Economie

A quoi sert l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche ?

A quoi sert l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche ?

L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) vient de publier le 12 septembre courant, un communiqué où elle a exprimé sa « douleur » suite au récent naufrage d’un bateau de pêche à Mahdia et a appelé les autorités à renforcer les moyens de sauvetage …

L’UTAP a déploré aussi dans son communiqué les problèmes de monopole et de spéculation des engrais et des semences sans évoquer la complexité de ce fléau qui spolie les agricultures, les consommateurs et tous les intervenants dans la chaîne de création de valeur agricole.

L’union a en outre exprimé son « inquiétude » quant à la montée des difficultés de production, de financement et de commercialisation pratiquement au niveau de toutes les filières agricoles.

A vrai dire, ce communiqué ressemble beaucoup plus à des condoléances présentées aux agriculteurs sinistrés par des catastrophes naturelles et autres fléaux et déplore au passage les risques de disparition de filières stratégiques et l’« inquiétude » pour l’absence de financement du secteur…

Cette « Union » ne compte plus dans son actif la moindre action notoire pour protéger le secteur agricole des menaces qui le guettent et encore moins pour dénoncer les bandes criminelles qui spéculent et spolient des filières entières !

Le secteur agricole occupe une place importante sur le plan social de la Tunisie. Sa part en termes d’emploi est d’environ 18%. L’agriculture est l’activité économique principale pour un grand nombre de tunisiens avec un taux d’activité de 41,5% dans le Nord-Ouest et de 36,2% dans le Centre-Ouest. Pourtant, le secteur agricole ne génère que 8,3% du produit intérieur brut.

Les investissements agricoles représentent 7,5% de l’ensemble de l’économie. Un des freins à la croissance du secteur est l’accès au crédit, l’absence de subventions de régulation, l’importation anarchique de produits qui ruinent la commercialisation des produits locaux et une bureaucratie étouffante.

La balance commerciale alimentaire a enregistré à fin juin 2020 un déficit de 137,1 millions de dinars, en raison de la baisse du rythme des exportations, tandis que les importations alimentaires ont représenté 11,5% des importations totales.

Selon les statistiques de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) seuls 35 crédits fonciers agricoles ont été approuvés, fin juillet dernier, pour un montant qui ne dépasse pas 3.9 millions de dinars…Un chiffre qui en dit long sur l’avenir de la sécurité alimentaire dans notre pays !

Dans tout ce gâchis et malgré les difficultés qui menacent désormais l’existence de beaucoup de filières agricoles stratégiques, l’UTAP brille par son absence et ne remplit point sa raison d’être, à savoir la défense des intérêts des agriculteurs. Cette « union » fondée par les pères du syndicalisme agricole ne sert plus aujourd’hui les agriculteurs tunisiens mais plutôt des intérêts partisans, à peine voilés.

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