agriculture

Avocats marocains : pourquoi les exportations sont presque à l’arrêt

    La campagne d’exportation de l’avocat traverse une zone de turbulence majeure au Maroc. Malgré un produit de qualité cette saison, les expéditions vers l’Europe sont presque à l’arrêt.

    En cause : un marché européen saturé, des prix en forte baisse et un bras de fer tarifaire entre producteurs et exportateurs.

    Un blocage quasi total dans les exploitations

    Alors que la saison a officiellement démarré, l’activité est quasi inexistante dans la majorité des exploitations indépendantes. Beaucoup de producteurs ont tout simplement décidé d’arrêter le ramassage, estimant que les tarifs proposés par les exportateurs sont très en dessous des niveaux de l’année passée.

    Les agriculteurs réclament des prix équivalents à ceux de la précédente campagne, mais les exportateurs jugent cette demande impossible à satisfaire, compte tenu de la baisse des cours sur le marché européen.

    Seuls les grands groupes disposant de leur propre chaîne logistique continuent, pour l’instant, d’expédier leurs fruits.

    Une bonne qualité … mais un marché saturé

    Selon Fresh Plaza, la production marocaine se distingue cette année par une bonne qualité. Les températures excessives de l’été ont réduit les volumes récoltés, ce qui a permis aux fruits restants de se charger davantage en nutriments. Résultat : des calibres plus gros, très recherchés en temps normal.

    Mais cet avantage structurel ne suffit pas à compenser un contexte international défavorable.

    Les importations massives du Pérou, du Chili et de la Colombie ont inondé le marché européen, provoquant une saturation sans précédent. Cette offre sud-américaine abondante tire mécaniquement les prix vers le bas, réduisant les marges et fragilisant la filière marocaine.

    Une stratégie d’attente jusqu’en janvier

    Face à cette conjoncture défavorable, les producteurs ont choisi d’adopter une stratégie d’attente. Ils espèrent que le marché commencera à se normaliser début janvier, lorsque les stocks sud-américains baisseront et que la consommation repartira après le ralentissement traditionnel du mois de décembre.

    La situation reste néanmoins incertaine. Si l’Europe ne rééquilibre pas rapidement son niveau d’offre, la campagne 2024–2025 pourrait être fortement compromise pour le Maroc, malgré la bonne qualité de fruit.

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