La justice tunisienne a rendu publics des détails des accusations portées dans l’affaire d’agression sexuelle présumée sur un enfant dans une crèche privée située à Ennasr, dans le gouvernorat de l’Ariana. Le dossier, qui suscite une vive émotion dans l’opinion publique, concerne huit personnes, dont sept ont été placées en état d’arrestation.
Selon une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), une information judiciaire a été ouverte ce lundi afin de faire toute la lumière sur les faits.
Huit suspects, dont quatre auteurs présumés principaux
Parmi les personnes visées figurent quatre hommes, considérés comme les auteurs principaux présumés. Ils sont poursuivis pour attentat à la pudeur commis sans consentement sur un enfant de moins de 16 ans. Les accusations sont aggravées par l’abus d’autorité et de fonction, les mis en cause ayant exercé une autorité sur la victime. Les faits auraient entraîné des préjudices physiques et psychologiques.
Les quatre hommes sont également poursuivis pour maltraitance habituelle sur un mineur placé sous leur surveillance, ainsi que pour enlèvement ou déplacement d’un mineur de moins de 18 ans du lieu où il avait été confié par ses parents, en usant de ruse ou de tromperie.
Quatre femmes mises en cause pour complicité et délaissement
Quatre femmes sont également concernées par l’enquête. Il s’agit de la propriétaire de la crèche, de la directrice et de deux éducatrices. Elles sont poursuivies pour participation aux faits imputés aux auteurs principaux.
Elles sont également accusées d’abandon ou de délaissement d’un enfant incapable de se protéger, dans un lieu l’exposant à un danger, alors qu’elles en avaient la garde et l’autorité. Selon la source judiciaire, leur responsabilité pourrait être engagée au titre de la complicité et du manquement à l’obligation de protection.
Mandat d’arrêt international contre la propriétaire
La propriétaire de la crèche est actuellement en fuite. Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre. Les sept autres suspects ont été placés en état d’arrestation dans le cadre de l’enquête en cours.
La justice précise que si les accusations sont confirmées, les peines encourues pourraient aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, y compris pour les personnes poursuivies pour complicité.
L’ouverture d’une information judiciaire entraîne la désignation d’un juge d’instruction chargé de conduire les investigations. Sa mission consistera à déterminer avec précision les responsabilités individuelles, à qualifier juridiquement les faits et à fixer les chefs d’accusation définitifs à l’issue de l’enquête.
À ce stade de la procédure, l’ensemble des personnes mises en cause bénéficie de la présomption d’innocence, conformément aux principes fondamentaux du droit tunisien, jusqu’au prononcé de jugements définitifs.
Cette affaire relance le débat sur la sécurité et la protection des enfants au sein des établissements privés en Tunisie. Les autorités judiciaires affirment suivre le dossier avec la plus grande rigueur afin de garantir l’application stricte des lois en vigueur.
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