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A Hammamet : un couple d’entrepreneurs produit de la protéine à partir… des mouches !

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Le projet porte le nom de NextProtein et il est initié par un couple d’entrepreneurs Syrine Chaalala et Mohamed Gastli. Syrine a travaillé au sein de la Food and Agriculture Organization tandis que son mari est un ingénieur chimiste.

Le concept

Tous deux ont longtemps étudié le sujet avant de se lancer dans la création d’une ferme de mouches dans un garage familial. Leur choix s’est fixé sur la mouche soldat noire du fait qu’elle ne transmet aucune maladie à l’homme et qu’elle ne contient pas de microbes. Cette dernière a d’autres vertus telles que  sa capacité à recycler les déchets et à produire une quantité importante de protéines avec un rendement optimal. “Dans 150 m2, on arrive à produire l’équivalent en protéines d’un champ de soja de 150 hectares”, affirme Mohamed. Le couple profite du climat chaud propice à cet élevage atypique et de la gratuité des déchets organiques puisque il n’existe pas de recyclage organisé en Tunisie. Syrine et Mohamed se procurent donc leur besoins en la matière gratuitement des vendeurs de légumes et de fruits.

La réalisation

NextProtein, étant une société de droit français basée à Orsay, elle a bénéficié de l’aide d’IncubAlliance pour apporter de la structure au projet, elle a de même bénéficié du financement participatif sur Anaxago pour lever des fonds. Nombreux sont les investisseurs qui ont cru et participé à la collecte.

La production

En Tunisie, le projet ne produit pas moins de 30 kilos d’insectes au quotidien en consommant 200 à 300 kilos de déchets. Une véritable colonie de mouches soldat (100.000) assure la production d’un million de larves par jour. Après certaines étapes comme la ponte des œufs, l’incubation, le grossissement des larves et le tamisage le couple récupère un fertilisant « bio », mélange d’excréments et de résidus. Ce dernier constitue le premier produit commercialisé. Les larves deviennent par la suite de l’huile ou de la farine protéinée, deux produits vendus à plus de 1000 euros la tonne à l’industrie de nutrition animale. L’industrie se charge d’en faire de la nourriture pour les saumons norvégiens et canadiens, la truite arc-en-ciel du Pays basque et la crevette asiatique ainsi que pour les animaux de compagnie comme les chats et les chiens. Le chimiste affirme que « le potentiel est énorme et que tout le monde est à la recherche d’une nouvelle protéine ».

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Perspectives

Syrine Chaalala et son mari aspirent à la création de dizaines de fermes d’insectes à travers tout le continent africain afin de produire de la nourriture pour tous les animaux d’élevage. Ce genre de fermes existe déjà dans de grands pays africains comme l’Egypte et le Nigéria mais également dans de petits pays comme le Bénin. De même, le couple pense à monter une ONG susceptible de sensibiliser les fermiers aux avantages du recyclage tout en les formant à en tirer profit. L’objectif est de les rendre encore « plus indépendants des industriels de l’alimentation animale ».

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Rappelons que selon des experts de la FAO “le recours aux insectes, en tant qu’aliment pour l’aquaculture et l’élevage de volailles, se généralisera probablement au cours de la prochaine décennie.” 

Source : parismatch.com

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