L’Australie a été frappée par l’une des attaques les plus meurtrières de son histoire récente. Dimanche, une fusillade survenue lors d’une célébration juive de la fête de Hanouka sur la célèbre plage de Bondi Beach, à Sydney, a fait 15 morts et des dizaines de blessés, plongeant le pays dans la stupeur et le deuil.
Selon les autorités australiennes, l’attaque a été menée par deux individus seulement, un père âgé de 50 ans et son fils de 24 ans. Le père a été abattu sur place par la police, tandis que le fils, grièvement blessé lors de son interpellation, se trouve toujours dans un état critique à l’hôpital. La police de l’État de Nouvelle-Galles du Sud a confirmé qu’aucune autre personne n’était impliquée, mettant fin aux spéculations initiales sur l’existence d’un troisième suspect.
Plusieurs médias australiens ont identifié les deux assaillants comme étant Sajid Akram, le père, et Naveed Akram, le fils, bien que la police se montre prudente dans ses communications officielles. D’après des informations relayées par Reuters, le père était arrivé en Australie en 1998 avec un visa d’étudiant, tandis que le fils serait né sur le sol australien. Les autorités n’ont fourni aucun détail supplémentaire concernant leurs origines familiales.
Sur le plan matériel, l’enquête a révélé que le père détenait un permis de port d’armes depuis 2015 et possédait six armes enregistrées. Il aurait utilisé un fusil à verrou et un fusil de chasse lors de l’attaque. Les forces de l’ordre ont également découvert une bombe artisanale ou des éléments assimilés à un dispositif explosif dans un véhicule lié à l’assaillant décédé, ce qui a entraîné d’importantes mesures de sécurisation dans la zone.
La piste terroriste est désormais privilégiée. Les enquêteurs ont évoqué la présence de drapeaux liés à l’organisation État islamique retrouvés dans le véhicule des assaillants, laissant penser à une motivation extrémiste. Les autorités soulignent toutefois que l’enquête est toujours en cours et que les conclusions définitives n’ont pas encore été établies. Certains éléments de presse indiquent par ailleurs que le fils aurait été signalé par le passé aux services de sécurité pour des raisons liées à l’extrémisme, sans être considéré alors comme une menace imminente.
Le bilan humain s’est alourdi dans la nuit de dimanche à lundi, passant de 11 à 15 morts, après le décès d’une fillette de 10 ans dans un hôpital pour enfants. La victime la plus âgée était âgée de 87 ans. Selon la police, 40 personnes sont toujours hospitalisées, dont deux policiers dans un état grave mais stable.
Au milieu de cette tragédie, un homme est unanimement salué pour son courage. Ahmed al Ahmed, 43 ans, citoyen musulman australien, propriétaire d’un magasin de fruits et père de deux enfants, est intervenu alors que l’attaque était en cours. Des images diffusées sur les réseaux sociaux le montrent se jeter sur l’un des assaillants par derrière, le maîtriser et lui arracher son arme. Touché par deux balles au bras et à la main, il a été opéré et reste hospitalisé.
Les autorités ont estimé que sans son intervention, le nombre de victimes aurait été bien plus élevé. Le Premier ministre de l’État, Chris Minns, a qualifié la scène de « moment le plus incroyable de sa vie », affirmant que « beaucoup de personnes sont en vie aujourd’hui grâce à sa bravoure ». Le Premier ministre australien Anthony Albanese a également rendu hommage à l’ensemble des civils ayant porté assistance, saluant des Australiens « qui se sont précipités vers le danger pour aider les autres ».
Un élan de solidarité s’est rapidement manifesté autour d’Ahmed al Ahmed. Une cagnotte de soutien a dépassé 550 000 dollars australiens, avec notamment un don important du milliardaire américain Bill Ackman, selon Reuters.
Sur le plan politique et sécuritaire, les autorités ont renforcé la présence policière autour des lieux de rassemblement de la communauté juive. En Israël, le Conseil de sécurité nationale a recommandé à ses ressortissants à l’étranger d’éviter les célébrations non sécurisées. Anthony Albanese a qualifié l’attaque de « moment sombre pour notre nation », parlant d’un « acte antisémite et terroriste » perpétré sur le sol australien, tandis que le chef du gouvernement régional a affirmé que l’attaque avait été délibérément planifiée pour viser la communauté juive de Sydney le premier jour de Hanouka.
De nombreuses voix religieuses ont également condamné l’attaque. Le grand mufti d’Australie et de Nouvelle-Zélande, le Dr Ibrahim Abu Mohamed, a dénoncé un « acte terroriste stupide » et présenté ses condoléances aux familles des victimes. Le Conseil national des imams australiens a, de son côté, affirmé que ces violences « n’ont pas leur place dans la société » et que leurs auteurs doivent répondre de leurs actes devant la justice.
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