Tunisie-Vidéo: Adel Hajji: « Moncef Ben Salem est l’exemple type des ministres d’Ennahdha qui symbolisent l’échec du parti « 


Dans une interview accordée à TunisieNumérique, Adel Hajji, journaliste à Attariq Aljadid, a affirmé que Moncef Ben Salem le ministre de l’Enseignement Supérieur, a porté plainte contre lui pour un motif futile.

De même, il a exprimé sa stupéfaction face au motif de la  plainte : publication d’informations  pouvant nuire à l’ordre public ; même sous l’ancien régime de Ben Ali, aucune autorité n’avait porté une telle plainte contre lui.

Un CV gouvernemental enrichi de nombreuses aberrations

Moncef Ben Salem, depuis sa nomination au gouvernement provisoire actuel, a multiplié les déclarations fracassantes et fortement controversées qui semblent pour le moins étonnantes de la part d’un ministre de l’enseignement supérieur, un universitaire et docteur en mathématiques et qui seraient moins choquantes de la part de « Lotfi Zitoun » ou de quelqu’un d’autre…

Récapitulons les principaux exploits du ministre :

Premièrement : S’il est légitime que Moncef Ben Salem éprouve de la rancune pour le président défunt Habib Bourguiba, considéré par une majorité de Tunisiens comme le père de la  nation, pour les années de prison qu’il a subi, cela ne justifie en aucune façon qu’il insulte  la mémoire d’un mort qui mérite le respect, même s’il a commis des erreurs dans sa vie.

De part son appartenance au parti du mouvement Ennahdha et la tolérance prônée  par la religion musulmane,  le ministre aurait dû dire «  Que Dieu pardonne à Bourguiba ».

Mais au contraire, le ministre a laissé  éclater sa haine envers Bourguiba en tenant des propos calomnieux, l’accusant d’être un juif et un sioniste, et d’avoir voulu détruire la religion musulmane en Tunisie, comme l’avait déclaré auparavant son « patron » Rached Ghannouchi, le leader du mouvement Ennahdha.

Deuxièmement : Apparemment le ministre a la mémoire courte  puisqu’il semble avoir oublié ses paroles et ses gestes totalement déplacés lors d’une visite au Canada en ironisant lourdement et méchamment sur les martyrs de Sidi Bouzid, en jouant avec un briquet à la main pour expliquer comment s’immoler par le feu.

Ses propos avaient suscité un déclenchement d’émeutes à Sidi Bouzid  de milliers de personnes  indignées par les paroles insultantes du ministre.

Enfin, le ministre de l’enseignement supérieur  n’a pas convenablement assumé ses responsabilités en plusieurs occasions et particulièrement dans l’affaire des étudiantes niquabées à la Faculté de lettres de Manouba et aussi l’affaire  des jeunes diplômés chômeurs.

Après le traitement des dossiers universitaires : Moncef Ben Salem règle ses comptes avec un journaliste !

Comme c’est actuellement la période des vacances universitaires, Ben Salem, semble disposer de temps libre contrairement à d’autres ministres du gouvernement provisoire.

Bien que les dossiers importants ne manquent pas au ministère de l’enseignement supérieur (rentrée universitaire, réforme du LMD, problème des logements et du transport des étudiants et problèmes d’adéquation entre la formation universitaire et le marché de l’emploi…), le ministre a choisi de concentrer toute son attention et toute son énergie non pas sur les grands dossiers qui sont de sa responsabilité, mais sur un problème banal de relations personnelles avec un simple journaliste salarié.

En effet, le ministre a porté plainte contre Adel Hajji suite à un article publié dans le journal Attariq Aljadid le 16 juin 2012, où il a critiqué Moncef Ben Salem d’avoir chargé quelques agentes de l’entretien au sein du ministère de localiser l’orientation de la qibla (la direction de la Mecque pour effectuer la prière) dans chaque bureau…

Adel Hajji a déclaré à TunisieNumérique : « C’est la première fois de toute ma longue carrière de journaliste, qu’une plainte de ce type  est déposée contre moi».

Il a ajouté que dans les pires moments du régime de Ben Ali, où il avait fortement critiqué l’ancien ministre Lazhar Bououni, qu’il avait qualifié de « dictateur », il n’a jamais fait l’objet d’aucune plainte en justice suite à des reproches autrement plus graves que ceux formulés contre Moncef Ben Salem.

« La presse,  chasse gardée  du gouvernement d’Ennahdha »

Adel Hajji, a affirmé que le gouvernement d’Ennahdha est en train de vouloir contrôler voire museler  la liberté de la presse qui est une garantie indispensable de la démocratie.

D’autre part, le gouvernement provisoire utilise des moyens très discutable pour mettre les médias à genoux, principalement la création d’une presse parallèle pro-Ennahdha qui bafoue les principes fondamentaux du code de la presse et qui ne respecte aucune déontologie journalistique, et même à travers la poursuite en justice de journalistes sous les prétextes les plus fallacieux  et les moins crédibles.

Dans le même contexte, Adel Hajji a affirmé que Moncef Ben Salem  est l’exemple type des ministres d’Ennahdha qui symbolisent l’échec du parti.

Espérons pour notre collègue Adel Hajji que le juge en charge de son dossier étudie cette affaire avec toute l’objectivité et l’impartialité requise, en faisant abstraction de toute considération politique, dans le cadre strict de la loi Républicaine.


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