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Après l’Italie l’Espagne donne une leçon magistrale à la France, la revanche du « Club Med »

Après l’Italie l’Espagne donne une leçon magistrale à la France, la revanche du « Club Med »

    Quand on pose une question à un technocrate il répond cash, très souvent sans prendre de gants, même quand il est dans un poste aussi sensible que gouverneur de la Banque de France, même quand on aborde des sujets aussi délicats que les facteurs de décroissance de son pays. François Villeroy de Galhau s’est prêté volontiers à cet exercice…

    On a appris que la France n’aura pas que l’Italie et le Portugal comme problèmes mais également l’Espagne. Je veux dire la comparaison avec les indicateurs de ces pays qu’on désignait péjorativement comme « le Club Med« , en raison de leur endettement, leurs croissances molles, leurs investissements faméliques, etc. Et bien patatras : ils se portent mieux que l’Hexagone dans bien des domaines.

    Place aux explications du patron de la Banque de France. Il est d’avis que l’Espagne doit sa forte croissance aux aides européennes post-Covid, au fait que c’est une économie orientée résolument vers les services et le tourisme, sans oublier le poids de l’immigration. Par contre M. de Galhau s’empresse d’ajouter que le modèle espagnol n’est pas transposable à la France…

    Bon, là il a enlevé sa casquette de technocrate ; effectivement Madrid a une politique immigrationniste décomplexée et assumée publiquement au nom des intérêts supérieurs de la nation. Mais ça le patron de la Banque de France ne peut pas le dire dans un pays où l’extrême droite est le premier parti au Parlement et se prépare à ramasser la mise – enfin, si la Justice laisse faire – à la prochaine élection présidentielle, d’après tous les sondages.

    La Banque d’Espagne s’attend pour 2025 à une croissance 2,9%, plus du triple du chiffre prédit pour la France par sa Banque centrale (à peine 0,9%). « C’est vrai que la performance de l’Espagne en termes de croissance est très positive. Il y a plusieurs ingrédients« , a martelé le gouverneur devant les sénateurs français de la commission des Finances…

    « Il y a d’abord le fait que l’Espagne, comme l’Italie, a bénéficié du plan européen post-Covid. Il y a une économie qui est très tournée vers les services et le tourisme« , a détaillé le premier banquier de l’Hexagone. Enfin « il y a l’immigration qui, je dirais, joue un rôle assez important dans la croissance espagnole« , a-t-il ajouté

    « Comment est-ce que ce pays sans budget arrive à faire aussi bien? (…) La dernière fois mon collègue espagnol est venu me voir: je te signale que nous on vit sans budget et on y arrive à peu près (…) L’Espagne a aussi des problèmes d’instabilité politique (…) Je ne crois pas que ce soit un modèle pour la France » et « je n’en déduis pas du tout qu’on pourrait vivre sans budget« , a-t-il répété.

    Au sujet de l’Allemagne, premier partenaire commercial de la France, première économie européenne et troisième mondiale, M. de Galhau a déclaré que « la croissance allemande est aujourd’hui inférieure à la croissance française« . Mais il a magnifié les dépenses de relance dans le budget fédéral en 2026, d’après lui « il y a un effet de contagion positive » en Europe quand le pays de Friedrich Merz reprend des couleurs.

    « Ça fait des années, des décennies, que toutes forces politiques ou familles de pensée confondues, la France et d’autres souhaitent une relance budgétaire allemande. Vous avez des marges de manoeuvre, utilisez-les. Ils le font, on ne va pas s’en plaindre« , a conclu le patron de la première institution financière du pays.

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