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But annulé et penalty sifflé : que valent vraiment les décisions arbitrales de la finale de la CAN ?

    La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal, disputée dimanche soir, restera comme l’une des plus tendues et controversées de l’histoire récente de la compétition. Au cœur de la polémique, deux décisions arbitrales majeures prises dans le temps additionnel de la seconde période, qui ont provoqué près de quinze minutes d’interruption, le retrait momentané des joueurs sénégalais et une atmosphère de grande confusion avant la reprise du jeu.

    Malgré ce climat électrique, le Sénégal est parvenu à s’imposer 1-0 face au Maroc, pays hôte, au terme des prolongations, décrochant ainsi le deuxième titre continental de son histoire. Mais au-delà du résultat, ce sont bien les choix de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala et l’intervention de l’assistance vidéo (VAR) qui ont cristallisé les débats.

    Un but sénégalais annulé au cœur de la controverse

    La première situation litigieuse concerne un but inscrit par le Sénégal, finalement annulé par l’arbitre pour une faute supposée sur le défenseur marocain Achraf Hakimi, quelques secondes avant la conclusion de l’action. Le corps arbitral a estimé qu’un geste de poussée avait déséquilibré le joueur marocain, décision confirmée par la VAR, déclenchant de vives protestations du camp sénégalais.

    D’un point de vue réglementaire, cette décision apparaît pourtant discutable. Les images montrent un échange de tirages de maillot et de contacts avec les bras entre les deux joueurs, une situation fréquente lors des phases arrêtées. Selon l’article 12 des Lois du jeu, relatif aux fautes et aux comportements antisportifs, un contact réciproque de ce type ne justifie pas automatiquement un coup franc, sauf s’il est clairement excessif ou unilatéral. Dans ce cas précis, la chute d’Achraf Hakimi résulte d’un duel équilibré, ce qui plaide en faveur de la validité du but sénégalais.

    Dans les grands championnats européens, ce type de duel est généralement toléré par les arbitres, précisément pour éviter une multiplication d’interruptions de jeu et de contestations. L’annulation de ce but peut donc être interprétée comme une application trop stricte, voire erronée, de la règle.

    Le penalty accordé au Maroc après recours à la VAR

    La seconde décision majeure intervient quelques minutes plus tard. À la suite d’un corner en faveur du Maroc, l’attaquant Brahim Diaz est ceinturé par un défenseur sénégalais, qui le retient nettement par le cou avant de le faire chuter dans la surface de réparation. Dans un premier temps, l’arbitre laisse jouer, avant d’être appelé par l’assistance vidéo.

    Après consultation de l’écran, Jean-Jacques Ndala décide finalement d’accorder un penalty au Maroc. Cette décision déclenche une nouvelle vague de protestations sénégalaises, allant jusqu’au retrait temporaire de l’ensemble de l’équipe vers les vestiaires. Seul le capitaine Sadio Mané restera sur la pelouse avant de convaincre ses coéquipiers de reprendre le match.

    Sur le plan réglementaire, cette fois, la décision arbitrale est conforme aux Lois du jeu. Le tirage par le cou est manifeste, intervient alors que le ballon est en jeu et empêche clairement le joueur marocain de jouer le ballon. Les critères du penalty sont donc réunis, ce qui rend la sanction justifiée, indépendamment du contexte tendu de la rencontre.

    Une contestation alimentée par l’enchaînement des décisions

    La virulence de la réaction sénégalaise ne s’explique pas uniquement par le penalty sifflé. Elle trouve surtout sa source dans l’enchaînement des deux situations, et en particulier dans l’annulation préalable du but sénégalais, jugée injuste par les joueurs et le staff. Le penalty manqué par Brahim Diaz permettra toutefois de calmer partiellement les esprits, la rencontre se poursuivant jusqu’au terme du temps réglementaire sur un score nul et vierge.

    La finale se prolongera finalement en prolongations, où le Sénégal parviendra à faire la différence pour s’adjuger le trophée, au terme d’un match aussi disputé que controversé.

    Une finale marquée par l’arbitrage

    Cette finale de la CAN 2025 illustre une nouvelle fois l’extrême difficulté de l’arbitrage lors des matchs à très forte intensité émotionnelle. Si la décision d’accorder le penalty au Maroc apparaît conforme aux règles, l’annulation du but sénégalais continue d’alimenter les débats et les analyses, renforçant le sentiment d’injustice côté sénégalais malgré le sacre final.

    Au-delà de la victoire historique du Sénégal, cette rencontre restera comme un cas d’école sur l’impact des décisions arbitrales et de la VAR dans les grands rendez-vous du football africain.

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