Vidéo-Tunisie: Mohamed Haddar: «La BCT court le risque d’être utilisée à des fins électorales par le gouvernement»
Au cours d’une interview exclusive accordée à TunisieNumérique, le 27 juin 2012, Mohamed Haddar, le président de l’Association des Economistes Tunisiens, a affirmé que la décision de démettre Mustapha Kamel Nabli le gouverneur actuel de la Banque Centrale Tunisienne (BCT), est une décision irrationnelle sur le plan économique.
En effet, il affirme que la transition démocratique nécessite la création d’institutions solides et crédibles. « Quelles sont les institutions crédibles dont nous disposons en Tunisie et qui sont relativement indépendantes ? » S’interroge-t-il.
La BCT est la seule institution qui représente le peu de crédibilité dont jouit encore actuellement la Tunisie sur le plan international.
Pour quelles raisons le Gouverneur de la BCT est-il attaqué actuellement ?
Il faut rappeler que destituer le Gouverneur de la BCT, doit se faire en respectant les textes juridiques en vigueur. Si la destitution est justifiée par une faute professionnelle grave, la preuve doit en être fournie de façon claire et sans ambiguïté.
Apparemment on reproche à Mustapha Kamel Nabli la dégradation de la note de la Tunisie par l’agence internationale « Standard and Poor’s », or ce n’est pas vrai. Ajoute Mohamed Haddar.
Il explique que la note de la Tunisie fixée par « Standard and Poor’s », prend en considération 5 critères : le score politique, le score économique, la position de la Tunisie sur le plan international en matière de paiements, la politique budgétaire et la politique monétaire. Cette dernière ne représente qu’un seul critère parmi les cinq.
Désigner la BCT comme un bouc émissaire ne sert pas les intérêts du pays, affirme-t-il. La note de « Standard and Poor’s », est un élément d’appréciation pour que les investisseurs étrangers puissent prendre leurs décisions. Or il apparait que les perspectives économiques actuelles ne sont pas claires en Tunisie.
Il faut essayer de corriger les politiques économiques actuelles en Tunisie
Mohamed Haddar affirme que l’attitude de certains responsables du gouvernement actuel de rejeter la responsabilité sur les uns ou sur les autres, et de sous estimer les problèmes présentés dans le rapport de « Standard and Poor’s », est contre-productive.
Il faut prendre acte des éléments du rapport et commencer à mettre en œuvre les mesures correctrices nécessaires.
Un danger existe maintenant en Tunisie: une confusion volontaire de la part de certains responsables s’est instaurée entre le fonctionnement des institutions de l’Etat tunisien et la campagne électorale des partis politiques.
La BCT peut être utilisée par le gouvernement à des fins électorales
Le danger qui menace actuellement la Tunisie est que la BCT peut être utilisée à des fins électorales par des partis politiques, car elle a le monopole légal de création de la monnaie.
Une création monétaire incontrôlée, à des fins politiciennes, risque de déclencher un phénomène inflationniste en Tunisie qui se traduira par une baisse importante du pouvoir d’achat réel des citoyens tunisiens.
D’autres institutions peuvent aussi être utilisées à des fins électorales. « Trois institutions sont les piliers de la démocratie : les médias, les instituts de Statistiques et la Banque Centrale, s’ils sont attaqués, c’est la démocratie qui est attaquée ! » conclut Mohamed Haddar.
Lire aussi
- Vidéo-Tunisie: Mohamed Abbou démissionne du Gouvernement Jebali
- Vidéo/Mohamed Abbou affirme ne pas être au courant des problèmes de l’INS
- Vidéo: Hamma Hammami propose un financement public des campagnes électorales de tous les partis
- Le président du PTPD: « Nous refusons l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques »
- Younès Selmi et Imed Haddar démissionnent







Commentaires: