On connait les ambitions de l’Algérie en matière de phosphate, elles sont matérialisées par le méga investissement de 6 milliards de dollars à Bled El Hadba, à l’extrême sud de Tébessa. Le pays pose un autre jalon en paraphant un mémorandum d’entente avec un géant asiatique, l’Indonésie. Le texte a été signé en présence de Mohamed Arkab, ministre d’État en charge de l’Énergie et des Mines…
Côté algérien l’accord engage Somiphos, filiale phosphate de Sonatrach qui exploite le complexe Djebel El-Onk, dans la wilaya de Tebessa, un site qui a une capacité de production de quelque 2 millions de tonnes par an. L’algérien fait affaire avec Pupuk Indonesia, premier producteur d’engrais en Asie-Pacifique et qui affiche une capacité de 14,6 millions de tonnes annuelles.
Ce mémorandum, qui s’étale sur 18 mois renouvelables, mentionne des études de faisabilité technique et économique axées sur 3 domaines : la livraison de phosphate algérien à Pupuk Indonesia, des investissements communs pour exploiter et transformer le minerai en Algérie, la mise sur le marché de produits dérivés tels que les engrais.
A noter que l’Algérie est assise sur les troisièmes plus grandes réserves mondiales de phosphate, évaluées à 2 milliards de tonnes (dont 2,2 milliards de tonnes de P2O5), nichées essentiellement à l’est du pays. Le sous-sol est donc largement sous-exploitée, il y a beaucoup de marge pour des ténors mondiaux tels que l’Indonésie, après les 8 milliards de dollars dégainés à Alger par un autre géant asiatique, la Malaisie.
Pupuk Indonesia ambitionne de diversifier ses sources d’approvisionnements pour développer son agriculture, l’Algérie veut muscler sa filière minière par le biais de partenariats, comme dernièrement avec le Pakistan (Fatima Fertilizers pour exploiter la mine de Bir El Ater, qui renferme près de 850 millions de tonnes). Pour le moment il n’y a aucun engagement formel entre Alger et Jakarta, mais le rythme des échanges périodiques de données pourrait vite déboucher sur des accords majeurs, très juteux vu la forte demande de fertilisants sur le marché mondial…
Les concurrents directs de l’Algérie (le Maroc, l’Egypte et la Tunisie) sont avertis : Alger ira vite et fort.
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