Politique

Ahmed Nejib Chebbi : Lettre ouverte à Youssef Chahed

Lettre ouverte à Youssef Chahed de Ahmed Nejib Chebbi :

Monsieur le Chef du Gouvernement,
La crise de l’enseignement secondaire atteint son paroxysme. Nos jeunes générations se trouvent les otages innocents d’un conflit qui perdure. La Tunisie se range déjà à la queue des nations dans le domaine de l’éducation et des connaissances. Elle peine à entrevoir le bout du tunnel en raison de l’absence de vision et de volonté dans un domaine déterminant pour l’avenir de son peuple.
Monsieur le Chef du Gouvernement,
Les enseignants ont droit de présenter des revendications salariales, dans un contexte où l’inflation alimentée par la dépréciation de la monnaie nationale érode leur pouvoir d’achat. Les ministres se succèdent à la tête du département de l’Education sans qu’aucun n’ait pu apporter une réponse. Et pour cause ! L’augmentation des salaires est une décision qui se prend en dehors de leur département et relève de la compétence du gouvernement. On ne peut leur opposer la dégradation des finances du pays dont ils ne sont aucunement responsables, ni se targuer d’engagements pris unilatéralement à l’égard du FMI, sans les avoir consultés au préalable. On peut tout au plus leur demander des efforts et des sacrifices qui ne peuvent être que provisoires. La sortie de crise, vous le savez bien, suppose d’abord et avant tout la reprise de l’investissement et de la croissance, créateurs de richesses et d’emplois.
Monsieur le Chef du Gouvernement,
L’urgence de la situation, sa gravité, vous appellent à assumer vos responsabilités. Votre gouvernement ne peut plus continuer à feindre une distance à l’égard de ce conflit ni à faire du ministre de l’Education le bouc émissaire d’un conflit qui le dépasse. Je vous exhorte à ouvrir sans délai des négociations salariales avec le Secrétaire Général de l’UGTT afin de trouver un compromis honorable qui sauve l’année scolaire et ramène la paix dans les esprits. Le pays ne peut plus accepter en effet d’être la victime de luttes de clans au sein de votre gouvernement, ni accepter qu’on aliène sa souveraineté dans un domaine aussi sensible que la préservation de la paix sociale. Les Tunisiens sont capables de se hisser au niveau des défis qui les affrontent et de consentir les sacrifices qui s’imposent si toutefois leurs gouvernants daignaient les informer et les associer aux choix qui engagent leur avenir.
Le pays va à la dérive, il a besoin de paix et de sérénité. Aidez-le !

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