Syrie: L’imminente prise d’Alep, un succès militaire, prémices d’une renaissance pour le régime de Bachar Al Assad


bacharL’avancée inexorable de l’armée du président  Bachar Al Assad dans la ville d’Alep enchaînant victoire après victoire grâce à l’appui militaire aérien de la Russie, des combattants du Hezbollah libanais et des gardiens de la révolution de l’Iran, dénote des prémices d’une renaissance pour le régime.

En dépit des affirmations du Qatar, premier soutien des rebelles syriens, de la poursuite de ses efforts pour renverser le régime de Bachar Al Assad, le possible revirement de la politique américaine en Syrie avec le volte-face 45ème président des Etats-Unis, Donald Trump, pourrait constituer un atout majeur en faveur du régime syrien.

Grands succès militaires

Ainsi,  les troupes du régime poursuivaient lundi leur offensive pour reprendre la totalité de la ville septentrionale d’Alep, réussissant à prendre le contrôle de tout le nord-est de la ville. L’armée a repris les quartiers de Sakhour, Haydariyé et Cheikh Khodr, alors que les forces kurdes ont repris aux rebelles le quartier de Cheikh Fares. Les rebelles ont perdu le contrôle de tous les quartiers du nord-est d’Alep et il s’agit de leur plus grand revers depuis 2012, affirme Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Ces affrontements ont provoqué de grands mouvements de déplacements des habitants des quartiers d’Alep-Est qui ont fui vers les zones tenues par le régime et les kurdes.

Des centaines de rebelles islamistes ont commencé à quitter la ville d’Alep fuyant vers des régions tenues par l’opposition. Une situation qui suscite des interrogations et des craintes de voir ces djihadistes retourner dans leurs pays d’origines notamment la Tunisie qui compte de nombreux citoyens qui avaient rejoint les rangs de Daech. 

La reprise imminente de la ville d’Alep  pourrait  changer la configuration du conflit en Syrie et remettre en scelle le régime dont les jours étaient comptés en raison de l’avancée des rebelles et des forces de l’opposition ces dernières années grignotant le territoire aux mains des partisans de Bachar Al Assad.

Le président Bachar Al Assad pourrait concrétiser le rêve de chasser les rebelles de son pays bien que la solution militaire ne pourrait pas conduire à cet ultime objectif , selon de nombreux observateurs qui évoquent les ingérences des pays de la région qui soutiennent opposition.

Efficacité du soutien russe

L’amorce du retour de Bachar Al Assad qui fait face depuis cinq ans à une opposition armée, s’est fait avec l’entrée en action de la Russie de Vladmir Poutine qui a soutenu militairement le régime Al Assad lui assurant une couverture aérienne précieuses qui lui a donné la suprématie dans les cieux tout en permettant aux militaire de l’armée régulière de remporter des victoires au sol.

L’intervention russe en Syrie a permis d’apporter dans une première phase un équilibre des forces en présence étant donné que les Etats -Unis , la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite appuient les rebelles. Dans une seconde phase , la balance s’est penchée du côté du régime syrien avec engagement de plus en plus effectif de la Russie qui forme armes et possède des bases militaires en Syrie.

La Russie de Poutine a, grâce à cette intervention en Syrie, réussi à redorer son blason sur la scène internationale, reprenant sa place de puissance mondiale après avoir été marginalisée par les pays occidentaux.

Le président Poutine est devenu au fil du temps un interlocuteur incontournable dans le dossier syrien et aucune solution ne peut être atteinte dans la région sans l’implication de la Russie.

Les différents accords de trêve signés dernièrement l’ont été avec la bénédiction de la Russie en collaboration avec les Etats-Unis, rappelle-t-on.

Le rôle trouble des pays du Golfe

La persistance du Qatar à vouloir coûte que coûte continuer son soutien aux rebelles syriens aux côtés  de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes, constitue un frein dans la pacification de la Syrie et la normalisation de ce pays meurtri par un conflit de cinq ans ayant fait plus de 300.000 morts  et plusieurs millions de déplacés dans le monde, selon des statistiques des Nations unies.

Le Qatar continuera à armer la rébellion syrienne même si Donald Trump met fin à la participation des Etats-Unis aux efforts internationaux en faveur des insurgés, a déclaré samedi soir le ministre qatari des Affaires étrangères dans une interview à Reuters.

Cheikh Mohammad ben Abderrahmane al-Thani a toutefois souligné que le riche Etat du Golfe ne comptait pas prendre seul l’initiative de fournir aux rebelles des missiles anti-aériens tirés à l’épaule (« Manpad ») afin de se défendre contre les aviations syrienne et russe. Une telle décision, a-t-il souligné, devra être prise collectivement.

On rappelle le minuscule Etat – riche en gaz – du Qatar a dépensé pas moins de 3 milliards de dollars durant les deux dernières années afin de soutenir la rébellion en Syrie, dépassant de loin tout autre gouvernement, mais il est actuellement devancé par l’Arabie saoudite comme premier fournisseur d’armes aux rebelles.

Pour le Qatar, son intervention en Syrie fait partie d’une quête agressive pour une reconnaissance mondiale et est simplement le dernier chapitre de sa tentative de s’imposer comme un acteur majeur dans la région, suite à son soutien aux rebelles libyens qui ont renversé Mouammar Kadhafi en 2011.

Mais si son approche est davantage motivée par du pragmatisme et de l’opportunisme, que de l’idéologie, le Qatar s’est de plus en plus empêtré dans la politique polarisée de la région, déclenchant une vague de critiques acerbes, a écrit le journal le grandsoir.info.

Le complot démasqué

Toutefois, après cinq ans de conflit  en Syrie, nombreux sont les pays qui commencent à comprendre qu’il s’agit d’un complot ourdi par les pays du Golfe contre la Syrie afin d’endiguer la vague de liberté qui s’est déclenché dans le sillage du printemps arabe après le soulèvement de 2011 en Tunisie.

L’encouragement des Etats-Unis et leur soutien à ce complot sert les intérêts d’Israël grand allié de Washington que le régime de Bachard Assad gênait dans la région notamment avec son allié la Hezbollah au Liban.


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