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Ajouter TN en tant que source préférée sur GoogleLa tension continue de monter en Cisjordanie occupée, où les attaques de colons israéliens, les incursions militaires et les restrictions imposées à plusieurs localités palestiniennes se multiplient. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, plus de 1 540 attaques de colons ont été documentées depuis le début de 2026, tandis qu’environ 1 040 Palestiniens ont été blessés dans ce contexte.
La situation est particulièrement tendue autour de Qusra, au sud de Naplouse, soumise à un bouclage depuis 22 jours selon les informations disponibles. Trois familles palestiniennes y resteraient isolées. Dans le même temps, des médias israéliens rapportent que l’armée envisage de redéployer une partie de ses forces actuellement présentes au Liban et à Gaza vers la Cisjordanie.
Cette escalade alimente aussi des tensions au sommet de l’appareil sécuritaire israélien. Selon Haaretz, des responsables militaires s’interrogent ouvertement sur les intentions du gouvernement de Benjamin Netanyahou et redoutent que la Cisjordanie ne soit entraînée dans une nouvelle confrontation.
L’essentiel
Violences : plus de 1 540 attaques de colons ont été documentées depuis le début de 2026, avec environ 1 040 Palestiniens blessés.
Qusra : la localité reste soumise à un bouclage prolongé et trois familles palestiniennes y demeurent isolées, selon les informations rapportées.
Armée israélienne : selon Maariv, Israël envisage de transférer vers la Cisjordanie une partie des forces actuellement déployées à Gaza et au Liban.
Tensions politiques : des sources militaires citées par Haaretz redoutent une détérioration volontaire de la situation en Cisjordanie à l’approche des élections.
Ben Gvir : le ministre israélien de la Sécurité nationale a filmé des prisonnières palestiniennes dans leurs cellules, une initiative dénoncée par le Club des prisonniers palestiniens comme une atteinte à leur dignité.
Risque d’escalade : la multiplication des attaques de colons, des incursions militaires et des restrictions fait craindre un embrasement plus large de la Cisjordanie occupée.
Plus de 1 540 attaques de colons recensées en 2026
Selon le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires dans les territoires palestiniens, plus de 1 540 attaques de colons israéliens ont été recensées depuis le début de l’année.
Environ 1 040 Palestiniens auraient été blessés lors d’attaques de colons sur la même période.
Pour les seules deuxième et troisième semaines d’août, les Nations unies indiquent avoir documenté 80 attaques de colons ayant fait des blessés.
À Qusra, trois familles palestiniennes resteraient encore isolées. Une délégation comprenant notamment le représentant de l’Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient s’est rendue dans la localité afin d’évaluer les besoins humanitaires des familles concernées et la situation liée à l’expansion des colonies.
La veille, selon Maariv, environ 50 personnes qualifiées d’émeutiers par les sources israéliennes ont pénétré dans Qusra, causé des dégâts et ouvert le feu.
Le même journal rapporte qu’aucun colon participant à ces événements n’avait été arrêté par la police israélienne.
Netanyahou condamne les violences, les Palestiniens dénoncent leur extension
Benjamin Netanyahou a condamné les violences commises à Qusra et Jalud, évoquant les agissements criminels d’« un petit nombre d’émeutiers ».
Cette condamnation intervient toutefois alors que les incidents se multiplient dans différentes zones de Cisjordanie.
Des colons ont notamment attaqué des agriculteurs palestiniens à Burqa, à l’est de Ramallah. À Al-Mughayyir, des Palestiniens ayant tenté de s’opposer à des colons ont été confrontés à des tirs et à des grenades lacrymogènes des forces israéliennes, selon les informations rapportées.
À Idhna, à l’ouest d’Hébron, des colons ont également amené de nouvelles habitations mobiles vers un avant-poste implanté dans la localité.
Plus au sud, à Khirbet Ghuwein, près d’As-Samu, des images diffusées montrent des colons pénétrant aux abords de maisons palestiniennes et chantant devant l’une d’elles, une présence vécue comme une provocation par les habitants.
Le ministère palestinien des Affaires étrangères accuse Israël de chercher à imposer progressivement un nouveau fait accompli territorial en Cisjordanie et alerte sur l’extension simultanée de la colonisation, des violences et des restrictions de déplacement.
Al-Mughayyir sous restrictions depuis près de trois semaines
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a également dénoncé la situation à Al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, où les habitants seraient soumis depuis environ 20 jours à de sévères restrictions.
Selon le ministère, l’armée israélienne contrôle l’ouverture et la fermeture des accès à la localité, contribuant à son isolement.
Des militaires de l’occupation y ont par ailleurs tiré des grenades lacrymogènes en direction de maisons palestiniennes lors d’une récente incursion. Aucun blessé n’a été signalé dans cet épisode.
À Al-Bireh, une force israélienne s’est déployée dans plusieurs quartiers sans que des arrestations ou perquisitions ne soient immédiatement rapportées.
À Hébron, des soldats israéliens auraient également empêché des journalistes de travailler alors que des colons pénétraient dans la vieille ville.
