« Yes we did », dernier baroud d’adieu du président Obama!


capmaBarack Obama a prononcé mardi soir son discours d’adieu à Chicago dans l’Illinois, région qui a vu son ascension politique, en mettant en garde contre les défis auxquels pourraient face les Etats-Unis.

Galvanisant la foule comme à son habitude, cet orateur hors classe a évoqué les questions sensibles notamment liées au racisme, à la démocratie, au climat et a fait état de son bilan durant les 8 années passées aux commandes du pays.

Il a terminé sur un slogan qui résume pour lui toute son action en prononçant dans un tonnerre d’applaudissements « Yes we did » (Oui nous l’avons fait) en réponse à son  célébrissime slogan « Yes we can » , qui fut un cri de ralliement et d’espoir pour sa campagne lors de son premier mandat en 2008.

Toujours aussi populaire avec une cote favorable de 55% , selon un sondage réalisé peu avant son discours, Barack Obama a exhorté les Américains à rester vigilants à l’égard des menaces sur la démocratie en allusion à son successeur controversé Donald Trump qu’il n’a pas nommé.

L’élection du 45 président des Etats-Unis, le richissime  homme d’affaire Donald Trump, a profondément divisé la société américaine et attisé les tensions raciales en raison de la rhétorique utilisé par ce dernier qui a stigmatisé une frange des citoyens.

Obama a reconnu dans son discours d’adieu que  »démocratie est menacée à chaque fois que nous la considérons comme acquise », soulignant que la constitution américaine, « remarquable cadeau », n’avait aucun pouvoir en tant que telle.

C’est pourquoi il a insisté pour que les Américains restent unis quelque soient leurs appartenances politiques et leurs origines pour préserver les institutions  et la démocratie dans le pays.

Sauvegarder l’héritage

Obama a âprement défendu son bilan affirmant laisser l’Amérique plus forte qu’il ne l’a trouvée. Force est de reconnaître que lorsqu’il avait pris le rênes du pays en 2008 , les Etats-Unis étaient au bord de la banqueroute et faisaient face à une crise économique dont les répercussions  ont touché les autres pays dans le monde.

Il a redressé le secteur bancaire et aidé l’industrie automobile à limiter les casses en débloquant 700 milliards de dollars pour secourir les entreprises américaines en difficultés et autres institutions financières.

Le 44 président des Etats-Unis a affirmé que l’emploi a repris dans le pays qui enregistre aujourd’hui le plus bas taux de chômage.

Obama a également vanté sa réforme phare de l’assurance maladies, l’Obamcare qui permet actuellement à plus de 20 millions d’Américains d’avoir une couverture maladie.

Mais comme ont le sait l’Obamacare est dans le viseur de Donald Trump qui a promis de la réformer à défaut de l’abroger. Le sénat dominé par les Républicains farouches adversaires de l’Obamacare, a déjà voté par 50 voix contre 48 pour l’abandonner.

Que reproche-t-on à Obama?

Au niveau interne Obama n’ a pas su surmonter les clivages sociaux aux Etats-Unis ni résolu la question raciale. Les minorités qui lui avaient voté sont restées sur leur faim et les espoirs suscités n’ont jamais été concrétisés.

On se rappelle que durant ses deux mandants des tensions raciales ont secoué les régions du pays avec  en particulier les assassinats de noirs par des policiers.

Obama n’a pas tenu, d’un autre côté, sa promesse de régulariser la situation de quelque 11 millions d’immigrés se trouvant sur le territoire américain. Une situation qui a eu des répercussions sur la défaite de Hillary Clinton auxquelles les voix des minorités hispaniques ont fait défaut, selon des analystes américains.

En plus il n’a pas pu honorer sa promesse de fermer le camps de Guantánamo car n’ayant pas trouvé d’endroits de substitutions sur le sol américain.

