International

Algérie : Tebboune fixe ses lignes rouges face à la France

    Samedi 7 février, à l’occasion de son entretien périodique avec des représentants de la presse nationale, diffusé à partir de 21h sur les chaînes de télévision et de radio algériennes, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a livré une série de messages qui éclairent l’état réel de la relation avec Paris.

    Interrogé directement sur la France, il a choisi de ne pas entrer dans une joute verbale. Sa phrase, brève, a fait le tour des réseaux : « je ne réponds pas en ce qui concerne la France ». Derrière cette retenue, le chef de l’État a toutefois balisé plusieurs positions très concrètes, notamment sur le dossier des expulsions.

    Le point de crispation le plus sensible reste celui des OQTF, ces obligations de quitter le territoire français. Sur ce sujet, le président algérien affirme que le problème relève d’abord des pays d’accueil, et non d’une décision algérienne liée à un dispositif de retour annoncé ces dernières semaines. Il justifie le refus d’accueillir des ressortissants renvoyés de manière expéditive en mettant en avant les droits des personnes concernées, en particulier lorsqu’elles vivent en France depuis dix à quinze ans, et en rappelant l’existence de voies de recours judiciaires.

    Dans la même séquence, il expose la procédure qu’Alger estime incontournable : information préalable de l’Algérie, rôle du consul, visite à la personne visée, puis délivrance d’un laisser-passer si tout est en règle. Et il fixe une ligne rouge politique, avec une formule destinée autant à l’opinion interne qu’aux responsables français : « celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né ».

    Autre message, plus diplomatique celui-là : le président n’a pas fermé la porte à une visite du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez. Il affirme que l’annonce d’une éventuelle visite le concerne, mais ajoute que, s’il souhaite venir, « il est le bienvenu ».

    Enfin, Alger a mis en avant un canal parallèle, incarné par Ségolène Royal, reçue fin janvier en sa qualité de présidente de l’Association France-Algérie. Côté français, Quai d’Orsay a insisté sur le caractère strictement personnel de cette visite, sans mandat officiel.

    Ces déclarations s’inscrivent dans une relation franco-algérienne fragilisée par une accumulation de dossiers politiques, mémoriels et migratoires, où chaque geste devient un test de souveraineté. Le choix du président algérien de ne pas répondre tout en martelant des conditions très précises sur les expulsions dessine une stratégie claire : éviter l’escalade verbale, tout en verrouillant les mécanismes concrets et les symboles.

    Commentaires

    Que se passe-t-il en Tunisie?
    Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

    Top 48h

    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

    To Top
    SE CONNECTER