Tunisie – Un PDG de société de transport se met sur le dos la police et la garde nationale!


Le fait dure depuis déjà quelques semaines, et commence à tourner au ridicule, au grand dam des citoyens qui se retrouvent pour une énième fois pris en otages dans des querelles de bas étages entre des belligérants que rien ne prédestinait à rentrer en confrontation.

Il s’agit du conflit qui perdure et s’aggrave entre les forces de sécurité et la direction de la société régionale de transport à Nabeul.

L’histoire remonte, en effet, à plusieurs semaines du temps de l’ancien PDG de la société. Ce responsable a subi, à un certain moment, des pressions de parties syndicales de la société, pour prendre des mesures en vue d’interdire aux agents des forces de sécurité le transport sur les lignes de la société à titre gratuit. Conscient qu’il était des problèmes que cet accrochage pouvait générer, ce responsable a opposé une fin de non recevoir à la requête de ses cadres, en se disant qu’il ne devait pas s’interposer entre deux composantes de l’Etat, qui ont depuis la nuit des temps, fonctionné de la sorte. Il a, par la même occasion balayé l’argument de ses syndicalistes qui prétendaient rechercher le sauvetage de la compagnie en renflouant ses caisses par les sommes d’argent qui devraient être déboursées par les agents qui empruntent ses bus.

Avec des suites dans les idées, les syndicalistes ont relancé le nouveau responsable de la société, à son arrivée. Celui-ci tomba dans le panneau et obtint suite à des pourparlers avec les représentants des différents départements concernés, que les agents des forces de l’ordre pourront monter à bord des bus de la compagnie en contrepartie de bons qui seraient honorés par leur ministère de tutelle. Mais cet accord resta pendant des mois lettre morte ce qui a poussé le PDG, stimulé par ses agents à décréter que les bus devront se limiter au transport de cinq agents par navette. Et c’est cette mesure qui a fini par mettre le feu aux poudres, car ce que semblait ignorer ce responsable, c’est que ces agents prennent d’habitude les bus ensemble à certaines heures pour rejoindre leur lieu de travail ou leur domicile.

En appliquant à la lettre avec un zèle malin, les directives de leur patrons, les agents de la compagnie ont refusé l’accès à leurs bus à certains agents de la sécurité, ce qui a définitivement planté le décor du conflit, avec ce qu’il a amené comme agressions et protestations.

En agissant de la sorte, le PDG, de même que les représentants des ministères du transport et de l’intérieur qui ont négocié les premiers accords, se sont trompés sur toute la ligne faisant preuve d’une méconnaissance totale du terrain et de sa réalité :

1ère erreur : Le ministère de l’intérieur ne peut pas honorer des factures de transport de ses agents, quand cette dépense n’est pas prévue dans les rubriques de son budget. Par ailleurs, le ministère ne peut pas permettre de payer à ses agents des déplacements « illégaux » vu que le statut particulier des agents de l’ordre les oblige à résider dans le gouvernorat même où ils exercent. Le PDG aurait même declaré dans la réunion du mercredi dernier, qu’il a l’appui du ministre de l’interieur et du transport. Cela semble bizarre surtout de la part du ministre de l’interieur.

2ème erreur : En agissant de la sorte, le PDG, et les responsables des deux ministères courent le risque de jeter les agents de l’ordre sur les bords de la route et les pousser à user de l’autostop, pratique qui leur est interdite, surtout dans les circonstances actuelles où ils risquent de se faire attaquer par les automobilistes qui les prennent à leur bord, dans des lieux isolés et même se faire voler leur arme ou leur uniforme.

3ème erreur : Le PDG se paye le luxe d’abandonner un système gratuit de sécurisation de ses navettes, car avec des agents de police ou de garde nationale à bord, aucun bus ne risque de se faire braquer ou de se faire vandaliser, ou exposer ses passagers aux risques de banditisme qui deviennent une véritable plaie sociale.

En conclusion, on est là en face d’une décision hasardeuse prise par des responsables nouvellement promus manquant d’expérience de terrain, sous la pression de parties syndicales qui ont probablement un passif de litiges avec les forces de l’ordre. Et c’est une décision qui pourrait faire cas d’école et se répéter dans les compagnies régionales de transport de Béja et de Bizerte qui connaissent le même ballet quotidien des agents de l’ordre à leurs bords, avec ce qu’on peut redouter comme conséquences dont le prix sera comme d’habitude supporté par le seul citoyen.


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