Abandon scolaire et manque de qualification en tête : 20% des jeunes tunisiens sont inemployables !

L’inactivité des jeunes est un problème majeur en Tunisie. Les juniors qui ne sont ni employés, ni scolarisés ni en train de suivre une formation représentent un pourcentage important de la main-d’œuvre potentielle du pays. Il est à préciser qu’il est considéré comme jeune en Tunisie, toute personne âgée de 18 à 29 ans. Cette vision est moins limitative que celle adoptée par les organismes internationaux qui optent pour l’âge maximum de 24 ans.

Une enquête réalisée par l’Observatoire national de l’emploi et des qualifications en 2017 a révélé que plus de 20% des jeunes sont complètement et durablement oisifs.

Il s’agit d’un chômage endémique qui concerne un jeune sur sept. Le taux de la chronicité avoisine les 38%. Quant aux jeunes diplômés, l’enquête a montré que plus de 50% sont placés hors leur branche d’activité et répartis entre agents et personnel non qualifié (26,8%), artisans (14,8%) et ouvriers et vendeurs (16,3%).

En Tunisie, nombreuses contraintes pèsent sur les parcours des jeunes et reportent leur accès à l’emploi tels que l’allongement de la durée de la formation et l’arrivée tardive au stade actif. L’emploi formel s’éloigne de plus en plus des chômeurs de longue durée et rares sont les jeunes qui trouveront un emploi digne.

En moins de soixante ans, la Tunisie a achevé sa transition démographique, alors que les pays européens y ont mis entre 100 et 150 ans.

L’indice synthétique de fécondité (enfants par femme) est passé de 7,2 en 1966 à 2,05 en 2014 et le taux d’accroissement de la population a diminué de 2,9% en 1966 à 1,2% actuellement.

Néanmoins, la population tunisienne estimée à 10.883.000 d’habitants environ est encore relativement jeune avec près de deux millions de scolarisés. Malgré le potentiel que présente la jeunesse de la population et un taux de scolarisation considéré jadis comme le fleuron de la politique éducative de la Tunisie, certaines réalités viennent ébranler le « modèle » tunisien en la matière. Au fait, l’abandon scolaire cause une perte financière annuelle estimée à 1,150 milliard de dinars, soit 20% du budget du Ministère de l’Education.

C’est en tout cas ce qu’a affirmé, le 15 avril 2019 le ministre de l’Education, lors d’une séance plénière de l’Assemblée des Représentants du Peuple qui a souligné que « c’est un fléau qui menace le système de l’éducation en Tunisie, mais encore plus grave, le nombre des décrocheurs scolaires augmente d’une année à l’autre ».

Certains experts avancent le chiffre alarmant de 100 mille abandons scolaires par an, soit une moyenne de 300 décrocheurs par jour.

Se rapprocher du plein-emploi dans le pays est considéré aujourd’hui – et certes pour longtemps – comme un objectif impossible à atteindre. Le taux de chômage, estimé à 15,5% fin décembre 2019, et est caractérisé par une expansion inquiétante, le fléau touche de plein fouet les jeunes provoquant précarité et vulnérabilité.

L’instabilité politique actuelle impacte l’autonomisation des individus au chômage et ainsi la jeunesse a du mal à se prendre en charge.

De nombreux jeunes survivent avec des revenus insignifiants et travaillent dans des situations difficiles, fréquemment dans le secteur informel, qui attire notamment ces dernières années 53,5% de la population active. Ils rencontrent, de ce fait, d’énormes difficultés pour être employés ou lancer leurs propres affaires.

 

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