Energie

Algérie : Un différend coûte près d’un milliard $ à sonatrach

    Le différend opposant la compagnie pétrolière et gazière britannique Sunny Hill Energy au groupe public algérien Sonatrach a trouvé son épilogue après plusieurs années de procédure arbitrale internationale. Un dossier sensible qui secouait le secteur gazier depuis 2021 et dont l’issue pourrait coûter près d’un milliard de dollars à la compagnie nationale algérienne.

    Dans un communiqué publié le 9 décembre 2025, Sunny Hill Energy a annoncé avoir obtenu gain de cause dans l’arbitrage international engagé à la suite de la résiliation, en avril 2021, du contrat de partage de production du projet gazier d’Ain Tsila. La sentence arbitrale statue en faveur de la filiale détenue à 100 % par le groupe britannique, Petroceltic Ain Tsila Limited.

    Ce litige, suivi de près par les investisseurs et les acteurs du secteur énergétique en Algérie, met en lumière les tensions persistantes autour des grands projets d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans le bassin d’Illizi. Sunny Hill Energy avait vu sa participation dans le projet Ain Tsila réduite de 75 % à 38,25 % à la suite de deux cessions successives, avant que Sonatrach ne décide de résilier définitivement le contrat.

    Selon Sunny Hill Energy, la sentence arbitrale ordonne des paiements en faveur de Petroceltic Ain Tsila Limited. L’entreprise britannique précise que, sous réserve du recouvrement effectif des sommes auprès de Sonatrach, elle prévoit de rembourser intégralement ses obligations juniors sécurisées en circulation. Ces obligations, dont l’échéance est fixée au 29 mars 2028, représentent un montant pouvant atteindre 290 millions de dollars.

    À l’origine de la procédure, Sunny Hill Energy réclamait près d’un milliard de dollars de compensation. Le groupe estimait avoir investi des centaines de millions de dollars dans le développement du projet Ain Tsila, sans percevoir la moindre indemnisation lors de la résiliation du contrat de partage de production.

    De son côté, Sonatrach avait justifié sa décision, annoncée le 12 avril 2021, en affirmant avoir agi dans le strict respect des clauses contractuelles. La compagnie nationale reprochait à son partenaire de ne pas avoir respecté certaines obligations, malgré plusieurs mises en demeure adressées avant la rupture du contrat.

    La position de Sonatrach avait été vivement contestée par le président de Sunny Hill Energy, Angelo Moskov, qui avait qualifié la décision d’« agressive et irrationnelle ». Il avait alors comparé la tentative d’expropriation des intérêts de son groupe à des pratiques observées sous d’autres latitudes, estimant qu’elles ne correspondaient pas aux principes d’un État de droit que revendique l’Algérie.

    Le gisement d’Ain Tsila, situé au sud-est de l’Algérie, est considéré comme stratégique pour l’exploitation du gaz naturel, du gaz de pétrole liquéfié et des condensats. Sa production est destinée aussi bien à la consommation locale qu’à l’exportation, ce qui confère à ce projet une importance majeure pour l’économie énergétique algérienne.

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