Economie

90% des Tunisiens achètent des “vêtements usagés” … et le ministère du Commerce veut soutenir la filière

90% des Tunisiens achètent des “vêtements usagés” …  et le ministère du Commerce veut soutenir la filière

Vu la dégringolade du pouvoir d’achat, 90% des Tunisiens selon l’Institut National de la Consommation, dont le site est bloqué, recourent aujourd’hui aux marchés des vêtements usagés, dont le commerce n’a cessé de prospérer notamment ces dernières années, pour se vêtir, même si les prix de la fripe flambent.

54 usines de fripe opèrent en Tunisie, fournissant, transformant et distribuant des vêtements usagés. Des dizaines de milliers de familles tunisiennes sont liées à cette activité. Le groupement professionnel des vêtements usagés indique également que le secteur réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 300 millions de dinars, avec des exportations s’élevant à environ 60 millions de dinars en 2017.

En revanche, le secteur des vêtements usagés, connaît, notamment depuis 2016 plusieurs bouleversements, notamment après que les professionnels aient rejeté une décision stipulant la création de structures ayant pour mission le contrôle de l’importation des vêtements usagés. Ces structures auraient pour rôle également la distribution des quotas de vêtements aux grossistes et aux usines de tri. Les professionnels ont également refusé de leur retirer le droit d’importer les vêtements usagés.

Les statistiques du Ministère du Commerce indiquent que le marché tunisien est approvisionné annuellement avec 10 mille tonnes de vêtements usagés, sur 80 mille tonnes entrant dans le pays annuellement, dont une partie est destinée à l’exportation vers des pays africains et européens.

Le Ministère rapporte également que 90% des Tunisiens achètent des vêtements usagés. Selon certaines déclarations, le secteur des vêtements usagés est un moyen de subsistance pour environ 100 000 familles, mais la plupart des professionnels du secteur des vêtements usagés ne considèrent pas ces statistiques exactes car le secteur n’est pas structuré.

Fin 2019, le Ministère du Commerce, soucieux de développer le secteur, aurait pensé à rétablir le comité national chargé de la restructuration du secteur à partir du premier trimestre 2020 dans le but de démarrer le dialogue entre les professionnels, le Ministère, la douane et tous les intervenants.

La plupart des professionnels demandent depuis un certain temps la réorganisation du cadre législatif et institutionnel du secteur qui existe depuis près d’un demi-siècle dans le pays, sachant que la réglementation actuellement en vigueur, qui a été révisée pour la dernière fois en 2005, interdit aux grossistes le commerce de la fripe entre les différents gouvernorats et ne l’autorise qu’entre les gouvernorats du Grand Tunis, ce qui requiert, selon les professionnels, l’autorisation de l’échange des vêtements usagés entre les différents gouvernorats car les marchands sont souvent arrêtés et leurs biens saisis s’il est prouvé qu’ils ont été acquis dans un autre gouvernorat.

En outre, la loi n’autorise que 9 tonnes pour chaque grossiste, ce qui est une quantité très faible.

En revanche, les professionnels indiquent que les gouverneurs sont ceux qui accordent des permis de distribution qui ne sont pas souvent accordées aux professionnels, mais plutôt livrées à ceux qui n’y ont pas droit. Ces permis sont valables pour une période de 6 mois seulement, ce qui entrave leurs activités.

Les commerçants soulignent également que la plupart d’entre eux doivent passer des vêtements usagés en contrebande vers l’Algérie afin de pouvoir travailler pendant toute l’année, d’autant plus que chaque grossiste est limité à seulement 9 tonnes par an de vêtements usagés, une quantité triée en très peu de temps.

 

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