Chiffres officiels : l’économie tunisienne serait plus solide que l’économie allemande !

L’institut national de la statistique (INS) vient de publier, récemment, son bulletin périodique relatif à l’évolution de la croissance au terme du premier trimestre de l’année en cours. D’après les chiffres publiés, la Tunisie a fait preuve de résilience malgré la conjoncture mondiale marquée par une grande morosité notamment dès la fin du mois de décembre dernier avec l’apparition en Chine de la pandémie Covid-19.

En effet, selon l’INS, le taux de croissance a diminué au premier trimestre 2020 de 1.7% seulement par rapport au même trimestre de 2019. Le taux de croissance a baissé surtout dans le secteur des industries manufacturières dont la valeur ajoutée a régressé de 6.1% en glissement annuel.

Cette baisse a été compensée par la hausse des valeurs ajoutées des secteurs des industries agro-alimentaires et des mines et ce, respectivement de 20.3 et de 19.7%. La valeur ajoutée dans le secteur des services non marchands (services de l’administration) a légèrement augmenté de 0.3%. Concernant le secteur de l’agriculture et de la pêche maritime, la valeur ajoutée a augmenté de 7.1% sur un an.

En se référant toujours aux données de l’INS, la Tunisie a pu éviter un taux important de régression de sa croissance et a fait même beaucoup mieux que d’autres pays dont les économies sont considérées comme solides à l’instar des économies européennes.

En effet, au Portugal, le Produit intérieur brut (PIB) a chuté au premier trimestre 2020 de 3.9% par rapport aux trois derniers mois de 2019, en raison principalement de la chute des exportations et de la baisse de la demande intérieure. Le Royaume-Uni a lui aussi ressenti le choc économique avec une chute de 2% du PIB. Sur le seul mois de mars, à la fin duquel le confinement a démarré dans le pays, on évalue le plongeon du PIB à 5.8%. En France, c’est également inédit, le PIB a dégringolé de 5.8%.

Par ailleurs, l’économie allemande, première d’Europe, a basculé dans la récession au premier trimestre pour connaître son «pire résultat» début 2020 depuis la crise économique de 2008/2009, d’après l’institut Destatis, en raison de la fermeture des entreprises et des commerces décidée pour freiner l’épidémie de coronavirus.

Le PIB de l’Allemagne a reculé de 2.2% sur les trois premiers mois de l’année en cours. Les économistes s’attendent à ce que sa chute s’accentue au deuxième trimestre, le confinement ayant surtout concerné les mois d’avril et mai, mettant à l’arrêt complet de nombreux secteurs.

Il est clair selon l’INS que la performance réalisée par la Tunisie en ce qui concerne le freinage de la chute du PIB montre que l’économie nationale devance plusieurs économies puissantes et à leur tête l’économie allemande.

Chose intrigante : le chef du gouvernement Elyes Fakhfekh a affirmé, mercredi 20 mai 2020, que le taux de croissance est en baisse d’environ 7 points de pourcentage, loin du chiffre annoncé par l’INS (-1.7%), ce qui aura, selon son évaluation, des répercussions sur les équilibres financiers.

Fakhfekh a, également, déclaré que le gouvernement se concentre désormais sur l’amendement du budget 2020, indiquant qu’à l’avenir, le gouvernement n’aura pas recours à la dette, mais comptera plutôt sur les capacités du pays et la rationalisation des dépenses.

Le Chef du gouvernement a, dans ce contexte, évoqué la mise en œuvre d’un plan d’impulsion économique qui reposera, sur plusieurs axes dont la préservation du tissu économique et les PME, la relance des secteurs les plus touchés par la pandémie, la sauvegarde de l’emploi et la résolution des problèmes en suspens ayant empêché la réalisation des grands projets.

 

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