La cheffe du gouvernement, Sarah Zaâfrani Zenzeri, a présidé ce mardi 2 décembre 2025 au Palais de la Kasbah un Conseil ministériel consacré à l’examen de l’avancement du projet de plan de développement 2026-2030, un document stratégique qui définira les priorités nationales pour les cinq prochaines années.
Dès l’ouverture de la séance, la Cheffe du gouvernement a rappelé que l’élaboration du plan s’est appuyée sur une démarche ascendante inédite, conformément à la vision du Président de la République, Kaïs Saïed. Le processus a mobilisé les conseils locaux, régionaux et des districts, consultés dans une série de réunions qui ont permis de fixer les priorités de développement au plus près des préoccupations des citoyens.
Elle a souligné que le plan 2026-2030 repose sur une logique participative, partant du niveau local pour remonter vers le niveau national, afin de répondre aux besoins réels des régions, corriger les déséquilibres historiques et instaurer un modèle de développement plus juste, équilibré et inclusif.
Une nouvelle vision fondée sur la justice sociale et l’intégration économique
La Cheffe du gouvernement a insisté sur le caractère structurant de ce plan, qui vise à établir un nouveau modèle de développement basé sur l’équité, l’intégration sociale, la cohérence entre les politiques de l’État et les projets proposés par les différents conseils.
Il s’agit, selon ses termes, d’une “étape nationale décisive”, destinée à rompre définitivement avec les approches adoptées pendant des décennies et qui ont conduit à des crises sociales, économiques et environnementales.
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a ensuite présenté un exposé détaillé sur l’état d’avancement du projet de plan, structuré autour de quatre volets :
Les problématiques de développement identifiées
Les conseils locaux, régionaux et des districts ont mis en avant une série de défis :
• déséquilibres sociaux persistants,
• difficultés économiques structurelles,
• pressions environnementales accrues,
• fragilités institutionnelles.
Les réformes et mesures proposées
Les propositions portent notamment sur :
• le dynamisme de l’économie locale et régionale,
• le renforcement de l’intégration sociale,
• l’amélioration de la situation environnementale,
• la consolidation du cadre institutionnel et législatif.
Chaque secteur — santé, éducation, énergie, environnement, agriculture, numérique, industrie — a présenté ses priorités pour les cinq prochaines années.
Les défis majeurs de la période 2026-2030
Ils concernent principalement :
• les enjeux sociaux,
• l’accélération de la transition numérique,
• la réduction des disparités régionales,
• la transition énergétique,
• les besoins de financement.
Les grands axes du plan 2026-2030
Le projet de plan repose sur plusieurs piliers structurants :
1. Renforcer l’intégration sociale et protéger les catégories vulnérables
• Amélioration de la qualité des services publics : santé, éducation, transport.
• Activation des programmes d’emploi et accompagnement des jeunes entrepreneurs.
• Amélioration de l’employabilité des jeunes diplômés.
• Renforcement de la protection sociale.
2. Réduire les inégalités de développement entre les régions
• Désenclavement des zones intérieures via la modernisation des infrastructures.
• Création d’une dynamique de développement régional à fort impact.
3. Construire un modèle économique durable et compétitif
• Encouragement de l’investissement public et privé.
• Modernisation de l’agriculture grâce aux technologies et à une meilleure gestion de l’eau.
• Développement des chaînes de valeur industrielles et agricoles.
• Intégration progressive du secteur informel.
• Promotion des investissements étrangers et ouverture vers de nouveaux marchés.
4. Atteindre la souveraineté hydrique
• Gestion optimisée des ressources en eau potable.
• Développement de l’irrigation économe en eau.
• Généralisation du traitement des eaux usées.
• Accélération de l’agriculture intelligente et de la digitalisation de l’eau.
5. Renforcer la souveraineté énergétique
• Réduction de la dépendance aux énergies fossiles.
• Hausse de la part des énergies renouvelables.
• Valorisation du potentiel national (solaire, éolien, biogaz).
• Rationalisation de la consommation.
• Amélioration de la gouvernance du secteur et valorisation du projet ELMED.
6. Accélérer la transition numérique
• Digitalisation générale des services administratifs.
• Extension du haut débit.
• Accompagnement du secteur économique dans sa transformation digitale.
• Adoption d’une stratégie nationale en intelligence artificielle.
7. Moderniser le tissu industriel
• Développement d’une industrie fondée sur la technologie et l’économie du savoir.
• Décentralisation industrielle et valorisation des compétences régionales.
• Soutien accru aux PME et renforcement de leur compétitivité.
• Création de zones industrielles intelligentes.
• Promotion de la recherche, du développement et de l’innovation.
• Renforcement des pôles technologiques et industriels.
8. Faciliter l’accès au financement
• Amélioration des équilibres financiers et du taux d’épargne nationale.
• Mobilisation de financements verts et concessionnels.
• Participation accrue du secteur privé et développement des partenariats public-privé.
• Inclusion financière élargie pour les catégories vulnérables.
Vers un modèle guidé par les performances et l’évaluation continue
La Cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’intégrer dans le plan des projets assortis d’indicateurs de performance et de critères de mesure clairs, tout en mettant en place une plateforme numérique unifiée pour assurer le suivi et l’évaluation en continu de l’avancement des projets.
À l’issue des discussions, elle a annoncé que la version finale du plan 2026-2030 sera examinée en Conseil des ministres, une fois les projets détaillés fixés.
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