Tunisia 2020 : Comment faire pour que les promesses ne demeurent pas que des promesses ?


Tout le monde il est beau… Tout le monde il est gentil !

Ils sont venus, ils sont tous là, comme aurait dit un célèbre Charles ! Tunis a connu, ces deux derniers jours une ambiance festive, avec l’afflux de centaines d’hommes d’affaires et autres dirigeants d’Etats. Ils sont venus les poches vides, mais la gorge pleine de promesses. Ils ont claqué, à défaut de fric, leurs langues, pour annoncer au micro du palais des congrès, des promesses cinglantes qui ont fait vibrer les murs de l’édifice à coups de zéros, derrière les Euros. Des milliards par ci, des milliards par là. C’était à qui dirait mieux. On se serait, volontiers, cru dans une « Wouttiya » sur les toits, comme le dirait un non moins célèbre Wassim, avec les convives qui rivalisent à coups de dizaines de dinars. Bien que pour la « Wouttiya », il n’y a guère de promesses, et c’est d’argent trébuchant qu’il s’agit. Et dans une « Wouttiya », quand les convives s’en vont, l’heureux hôte peut savourer en comptant et recomptant son « butin » de la soirée. Sauf que pour la Tunisie il n’y aura guère à compter, et à réécouter, que les syllabes dans les quelles il était question de fric.

Donc, maintenant que la fête est terminée, et que les « potentiels » bailleurs de fonds sont repartis, comme ils étaient venus, c’est à nous, les tunisiens, de faire en sorte que toutes ces promesses se transforment en véritables dons et en véritables actions. Car, ce qu’il faudrait savoir, quitte à se taper un rude réveil, c’est que rien n’est moins acquis que ces milliards dont nous avons entendu parler. En effet, il nous reste, à nous, les tunisiens de monter à la communauté internationale que nous les méritons bien. Et il semble bien que nous sommes très mal partis pour le faire, avec l’UGTT qui fait des siennes, les partis politiques qui s’entredéchirent, et les forces de l’ombre qui font bouger les zones intérieures du pays. Sans oublier les méandres aléatoires de la bureaucratie tunisienne qui viendrait à bout des plus coriaces et tenaces des prétendants investisseurs. Avec tout çà, nous ne donnerons, certainement, pas de signes encourageants à nos « bienfaiteurs », qui vont se dire que maintenant que le rideau est tombé sur le spectacle des donations, et que les organes de presse sont repartis après avoir fait leur éloge rien ne les empêche de se désister, prétextant de médiocres conditions de paix sociale ou de sécurité, qui vont mettre en péril, tus ces milliards qu’on comptait « sérieusement » investir. Et puis qui va en entendre parler, maintenant que la fête est finie ?

Et il faut bien se rendre à l’évidence que ces « bienfaiteurs » n’en seraient pas à leur premier coup tordu, vu qu’il n’y a pas si longtemps, nombreux d’entre eux ont fait volte face et ont renoncé à honorer leurs engagements faits auparavant à l’Egypte, qui avait organisé, bien avant nous, un sommet de l’investissement.

Alors, prudence… prudence ! Faisons de sorte de mériter cette « aumône ».


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