Tunisie – Y aura-t-il, jamais, un procès pour les salafistes ?
Rappelons que, suite à l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre passé, les Etats-Unis ont mis tout leur poids dans le jeu. Rafik Abdessalem a été « convoqué » d’urgence auprès de Dame Clinton. L’adjointe de celle-ci est venue en personne, quelques jours après, en Tunisie, où elle a rencontré tout le monde. Des bruits courent, qu’au cours de cette visite, elle a présenté les requêtes de son pays concernant les agresseurs de l’ambassade. Ainsi, une liste de quelque 700 à 800 personnes (selon les sources) impliquées dans les évènements de l’ambassade a été présentée au gouvernement avec ordre express de les arrêter. Ceci sans parler des autres « conseils » de « Mama América » au gouvernement s’il voulait se racheter.
S’ensuivit alors une vague d’arrestations, et d’incarcérations dans les rangs des salafistes. Ceux-ci sont aussitôt montés au créneau. Ils ont multiplié les manifestations de leur mécontentement.
Ces manifestations de tout type (attroupements, déclarations, vidéos d’un genre particulier…) ont fini par ébranler la Troïka, et par là, tout le système.
De leur côté, quelques uns des éléments arrêtés dans l’affaire ont crié au mal traitement en prison, à la torture et autres exactions, ils ont même entamé une grève de la faim.
Le président de la république a reçu, à Carthage, les éminences de ce courant. Ils lui ont déclaré leurs doléances et ils lui ont lancé dans la mêlée leur carte maîtresse, celle de la menace d’attentats.
Les résultats ne se sont pas fait attendre : Abou Ayoub, un des éminents salafistes arrêtés au décours de l’affaire de l’ambassade, et incarcéré (parait-il) dans une prison de la capitale, ne se serait pas présenté, vendredi 12 octobre, à l’audience qui lui a été fixée au tribunal. On a même laissé entendre qu’il se serait évadé ?
Et enfin, le porte parole de la présidence qui nous sort, pas plus tard qu’hier, sur les ondes d’un radio privée, la sérénade de l’attachement de son département à ce qu’il n’y ait aucun dépassement dans le procès de ces salafistes (entendre par dépassements, les atteintes aux droits et libertés).
La visite des Sheikhs au palais aura été fructueuse. Ils sont forts !
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