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Al-Charaa s’est vite converti au Trumpisme : Partage de renseignement avec Israël, du business…

    On l’a vu venir depuis que le président américain a évoqué publiquement la normalisation des relations entre la Syrie et Israël, depuis que les forces syriennes ont battu en retraite à Soueïda pour céder la place à l’armée israélienne, depuis que le Premier ministre israélien s’est permis de visiter ses soldats qui campent dans le Golan. Ces deux-là se rapprochent à grands pas. Je parle de Benjamin Netanyahu et du nouveau maître de la Syrie, Ahmed al-Charaa. Il n’y a pas de fumée sans feu, a-t-on coutume de dire. Là en l’occurrence la fumée est bien épaisse.

    Les développements sont spectaculaires depuis que Bachar al-Assad a vidé les lieux pour se planquer chez Vladimir Poutine. Les autorités syriennes et l’Etat hébreu ont décidé de monter une structure commune supervisée par les USA, autant dire Donald Trump. Décidément le « portefeuille d’actions » du républicain enfle, enfle : Gaza, le Venezuela, la Syrie, bientôt le Groenland, etc.

    Pour Damas et Tel-Aviv il est question de partager du renseignement et travailler à une désescalade entre les deux pays, une tension entretenue par Netanyahu pour imposer à des Etats faibles une collaboration active, voire une soumission pour étendre le pré-carré d’Israël. C’est exactement ce que fait Netanyahu au Liban. C’est peu ou prou ce que fait Trump en Amérique latine : Harceler, menacer et terroriser pour étendre sa zone d’influence.

    Le département d’État américain a fait savoir hier mardi 6 janvier, dans un communiqué publié au terme d’une réunion à Paris entre Israël et la Syrie, que les deux parties ont pris l’engagement de « mettre en place des accords durables en matière de sécurité et de stabilité« …

    « Les deux parties ont décidé de mettre en place un mécanisme conjoint de fusion – une cellule de communication dédiée – afin de faciliter la coordination immédiate et continue de leur partage de renseignements, de la désescalade militaire, de l’engagement diplomatique et des opportunités commerciales, sous la supervision des États-Unis (…) Ce mécanisme servira de plateforme pour traiter rapidement tout différend et œuvrer à prévenir les malentendus« , indique le communiqué.

    Le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, a pris part aux pourparlers avec Israël, organisés dans la capitale française sous l’oeil des États-Unis. Ces négociations, les premières depuis septembre dernier, ont pour optique un accord de sécurité entre les deux États voisins et toujours en guerre sur le papier.

    Durant l’été des discussions à un haut niveau ont eu lieu entre responsables israéliens et syriens, avec l’appui discret de Paris et Washington. La dernière rencontre s’est déroulée en septembre 2025. Jusqu’ici les négociations calent à cause de l’exigence d’Israël sur une démilitarisation de tout le morceau du territoire syrien allant du sud de Damas à la ligne de démarcation de 1974, tracée après la guerre israélo-arabe de 1973.

    Le président al-Charaa a tout fait pour esquiver un conflit direct avec Israël, mais il a martelé en décembre dernier que la requête des Israéliens sur cette zone démilitarisée mettait la Syrie dans une « position dangereuse« . Le communiqué américain a fait l’impasse sur les désidératas du Premier ministre israélien…

    Le cabinet de ce dernier émet même quelques signes d’inflexion : durant les discussions à Paris Tel-Aviv a « réaffirmé son engagement à promouvoir la stabilité et la sécurité régionales, ainsi que la nécessité de faire progresser la coopération économique au bénéfice des deux pays« , dit un communiqué séparé.

    Al-Charaa avait déclaré dernièrement que la signature des Accords d’Abraham (la normalisation avec Israël), impulsés par Trump en 2020, n’était pas à l’ordre du jour, vu toutes les horreurs perpétrées par Tsahal à Gaza et en Cisjordanie. Mais force est de constater qu’il y a une accélération entre Damas et Tel-Aviv, avec certainement une pression folle de la part de Washington. La Maison Blanche, on le sait, aime aller vite et ne s’embarrasse pas des convenances, des états d’âme. Personne n’ose barrer la route de Trump, à commencer par celle qui a abrité la réunion entre la Syrie et Israël, la France.

     

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