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Affaire Epstein : Le feu file dangereusement vers Starmer, il perd 2 collaborateurs en moins de 24h

    Une  affaire de moeurs aux conséquences politiques retentissantes tant le défunt criminel sexuel Jeffrey Epstein s’était glissé dans les hauts cercles du pouvoir, aux USA et au Royaume-Uni surtout. Ils ont eu la peau de Peter Mandelson, qui a été poussé à la démission en raison de ses liens avec Epstein, maintenant ils veulent la tête du chef suprême, le Premier ministre britannique, Keir Starmer. Même ses propres amis profitent de sa mauvaise passe pour tenter de le déboulonner. Les conservateurs, qui ont perdu le pouvoir après 14 ans de règne discontinu, regardent ça de loin pour le moment et attendent le bon moment pour porter l’estocade.

    Le Parti travailliste écossais a invité Starmer ce lundi 9 février à rendre son tablier à cause des accointances entre Epstein et Mandelson. Le dirigeant travailliste n’a jamais été aussi bousculé depuis son accession au pouvoir en juillet 2024. Sa cote de confiance s’est brutalement érodée  et son autorité s’est envolée. Il payera cher le fait d’avoir nommé en 2024 cet homme au poste d’ambassadeur à Washington, alors qu’il connaissait la nature de ses relations avec Epstein, mort en prison en 2019.

    Ce lundi, Anas Sarwar, le patron du Labour en Ecosse, un fief du Parti travailliste, a crié avec les loups ; jusqu’ici seule l’opposition et quelques élus travaillistes montaient au front contre le chef de l’exécutif. « Il faut mettre fin à ce sujet de distraction, la direction de Downing Street doit changer« , a asséné Sarwar.

    Ce à quoi le 10 Downing Street a immédiatement répliqué qu’il n’est pas question que Starmer quitte ses fonctions. Un plus tôt dans cette journée agitée, un porte-parole avait déjà fait savoir que le chef du gouvernement était « concentré sur son travail« , alors que son directeur de la communication, Tim Allan, venait d’officialiser son départ…

    Une démission qui se produit moins de 24 heures après celle du chef de cabinet de Starmer, Morgan McSweeney, pointé du doigt pour avoir oeuvré à la nomination de Mandelson aux USA. Bref, le feu prend partout autour du leader des travaillistes. C’est d’autant plus problématique que sa cote de popularité était déjà dans les bas fonds, à moins d’un mois d’une élection législative partielle épineuse au nord-ouest de l’Angleterre.

    Ajoutez à ce tableau des élections locales dans trois mois, le Labour devra batailler face au parti d’extrême droite Reform UK, de Nigel Farage. Starmer est attendu en fin de journée devant le groupe parlementaire travailliste, pour un discours qui sera forcément mouvementé vu la contestation qui monte dans son camp.

    Il pourra compter – pour combien de temps encore ? – sur l’appui des ténors du gouvernement, dont la ministre des Finances Rachel Reeves, celle des Affaires étrangères Yvette Cooper et le ministre de la Justice David Lammy.

    Rappelons que Starmer avait désigné en décembre 2024 Mandelson comme ambassadeur à Washington, alors que Donald Trump faisait son grand retour à la Maison Blanche. Le président américain qui avait les liens que l’on sait avec Esptein. L’ambassadeur britannique n’a pas survécu au déballage de documents prouvant sa compromission avec le pédocriminel, il a été débarqué en septembre 2025.

    De nouvelles révélations accablent l’exécutif britannique ; ces documents indiquent que Mandelson aurait transféré à Epstein (surtout quand il était ministre, de 2008 à 2010) des informations à même d’impacter le cours des marchés. La police a lancé des investigations et perquisitionné vendredi dernier deux lieux relevant de Mandelson.

    Starmer fait tout ce qu’il peut pour circonscrire les déflagrations, autant dire qu’il tente de stopper la mer avec ses bras. Au départ il a argué qu’il regrette d’avoir nommé Mandelson chez Trump. Il a formulé des excuses jeudi dernier auprès des victimes d’Epstein, clamant qu’il est « désolé d’avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson et de l’avoir nommé« , tout martelant qu’il ne quitterait pas Downing Street.

    La députée travailliste Emily Thornberry est d’avis que le Premier ministre est « un bon leader« . Mais elle a ceci ajouté sur BBC radio 4 : « nous avons vraiment besoin d’une direction claire, et c’est son défi. Donc on repart à zéro, et lui aussi doit repartir à zéro« .

    Les conséquences sont aussi économiques, les investisseurs boudent la livre et les obligations britanniques, redoutant un laisser-aller budgétaire si Starmer quitte le navire et si son successeur vire trop à gauche. Ce lundi vers 14H40 GMT, la devise britannique reculait de 0,57% face à la monnaie unique européenne, 87,31 pence pour un euro.

    L’ancien Premier ministre Boris Johnson répétait lui aussi qu’il camperait à Downing Street en dépit du tollé provoqué par ses fêtes en pleine pandémie et les scandales sexuels de ses collaborateurs qu’il couvrait. Il a fini par être balayé par la tempête politico-médiatique. Est-ce qu’on en prend le même chemin avec Starmer ? « Wait and see« .

     

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