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Ce n’est pas l’Europe qui a « frappé Trump au visage », il s’est cogné lui-même et il est KO debout

Ce n’est pas l’Europe qui a « frappé Trump au visage », il s’est cogné lui-même et il est KO debout

    « Il est venu, il a vu, il n’a pas vaincu ». C’est l’histoire d’une fanfaronnade qui se dégonfle comme une baudruche. Humiliation suprême : cette reculade se produit devant les caméras du monde entier, devant tous les puissants de la planète, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Le président Donald Trump a été contraint d’enterrer la hache de guerre avec ses premiers clients, les Européens, ceux qui remplissent les caisses américaines en lui achetant à tour de bras des avions de combat, des missiles et systèmes anti-missiles, des hydrocarbures, etc.

    C’est le nerf de la guerre qui a vaincu Trump : l’argent

    C’est ça qui a fait flancher Trump : l’argent, le nerf de toute guerre, surtout celle du républicain. Il n’a pas reculé face à l’agitation de quelques dizaines de soldats européens dépêchés au Groenland et dont l’US Army aurait fait une bouchée. D’ailleurs il n’y aurait pas eu le moindre coup de feu, les troupes européennes auraient détalé illico. La vraie bataille est ailleurs.

    Alors que le président Emmanuel Macron a chauffé la place de Davos le 19 janvier 2026, en endossant ses habits de chef de guerre, le président américain, à la surprise générale, s’est présenté hier mercredi comme l’apôtre de la Paix. Il n’aurait jamais eu l’intention d’envoyer ses soldats pour mettre la main sur le Groenland. Faux : il en avait l’intention, ça l’a démangé mais c’est la faisabilité qui pose problème…

    D’abord il est très peu probable que le Congrès américain aurait laissé faire. Bon, admettons que Trump force le barrage et passe, il y avait les conséquences économiques et financières à gérer. Il n’y a pas que Washington qui peut faire mal avec ses droits de douane, les Européens également, et cette fois on a senti que Bruxelles était prêt à faire parler la poudre. Pas comme comme en mars 2025 où le Vieux continent avait reculé.

    Les Européens ont manqué tous leurs rendez-vous, fui devant tous les combats depuis 80 ans, mais cette fois ils ne pouvaient pas esquiver. C’est le dernier tapis qui reste sous le pied de l’Union européenne. Après ça c’est le précipice, le ravin, et les leaders européens l’ont bien senti, à commencer par le chef de l’Etat français. Cette fois il a été à la hauteur de la situation, aucune fausse note.

    Quand l’OTAN vend ce qu’il n’a pas, des morceaux du Groenland

    Face à ce puissant front Trump s’est ramolli. Je ne parle pas de l’option militaire sur le Groenland, d’ailleurs lui-même n’y croyait pas beaucoup puisqu’il anticipait déjà en disant qu’en cas de veto du Congrès « il ferait autre chose« . Je parle de la débandade des USA sur les droits de douane qu’il voulait asséner sur les 8 pays européens. Comment Trump s’est sorti de sa souricière ?

    Il s’en est sorti par une pirouette, comme à son habitude quand il sent le souffle de l’enfer. Il a déclaré hier à Davos qu’il a élaboré « le cadre d’un futur accord » sur le Groenland « et l’ensemble de la région arctique » avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Et en conséquence il ne surtaxera par les Européens ce 1er février. Rutte, le flagorneur en chef, celui qui flatte Trump comme personne. C’est avec lui que le républicain a pris langue, pas avec les dirigeants européens.

    Il a causé avec le « chef » de l’OTAN, autant dire que le président américain a parlé avec lui-même, puisque le vrai patron de l’Alliance c’est lui. Ubuesque. Et qu’est-ce qui s’est dit ? Le New York Times rapporte que l’occupant de la Maison Blanche a obtenu des morceaux du territoire groenlandais, dont il aurait besoin pour installer son système de défense – « Dôme d’or » -, face à ses ennemis fantasmés (Russie et Chine).

    Le hic – il y en a toujours un avec Trump – c’est que ni lui ni Rutte n’ont le pouvoir de rogner le Groenland ; même le Danemark, dont relève cette région autonome, n’a pas ce pouvoir. Seuls les Groenlandais peuvent en décider, à travers un référendum. Alors tout ce tintamarre est un énorme marché de dupes pour aider le président républicain à sauver la face. Comme exactement il s’est déballonné en Iran après avoir excité les manifestants.

    Hollande et le gouverneur de la Californie ont vu juste

    Il y a eu des milliers des morts, les jeunes Iraniens l’ont attendu, il n’est jamais venu. Il a prétexté que c’est l’Arabie saoudite et compagnie qui ont retenu sa main vengeresse, ce qui ne l’a pas empêché de poser sur la table des demandes qui n’ont rien à voir avec les préoccupations de la jeunesse iranienne. Il est comme ça Trump : profiteur, mercantiliste, matérialiste. Avec lui c’est l’occasion qui fait le larron…

    C’est exactement ce qu’il a fait au Venezuela. « La méthode de Donald Trump est de vous menacer de vous envahir et de vous dire à la fin: ‘je ne vous envahis pas mais je vous prends vos ressources. Ce n’est pas parce qu’il y aurait un accord que ce serait un bon accord« , a commenté hier mercredi 21 janvier sur BFMTV l’ex-président français François Hollande.

    Cet hypothétique accord sur le Groenland, les Européens tentent d’y croire pour que les hostilités s’arrêtent là. Le Danemark, parmi les pays les plus serviles en Europe (il dispute la palme avec l’Allemagne et l’Italie), fait mine de magnifier le revirement de Washington. « Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit ‘je ne vais pas attaquer le Groenland’, ce sont des messages positifs« , a clamé le ministre danois des Affaires étrangères.

    Ce dernier et ses pairs européens feraient mieux de ne jamais publier que la Maison Blanche « ne respecte que le rapport de force« , comme l’a dit Hollande. Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, a conseillé aux pays européens de « frapper Trump au visage » ; c’est ce qu’ils ont fait, ils sont les premiers surpris en découvrant que le républicain n’est pas invincible. Macron et compagnie ont le mode d’emploi, est-ce qu’ils s’en serviront dans les prochains combats ? « Wait and see« .

     

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