Politique

Clinton en Tunisie “pour encourager la démocratie”, un œil rivé sur la Libye

(c) AFP

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton était jeudi en Tunisie pour aider à transformer “les espoirs” de la révolution qui a fait chuter Ben Ali en “résultats” chez ce petit voisin de la Libye.

Arrivée tard la veille d’Egypte, Hillary Clinton devait rencontrer le président tunisien par intérim Foued Mebazaa, puis son homologue Mouldi Kefi, et en milieu d’après-midi le Premier ministre par intérim Béji Caïd Essebsi.

Pour son premier déplacement dans la Tunisie post-Ben Ali, “épicentre” des révoltes qui secouent depuis deux mois le monde arabe, Hillary Clinton a estimé que les “espoirs” suscités par la révolution tunisienne doivent désormais se transformer en “résultats”.

“Cette révolution a suscité tellement d’espoirs, nous devons maintenant les transformer en résultats, et cela passera par une réforme économique et une réforme politique”, a-t-elle déclaré en visitant un site du Croissant-Rouge tunisien à Tunis.

Depuis des semaines, le Croissant-Rouge tunisien, auquel elle a offert du matériel, est totalement mobilisé par la crise humanitaire provoquée par l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés qui fuient la situation chaotique en Libye

“Le nouveau gouvernement tunisien comprend parfaitement qu’il faut un plan de développement économique, un plan pour l’emploi”, a poursuivi Mme Clinton.

“Je vais envoyer une délégation des Etats-Unis, car nous voulons savoir ce que veut la Tunisie”, a-t-elle continué.

“Nous ne voulons pas venir et dire +voilà ce que pensent les Etats-unis+, a-t-elle insisté en annonçant la tenue “dans quelques mois d’une conférence de pays donateurs”.

Une conférence internationale était prévue en mars, avec notamment l’appui de l’Union européenne, mais a été reportée à la demande de Tunis.

Outre sa visite au Croissant-Rouge, Hillary Clinton devait participer, juste avant son départ pour les Etats-Unis vers 17H00 (16H00 gmt), à un programme sur la chaîne de télévision privée, Nessma TV, avec participation du public.

Avant de quitter les Etats-Unis pour le Caire et Tunis, Hillary Clinton avait souligné que pour Washington, il était essentiel que l’Egypte et la Tunisie, les pays frontaliers à l’est et à l’ouest de la Libye, “soient les modèles du type de démocratie que nous souhaitons voir”.

C’est “un enjeu énorme”, avait-elle insisté.

Les Etats-unis avaient rapidement pris la mesure de la révolte qui a fait tomber le régime autocratique de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier après 23 ans de règne: neuf jours seulement après la fuite de ce dernier en Arabie saoudite, Washington dépêchait à Tunis un haut fonctionnaire du département d’Etat, Jeffrey Feltman.

Le 23 février, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé des affaires politiques, William Burns, débarquait à son tour à Tunis, pour encourager les nouvelles autorités à “assurer la stabilité” et “organiser des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais”.

La visite de la secrétaire d’Etat a donné lieu à une manifestation de certaines personnes qui se sont rassemblées à Tunis sans incident pour marquer leur opposition à cette visite.

Du côté de l’opposition, la tonalité “nationaliste” était unanime. Tant pour Maya Jribi, du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale), que pour un dirigeant du mouvement islamique Ennahda (Renaissance), Ali Arayth, la Tunisie “est un pays ouvert et souverain” et les futures relations doivent se construire sur l'”égalité”.

Pour Radhia Nasraoui, avocate et militante des droits de l’Homme, “les Tunisiens ont fait leur révolution par leurs propres moyens, ils sont capables de construire leur nouvelle Tunisie sans l’intervention de personne”.

Source : AFP

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