Tunisie – Mais où sont donc passés nos « barbus » ?
Qui ne connait pas la tactique du « lièvre » dans les compétitions de courses à pied ou à vélo ? C’est l’athlète qui se lance dans une course effrénée et se démène pour se maintenir en tête de course dès les premiers mètres, comme si sa vie en dépendait. Les concurrents se mettent instinctivement à le pourchasser sans penser à gérer leurs efforts, et surtout en oubliant le vrai, le seul, et l’unique coureur dont il fallait se méfier. Ce coureur vedette se préserve en effet pour la fin de la course, en adoptant profil bas, et en se faisant le plus discret possible pour jaillir au dernier virage et coiffer tout le monde au poteau. Alors qu’entre temps, notre « lièvre » du départ aura mené la vie dure aux autres athlètes avant de s’éclipser au bout du premier tour de piste, laissant tout le monde abruti par l’effort et par la disparition soudaine de l’ennemi à rattraper.
Ces derniers jours, les tunisiens semblent désorganisés, désemparés, ils ont perdu de vue leur « lièvre ». Ils croyaient pourtant lui avoir « presque » fait la peau. Mais où diable sont passés les salafistes. Plus un Kamis à l’horizon, plus une seule barbe touffue, plus de savates !
Se seraient-ils rasés, auraient-ils pris le maquis, ou se sont-ils tout bonnement évanouis dans la nature ?
Et puis, qui sont ces gens qui s’érigent en protecteurs de la révolution ? Y ont-ils jamais pris part ? Qui les a mandatés ? Et que veulent-ils imposer et pourquoi ?
Tout semble porter à croire que les salafistes ont fait leur temps, ils ont été « grillés », surtout, après leurs péripéties auprès de nos « amis » transatlantiques. Ils sont devenus gênants et même compromettants. Ils auraient été invités à aller voir ailleurs.
Ils ont été remplacés à pied levé, ou plutôt, au relais, pour revenir à des termes d’athlétisme, par une autre équipe, plus efficace, car mieux gérable et plus discrète sur le plan vestimentaire.
Et au fait, est ce que cette équipe de relève est « le fameux vrai athlète » à redouter ? On dirait que les tunisiens se plaisent à le croire. Et du coup, le tunisien est passé de revendications telles que l’accélération du processus de transition, l’installation d’un gouvernement de technocrates, l’achèvement de l’écriture de la constitution, à des revendications plus terre-à-terre, de type dissolution de ces comités qui font peur et qui sèment la terreur. Et encore, ces revendications ne semblent pas évidentes à réaliser, toutes terre-à-terre qu’elles sont. Les partis au pouvoir prétendent tenir corps et âme à ces formations « née de la matrice de la révolution ».
On avait prévenu, que désormais, les choses sont passées des débats de salons à des ébats de rue, mais nous n’avions pas prévu les formations en présence. Les choses deviennent plus claires (bien que trop sombres), espérons qu’il n’y aura pas d’autres invités « surprise » à ce champ de bataille déjà bien trop garni.
Lire aussi
- Vidéo-Tunisie: Où sont passés les autres élus de la Constituante ?
- Vidéo: Seulement 142 élus présents à la Constituante, où sont passés les autres?
- Hergla : 2 salafistes passés à tabac
- Les seuls tchadiens qui sont restés sur le sol tunisien sont des enfants sans soutien familial
- Libye : Les journalistes libérés sont passés par Ras Jedir






Commentaires: