intervention à l’intérieur de l’espace national, notamment en zones non urbaines (montagnes, forêts, plages, déserts).

4 – La Brigade Anti Terrorisme (BAT) (équivalent en France au corps d’élite de Recherche Assistance Intervention Dissuasion, RAID – ou aux USA, des Special Weapons and Tactics, SWAT). Aussi connue sous le nom des «Tigres Noirs», c’ est l’élite de la police nationale tunisienne, dépendant du ministère de l’Intérieur. Elle est basée dans la capitale, plus précisément à Bouchoucha. Cette unité recrute directement ses membres à partir de la police nationale. N’intervenant sur le terrain que dans des cas extrêmes, leur mission principale est l’intervention en zone urbaine et contre des prises d’otages dans différentes situations (avions, bateaux).

Venant des quatre coins de la Tunisie, n’ayant pratiquement aucun rapport direct avec les citoyens, chaque agent de ces unités, constitue l’élite en matière de sécurité nationale ou en cas d’agression armée.


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