Interview de Moncef Marzouki, ou comment brasser et battre l’air !!


 MM

Après la controverse, montée de toute pièce parait-il, sur son interview soi-disant censurée, l’émission de débat tant attendue s’est avérée un ramassis de clichés usés jusqu’à la corde et de poncifs éculés dont Moncef Marzouki est passé maitre. Le ton aigri et le verbe acide, il continue son obscur discours de division et appelle la meute à lyncher le pouvoir en place, issu des urnes pourtant, réservant la part belle de ses vilipendes au président en exercice, non pour son bilan mais tout simplement parce qu’il lui a succédé à Carthage, échec qu’il semble n’avoir guère ni digéré ni accepté.  L’interview a révélé que l’ex chef d’Etat, qui faut-il le rappeler a été désigné à la magistrature suprême dans un concours de circonstances, n’a pas quitté sa tunique messianique. Aucune autocritique sur son triste bilan. Il n’a de cesse, une heure durant, de s’attribuer des réalisations dont personne n’a vu ne serait-ce l’ombre et  d’énumérer des conquêtes pour le moins fictives.

De toute évidence, Moncef Marzouki souffre manifestement d’amnésie. Quiconque ayant suivi sa prestation à la télé penserait qu’il n’a jamais été président de la république pendant plus de trois ans (alors que sa mission était supposée durer une seule année, d’où détournement de mandat sur lequel il n’a jamais pipé un traitre mot). Il a le culot de pointer des problèmes auquel lui-même a fait face, sous sa présidence, sans modifier en quoi que ce soit la donne. Mauvaise foi ou trou de mémoire ?! Rien de surprenant de voir Moncef Marzouki s’entêter de défoncer des portes ouvertes et de brasser l’air. On dit que les grands hommes se révèlent pour réparer les erreurs de leur siècle, mais quand l’homme est lui-même une erreur de casting ou de négociation, la situation ne peut qu’empirer.

Egal à lui-même, fidèle à sa ligne articulée autour de l’excès et de l’invective, Moncef Marzouki, toujours fruste et fantasque, n’est guère sorti de ses ornières ni abandonné ses vieux démons. Otage de son propre mauvais génie, entouré des mêmes chats noirs, Moncef Marzouki n’a changé ni de répertoire ni de cible ni d’angle de tir. On ne change pas une équipe qui perd !Que dire de son sempiternel bras droit, Adnène Mansar, toujours accroché à ses basques. Il est beaucoup plus un boulet qu’un conseiller. Il fait beaucoup plus de mal et de tort à son maitre à penser que ses adversaires. Toujours prompt à gagner des batailles imaginaires et à se frotter à des ennemis que lui seul a débusqués. Le mentor autoproclamé et son poulain préféré sont à la politique ce que la prostitution est à l’amour.

Dans son interview, il a dégainé et flingué à tout-va, se permettant au passage quelques contre-vérités traduisant autant de mauvaise foi que de mauvais goût. Jugeons-en :

  •  Il a braillé que le gouvernement d’union nationale n’a rien d’union nationale, tout simplement parce que son nouveau parti, construit sur les décombres du CPR, n’a pas été invité à prendre part au processus de concertation et de négociation sur la composition du nouveau gouvernement. Pourtant, l’initiateur de l’idée, le président de la république Béji Caid Essebsi, a affirmé, dès le lancement du processus, que les partis qui ont rejeté le Dialogue National ne seront pas concernés par les discussions et les tractations le Gouvernement d’Union Nationale, notamment le CPR et ses dérivés.
  •   Il a accusé  le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, dont il a peiné à se rappeler le nom, de verser dans le populisme et de jouer la comédie. Comme quoi,  l’hôpital qui se moque de la charité. Sans compter que le nouveau gouvernement n’a pas encore 15joursd’existence, et à ce titre, ne s’est pas encore trop livré pour le classer et le qualifier de quoi que ce soit.
  •  Il a éructé qu’aux présidentielles,  il a récolté, 1,4 million voix, ajoutant à qui veut bien lui tendre une oreille attentive, que depuis, cette base s’est élargie. Et de s’interroger enfin, feignant, théâtral, le coup de gueule : « Qui représente alors cette masse au sein du gouvernement ? ». De quelle masse et de quel poids électoral parle-t-il ?! Mêmes les gamins à l’école savent que sans l’appui de l’électorat d’Ennahdha, il aurait amassé un score frisant le ridicule. Une autre couche de schizophrénie !La ficelle est trop grosse pour être avalé par quiconque. A part lui, personne n’en est dupe !
  •  Il a révélé en grande pompe mais sans un zeste de conviction que c’était, sous ses ordres, que l’armée nationale a été réformée. Rien que ça ! Les militaires tunisiens en font encore des gorges chaudes. Tout un chacun est curieux de savoir comment et quand ?!  A part qu’il a destitué quelques généraux, remplacés par d’autres, sous prétexte de déjouer un  coup d’état que lui seul a vu venir, rien à se mettre sous la dent. D’ailleurs, l’institution militaire tunisienne ne l’a jamais blairé, non parce qu’il l’ait réformée, comme il prétend, mais parce qu’il a manqué de respect à une armée qui n’a jamais failli à son rang républicain ni à son rôle de gardien de la Constitution et de l’intégrité territoriale. Il a toujours voulu faire croire qu’il a évité à la Tunisie, et à Ennahdha surtout, le scénario égyptien, juste par pur calcul bassement électoraliste.
  • Il a affirmé qu’il a planché et mis sur pied une stratégie à court et long terme en mesure de faire sortir le pays de son contexte de crise économique et sociale. A se demander pour quoi il n’a pas fait preuve de tant de lucidité, d’audace et de génie quand il rodait dans les couloirs de Carthage et quand sa Troïka, de triste mémoire,  exerçait le pouvoir sans partage ?!
  • Il a exprimé toutes ses inquiétudes sur l’avenir de la démocratie en Tunisie, prêtant à son successeur à Carthage des velléités d’hégémonie. Quand l’auteur du « livre noir » en parle, forcément ça coince. Il n’a qu’à s’en vouloir à lui-même dans la mesure où quand il était chef d’Etat, il n’était que le laquais d’Ennahdha. Il aurait vraisemblablement aimé que l’actuel résident de Carthage se comporte aussi servilement que lui et adopte la même posture effacée et frileuse.

En résumé, une interview à son image, aigrie, sans profondeur ni nouveauté. La montagne, si d’aventure Moncef Marzouki en est une, n’a accouché que d’une souris. Un ramassis de diatribes, de préjugés et d’appels à la polémique. Un tissu de désinformation et de contre-vérité.  Mauvais perdant et faux prophète, il s’invente des exploits, cultive l’amalgame,  et revendique, d’une manière aussi éhontée qu’irascible, un bilan présidentiel étincelant de réussite et sans la moindre anicroche. On le saurait dans ce cas !


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