Tunisie – Chadly Ayari veut-il forcer le choix pour les banques islamiques ?


Décidément, il y a des gens qui n’arrêtent pas de créer la polémique autour d’eux. Chadly Ayari, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, est l’un de ceux-là.

La polémique ne l’a pas lâché avant même sa, plus que controversée, nomination.

Il est RCDiste notoire… Non il ne l’a jamais été, se défend il… Il a mouillé dans des affaires de malversation dans d’anciens postes… Non il n y avait aucune preuve… Il va faire le sale boulot de la Troïka… Non il revendique l’indépendance de la BCT… Il a été nommé pour couper avec les méthodes de son prédécesseur, jugées contraires au bon vouloir des politiques du pays… Il réussit tant bien que mal, car il préserve la stratégie de Mustapha Kamel Nabli…

Pourquoi donc, ont-ils opté pour cette nomination ? Et que trouvent-ils à ce monsieur que l’on n’arrive pas à expliquer ?

Et puis voilà, qu’une fois bien installé dans son fauteuil, et une fois débarrassé de certains adjoints trop gênants, il commence à débiter décision sur décision, convergeant toutes vers un surplus de misère et d’appauvrissement du citoyen.

Il a décidé de limiter le recours aux crédits personnels auprès des banques, et tant pis pour celui qui n’arrive pas à mener à bien un quelconque projet, ou tout simplement, à joindre les deux bouts !

Il a décidé de doubler l’apport initial (de 20 à 40%) pour les crédits d’achat des voitures de plus de 4ch, et tant pis si le marché de l’occasion flambe et les concessionnaires se retrouvent avec des milliers de véhicules invendus.

Et, enfin, il serait en train de préparer une circulaire pour interdire aux banques de permettre à leurs clients d’avoir des comptes débiteurs, en d’autres termes d’être « dans le rouge » comme on dit chez nous, et tant pis pour tous les salariés qui sont habitués, forcés qu’ils sont, à consommer leurs salaires un mois à l’avance.

Oui mais, tous ces interdits, ne concernent-ils pas justement les points forts qui privilégiaient les banques ordinaires par rapport aux banques islamiques ?

En effet, les banques islamiques ne sont en aucun cas concernées par ces mesures. Elles n’octroient pas de crédits personnels à leurs clients, elles ne donnent pas de crédits pour l’achat d’automobile et aussi, elles proposent d’autres formules. Elles ne permettent pas, non plus, à leurs clients de « descendre dans le rouge » !

Alors, ce cher Chadly Ayari ne serait-il pas en train de manigancer quelque chose dans le sens de privilégier les banques islamiques et forcer ainsi le choix des tunisiens vers de telles institutions ?

Mise à jour: Nous avons été contacté, lundi 29 octobre par la Banque Zitouna. Elle a tenu à apporter des précisions concernant d’abord le financement pour l’acquisition d’une voiture qui figure dans la panoplie des financements accordés par la Banque à ses clients. Ainsi, La Banque Zitouna  qui adopte le système de finance islamique, accorde des financements pour l’achat d’une automobile à hauteur de 80% pour les 4CV et 60% pour les plus de 4CV .

Si la Banque Zitouna, a reconnu qu’actuellement, elle ne permet pas à ses clients d’avoir des comptes débiteurs, elle affirme qu’il existe des formules de financement dans le système bancaire islamique qui permettent au client d’être dans le rouge selon la formule consacrée.


Lire aussi
  1. Tunisie – La situation financière du pays et le rôle des banques, selon Ch. Ayari
  2. Les banques ouvertes au public samedi 13 octobre
  3. Chedly Ayari: « Il n’y a aucun problème de liquidité dans les banques en Tunisie »
  4. Tunisie: Précision de la Banque Centrale de Tunisie sur les propos de Chadly Ayari
  5. Les banques tunisiennes publient les montants des crédits accordés à la famille du président déchu

Commentaires:

Get our toolbar!