La chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a examiné, ce matin, le dossier connu sous l’appellation « Affaire Instalingo », une procédure aux ramifications politiques, médiatiques et sécuritaires impliquant plusieurs personnalités publiques. Lors de l’appel nominal, il a été constaté que Rached Ghannouchi, président du Mouvement Ennahdha, a refusé de se présenter à l’audience.
À l’inverse, la journaliste Chadha Hadj Mbarek était présente, tout comme les autres accusés placés en détention et transférés au tribunal pour le procès. Parmi eux figurent notamment l’ancien porte-parole du ministère de l’Intérieur Mohamed Ali Aroui, Riadh Bettaieb, Sayed Ferjani, Yahya Khili, Achraf Barbouche, Mehdi Jmal, Achraf Ben Amor, Taoufik Sbaï, Lazhar Loungou, Habib Sboui, Slim Jebali et Samia Sbattou. En revanche, Achraf El Khadhraoui et un second accusé étaient absents.
Après la vérification des identités, la chambre criminelle a entamé les interrogatoires en procédant à l’audition de l’accusé Achraf Ben Amor, marquant le début des débats au fond dans cette phase d’appel. L’ensemble des accusés détenus a été présenté à l’audience, conformément aux procédures en vigueur.
Pour rappel, la chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis avait rendu, en première instance, des jugements sévères dans cette affaire, avec des peines de prison allant de 5 à 54 ans, assorties de confiscations de biens à l’encontre de plusieurs condamnés.
L’enquête, toujours en cours sur certains volets, concerne également Soumaya et Mouadh Ghannouchi, enfants de Rached Ghannouchi, l’ancien chef du gouvernement Hichem Mechichi, ainsi que l’ancienne directrice du cabinet présidentiel Nadia Akacha.
Par l’ampleur des personnes citées et la gravité des peines prononcées en première instance, l’Affaire Instalingo demeure l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles et suivis de la scène tunisienne récente.