Sous le règne d’Obama l’usage des drones a été fréquent dans l’élimination des chefs terroristes. Certes , cela avait des moindres coûts pour les Etats-Unis mais souvent il y avait des dégâts collatéraux en particulier en Afghanistan et au Pakistan ou de nombreux civils ont péri sous les missiles des drones américains.

Au niveau étranger, c’est la déception dans le monde arabe et en Afrique à l’égard de l’élan d’espoir suscité lors de l’élection d’Obama.

A part des soutiens ponctuels à certains pays du printemps arabe, la Tunisie et l’Egypte, la question palestinienne qui est une affaire centrale pour les pays arabes est demeurée à la case départ pour ne pas dire qu’elle a connu un recul dans la réalisation de la paix au Moyen-Orient.

L’octroi du prix Nobel de la paix à Barack Obama n’a pas eu l’effet catalyseur escompté en dépit des mauvais rapports qu’il entretient avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Il est reproché à Obama son inaction dans le dossier de la Syrie en particulier lorsqu’il n’a pas tenu sa promesse d’intervenir contre le régime de Bachar Al Al Assad s’il franchit la ligne rouge décrétée par Obama lui-même , à savoir , l’utilisation des armes chimiques.

En dépit des preuves de cet usage, l’armée américaine n’ a entrepris aucune action contre Bachar Al Assad. Une tergiversation qui a laissé libre champs à la Russie de Vladmir Poutine qui a fait un come-back sur la scène internationale comme acteur majeur sur le dossier syrien.

Résultat, le régime d’Al Assad qui était donné comme perdant il y a six mois a repris du poil de la bête et s’est maintenu en reprenant la majorité du territoire qui était passé sous le contrôle de l’opposition syrienne.

Les pays africains qui avaient noué  d’énormes espoirs sont restés sur leur faim. Les aides des Etats-Unis à l’Afrique sont restées au même niveau c’est à dire en deçà des ambitions des Africains.

En outre, n’a que très rarement influé pour pousser vers une plus grande démocratisation dans le contient. Au contraire, il a continué à traiter avec des dictateurs toujours en place.

Les réussites

Au-delà des résultat positifs énumérés par Barack Obama, des réussites sont à mettre à l’actif du 44 président américain. De nombreux experts sont unanimes à reconnaître que les tensions militaires avaient baissé d’un cran sous ses deux mandats  avec moins d’intervention militaire dans le monde.

Lors de la présidence d’Obama les effectifs militaires américains ont été allégés  en Afghanistan et en Irak.

Autre réussite, Obama a été aussi parmi les artisans de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran qui a permis de normaliser les relations entre Téhéran et les pays occidentaux.

On attribue aussi à Obama son rôle positif dans l’accord sur le climat ayant permis aux grandes puissances de s’entendre  sur les changements climatiques et de limiter les effets du réchauffement climatique.

Les obstacles

Si le bilan de Barack Obama est mitigé, il faut reconnaître qu’il avait rencontré une farouche opposition des Républicains tout au long de ses deux mandats.

Selon des analystes américains, le camp adverse lui a mis les bâtons dans les roues et s’opposait à ses décisions rien que pour le plaisir de s’opposer indépendamment de l’intérêt des Américains et des citoyens des autres pays du monde.

Les lobbies très présents sur la scène politique américaine ont fonctionné à merveille durant le règne d’Obama, de l’avis de nombreux observateurs.

C’est pourquoi , la majorité des décisions ont été prises par décret en particulier depuis la perte de la majorité au sein du Congrès américain.

Toutefois le plus dur pour Obama qui s’est battu en vain pour faire élire Hillary Clinton, c’est de voir que son successeur veut démonter l’héritage qu’il a laissé. On évoque 70% des décisions prise par décret qui peuvent être annulées par Trump.

Cette réalité a été perceptible lors des mises en garde à peine voilées adressées à Donald Trump qui traîne de nombreuses casseroles susceptibles de rendre son mandat très agité.


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