Après Pfizer, le géant britannique AstraZeneca a annoncé une réduction significative des prix de plusieurs de ses médicaments vendus sur le marché américain.
Cette décision, officialisée vendredi 10 octobre par le président Donald Trump depuis la Maison-Blanche, marque un tournant dans le bras de fer engagé entre la présidence américaine et l’industrie pharmaceutique mondiale.
Une victoire politique pour Trump
Lors d’une conférence de presse, Donald Trump s’est félicité de ce qu’il qualifie de « victoire pour les Américains ».
« AstraZeneca, la plus importante entreprise pharmaceutique du Royaume-Uni, s’est engagée à accorder aux Américains d’importants rabais sur leur vaste catalogue de médicaments », a-t-il déclaré.
Le président américain affirme que les traitements du groupe seront désormais vendus « au prix le plus bas pratiqué dans le monde », et que les futurs médicaments feront l’objet « d’importantes réductions tarifaires » dès leur mise sur le marché américain.
Cette annonce intervient deux semaines après un accord similaire conclu avec Pfizer, également contraint de revoir sa politique tarifaire aux États-Unis sous la pression de l’administration américaine.
Des médicaments jusqu’à quatre fois plus chers qu’en Europe
Les prix des médicaments aux États-Unis figurent parmi les plus élevés au monde.
D’après une étude de la Rand Corporation, les Américains paient en moyenne 2,5 fois plus pour les traitements sur ordonnance que les Français.
En France, selon Thierry Hulot, président du syndicat du médicament Leem, les prix pratiqués seraient même quatre fois plus bas que ceux du marché américain.
Donald Trump, qui avait déjà dénoncé à plusieurs reprises « le racket des laboratoires », a fait de la baisse du coût des médicaments un axe central de sa politique économique et sociale. Sa stratégie repose sur un levier majeur : la menace de surtaxes douanières.
Une taxe dissuasive et un investissement colossal
Sous la menace d’une surtaxe de 100 % sur les médicaments brevetés importés, AstraZeneca a choisi la voie de la négociation.
Le laboratoire britannique a obtenu une exemption temporaire de trois ans afin de relocaliser une partie de sa production sur le sol américain.
« La plupart de nos produits sont fabriqués ici, mais nous devons transférer davantage de production aux États-Unis », a expliqué Pascal Soriot, directeur général d’AstraZeneca, saluant la décision de Washington de lui accorder ce délai.
Dans le même temps, le groupe s’est engagé à investir 50 milliards de dollars sur cinq ans aux États-Unis — un plan incluant 4,5 milliards destinés à l’extension de son site industriel en Virginie, qui devrait générer 3 600 emplois.
Cet investissement massif vient compléter la stratégie industrielle promue par Donald Trump pour rapatrier la production pharmaceutique et réduire la dépendance aux importations.
Un effet domino dans l’industrie pharmaceutique mondiale
Après Pfizer et AstraZeneca, d’autres groupes pourraient suivre. La pression politique et économique exercée par la Maison-Blanche vise à imposer un modèle de “fabrique nationale”, selon lequel les laboratoires doivent produire localement pour éviter les taxes.
Trump a réaffirmé cette ligne vendredi : « Ils n’auront pas de droits de douane s’ils fabriquent dans le pays. »
Cette offensive protectionniste, couplée à une promesse de baisse généralisée des prix, pourrait redessiner les équilibres du marché pharmaceutique mondial, où les États-Unis représentent à eux seuls près de 40 % des ventes mondiales de médicaments.
Vers une refonte du modèle pharmaceutique américain ?
Pour Donald Trump, cette politique est à la fois économique et symbolique : elle vise à répondre à la colère des ménages américains, confrontés à une explosion des coûts de santé.
Mais pour les analystes, la question demeure : les baisses promises se traduiront-elles réellement dans les pharmacies américaines, ou resteront-elles limitées à quelques produits stratégiques ?
Quoi qu’il en soit, le président américain peut déjà revendiquer un succès politique majeur à l’approche de la fin de son mandat : contraindre deux géants mondiaux du médicament à plier face à la pression de Washington.
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