Six Palestiniens victimes de suffocation à Al-Faraa
Dans le nord de la Cisjordanie, six Palestiniens ont été pris en charge pour des problèmes respiratoires après des tirs de gaz lacrymogène de l’armée israélienne lors d’une incursion dans le camp de réfugiés d’Al-Faraa, au sud de Tubas, selon le Croissant-Rouge palestinien.
Ces opérations militaires surviennent alors que l’armée israélienne étudie, selon Maariv, la possibilité de transférer une partie des unités actuellement déployées au Liban et dans la bande de Gaza vers la Cisjordanie.
Un tel redéploiement constituerait un indicateur supplémentaire de la dégradation sécuritaire.
Des interrogations jusque dans l’armée d’occupation israélienne
L’un des développements les plus sensibles vient toutefois des médias israéliens eux-mêmes.
Selon Haaretz, des responsables militaires soupçonnent Benjamin Netanyahou de laisser se développer une détérioration de la situation en Cisjordanie qui pourrait influencer l’agenda politique avant des élections attendues dans environ deux mois.
Ces soupçons restent des appréciations attribuées à des sources militaires et ne constituent pas un fait établi.
Le chef d’état-major israélien Eyal Zamir serait néanmoins préoccupé, selon le quotidien, par les intentions du gouvernement concernant la Cisjordanie et souhaiterait éviter que l’armée ne soit entraînée dans une nouvelle crise sécuritaire sous l’effet de considérations politiques.
Haaretz ajoute que plusieurs figures de la droite israélienne, dont le ministre des Finances Bezalel Smotrich, ne cacheraient pas leur volonté de voir émerger une confrontation plus large qui pourrait servir de justification à une intervention contre l’Autorité palestinienne.
Le scénario évoqué par le journal comprendrait une nouvelle occupation de territoires et des déplacements massifs de Palestiniens. Il s’agit là encore d’une analyse et d’intentions attribuées par le journal à certains responsables, et non d’une décision officielle annoncée par le gouvernement.
Ben Gvir filme des prisonnières palestiniennes dans leurs cellules
La situation des détenus palestiniens alimente parallèlement une nouvelle polémique.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir s’est rendu dans la section où sont détenues des prisonnières palestiniennes, a filmé sa visite et diffusé les images.
Le Club des prisonniers palestiniens a dénoncé une atteinte à leur dignité humaine.
Ben Gvir a affirmé qu’il continuerait à appliquer une politique réduisant les conditions de détention au « minimum », rejetant les plaintes des prisonnières sur leurs conditions d’incarcération.
L’épisode intervient dans un contexte où les organisations palestiniennes dénoncent régulièrement la dégradation des conditions de détention dans les prisons israéliennes.
Washington condamne les violences des colons
L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a lui aussi condamné les violences en Cisjordanie.
Selon lui, les quelque 500 000 Israéliens vivant en Cisjordanie seraient dans leur immense majorité opposés aux agissements d’un groupe d’émeutiers qu’il estime injustement assimilé à l’ensemble des colons.
Il a affirmé qu’un consensus existait en Israël pour condamner ces violences.
Mais pour les Palestiniens, la question dépasse désormais les actes individuels. L’absence d’arrestations après certains incidents, la présence de soldats aux côtés de groupes de colons et l’extension des avant-postes alimentent la crainte d’une modification durable de la situation sur le terrain.
Gaza : plus de 7 000 personnes recherchées sous les décombres
Cette nouvelle phase de tension en Cisjordanie intervient alors que la situation humanitaire reste catastrophique dans la bande de Gaza.
Des données relayées dans un rapport onusien font état de destructions touchant environ 90% des habitations et infrastructures du territoire.
Selon Taysir Muhaisen, conseiller du bureau gouvernemental des médias à Gaza, l’armée israélienne contrôlerait actuellement environ 65% de la superficie du territoire.
Il affirme également que plus de 7 000 personnes restent portées disparues sous les décombres, ce qui nécessite selon lui l’ouverture des passages et l’entrée de matériels lourds permettant les recherches et le déblaiement.
Parallèlement, le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée estime qu’entre 2 500 et 3 000 Palestiniens pourraient avoir fait l’objet d’une disparition forcée depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023. Ces estimations émanent de l’organisation palestinienne et doivent être considérées comme telles.
Une mobilisation internationale qui se poursuit
Des manifestations et actions de solidarité avec les Palestiniens continuent parallèlement en Europe.
À Berlin, une manifestation a parcouru les rues en réclamant notamment que les responsables israéliens répondent de leurs actes devant la justice.
En Irlande, des militants ont organisé une action en soutien à la Palestine en marge du festival annuel de musique et d’arts Electric Picnic, dans le comté de Laois, afin de dénoncer la guerre à Gaza et la situation en Cisjordanie.
Sur le terrain, l’enjeu immédiat reste cependant la Cisjordanie. Avec plus de 1 540 attaques de colons documentées depuis janvier, des localités sous bouclage, des incursions militaires répétées et la possibilité d’un renforcement des troupes israéliennes, les Palestiniens font face à une pression croissante.
Les inquiétudes exprimées jusque dans les milieux militaires israéliens montrent désormais que le risque d’un embrasement plus large de la Cisjordanie n’est plus seulement une alerte palestinienne ou internationale : il est également débattu à l’intérieur même d’Israël.
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