Syrie: cessez-le-feu « relativement respecté », selon l’ONU
Le cessez-le-feu entré en vigueur la veille en Syrie était « relativement respecté » vendredi 13 avril2012, a déclaré Ahmad Fawzi, porte-parole de l’émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan. Des militants syriens ont cependant fait état de heurts entre forces du régime et insurgés de l’Armée syrienne libre (ALS).
Si le cessez-le-feu, « très fragile » selon l’ONU apparaît tenir, le régime syrien n’a toujours pas retiré ses troupes et armes lourdes des zones de population comme le prévoit le plan de sortie de crise de Kofi Annan, a déclaré M. Fawzi. Le secrétaire général de l’ONU va demander au Conseil de sécurité d’approuver le déploiement le plus rapidement possible d’une mission d’observation également prévue par le plan.
Elle devrait compter 250 hommes, a précisé Ahmad Fawzi. « Nous avons une avant-garde prête à partir sur le terrain dès que possible » afin de préparer la mission qui sera menée « si le cessez-le-feu tient et se transforme véritablement en arrêt des hostilités ».
Des accrochages entre soldats syriens et insurgés ont, toutefois, eu lieu près du village de Khirbet el-Joz dans le nord-ouest de la Syrie près de la frontière turque, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDL), qui dispose d’un réseau de militants dans tout le pays. Les Comités locaux de coordination, un autre mouvement de militants syriens, a fait état de « tirs très nourris ».
Les combats ont duré environ une demi-heure et « tout est calme à présent », selon le directeur de l’OSDL, Rami Abdul-Rahman, qui n’a pas fait état de victimes. On ne signalait cependant pas de bombardements intenses, tirs de roquettes et obus de mortier meurtriers qui avaient précédé l’entrée en vigueur du cessez-le-feu jeudi à l’aube.
Le gouvernement syrien avait fait savoir par avance mercredi qu’il se réservait le droit de répondre à toute agression et pourrait ainsi prendre prétexte des manifestations de l’opposition pour rompre le cessez-le-feu.
Le Conseil national syrien (CNS), un des principaux groupes de l’opposition, a appelé la population à manifester pacifiquement après les prières du vendredi. « Le vrai test pour nous est de voir si les gens pourront manifester pacifiquement », a observé Bassma Kodmani, une porte-parole du CNS.
Le ministère syrien de l’Intérieur, selon l’agence officielle syrienne SANA, a averti que les manifestants devraient demander préalablement une autorisation. D’après Maath al-Shami, un militant de Damas, des agents en civil des services de sécurité étaient déployés vendredi « partout » dans la capitale.
Source: AP
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