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Code des changes : nouvelle étape parlementaire, Maher Katari alerte sur l’impatience des jeunes investisseurs (Déclaration)

Le président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ketari , a déclaré, dans un entretien exclusif accordé à Tunisie Numérique, que le Parlement n’avait toujours pas reçu le document relatif à l’exécution du budget de l’État couvrant la période allant de janvier au 30 juin 2026.

Selon lui, le ministère des Finances devait transmettre ce document avant le 31 juillet 2026. Il affirme également que plusieurs correspondances adressées par la Commission sur des dossiers budgétaires et économiques sont restées sans réponse.

Le document d’exécution budgétaire toujours attendu

Maher Ketari affirme que la Commission des finances a saisi le ministère des Finances après avoir constaté que le document relatif à l’exécution du budget de l’État pour les six premiers mois de 2026 ne lui avait pas été transmis.

Pour le président de la Commission, il ne s’agit pas d’une simple procédure administrative, mais d’une obligation prévue par la loi.

« L’État doit respecter ses propres lois », a-t-il déclaré, précisant que la Commission avait adressé une correspondance officielle au ministère sans obtenir, selon lui, de réponse.

Guerre dans le Golfe et éventuelle loi de finances complémentaire

Le dossier de l’exécution budgétaire n’est pas le seul sujet sur lequel la Commission affirme attendre des réponses.

Maher Ketari indique avoir également interrogé le ministère des Finances sur l’impact de la guerre dans le Golfe sur l’économie tunisienne et sur les hypothèses pouvant conduire à l’élaboration d’une loi de finances complémentaire.

La Commission souhaite par ailleurs, selon son président, instaurer davantage de coordination avec le ministère dans le cadre de la préparation du budget de l’État pour 2027, afin de rapprocher les points de vue en amont.

Ketari affirme que ces différentes correspondances n’ont, elles non plus, pas reçu de réponse.

Des interrogations sur les participations de l’État

Le président de la Commission des finances a également évoqué les participations publiques dans plusieurs entreprises.

La Commission aurait demandé des informations détaillées sur les participations de l’État dans des sociétés telles que la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).

Pour Maher Ketari , ces participations concernent directement les finances publiques et doivent, à ce titre, faire l’objet d’une information suffisamment détaillée.

« Les participations de l’État sont, en définitive, l’argent des Tunisiens », a-t-il estimé, en soulevant des questions sur leur destination, leurs mécanismes et leur efficacité économique.

Les participations bancaires également questionnées

Maher Ketari s’est également interrogé sur l’intérêt stratégique des participations de l’État dans certains établissements bancaires qu’il qualifie de taille relativement limitée.

Il a cité notamment la Banque tuniso-libyenne, la Banque tuniso-saoudienne et la Banque tuniso-émiratie.

Le député a posé la question de l’existence d’une stratégie globale encadrant ces participations et a exprimé, à titre personnel, une préférence pour un renforcement des fonds propres de banques publiques de plus grande taille.

Il a notamment cité la Banque nationale agricole (BNA), la Société tunisienne de banque (STB) et BH Bank, estimant qu’un renforcement de leur capital pourrait accroître leur capacité à financer de grands projets nationaux.

Garanties de l’État : la Commission réclame des précisions

Autre sujet évoqué : les garanties accordées par l’État à certains organismes publics pour leur permettre de contracter des emprunts.

Selon Maher Ketari , la Commission des finances a demandé des informations concernant les garanties accordées notamment à l’Office des céréales, à l’Office des terres domaniales et à la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Le président de la Commission affirme ne pas avoir obtenu les précisions demandées.

« Nous n’avons trouvé que des portes fermées », a-t-il déclaré pour décrire les difficultés rencontrées, selon lui, pour accéder aux informations sollicitées.

Ketari critique le manque de communication

Le député estime que cette situation ne concerne pas uniquement les relations entre le gouvernement et le Parlement.

Selon lui, le manque d’interaction qu’il décrit concernerait également les relations de l’exécutif avec les médias et d’autres acteurs.

Il a qualifié cette approche d’« incompréhensible », tout en appelant à davantage d’échanges et d’accès aux données nécessaires au travail parlementaire.

Code des changes : une journée d’étude visée début octobre

Maher Ketari a par ailleurs relancé le dossier de la proposition de Code des changes.

Selon lui, la Banque centrale de Tunisie avait annoncé en juin 2026 qu’elle transmettrait ses observations et recommandations sur le texte, mais la Commission n’aurait encore reçu aucune réponse.

Le président de la Commission a annoncé son intention de déposer une demande à l’Assemblée des représentants du peuple afin d’organiser une journée d’étude consacrée au Code des changes, immédiatement après la reprise des travaux parlementaires.

Il souhaite que cette rencontre soit programmée au début du mois d’octobre 2026.

La Commission des finances devrait ensuite reprendre l’examen de la proposition. Maher Ketari n’exclut pas, à ce stade, un passage au vote article par article.

« Les jeunes qui veulent investir ont épuisé leur patience »

Maher Ketari a enfin insisté sur la nécessité d’accélérer les réformes économiques et législatives, notamment celles susceptibles d’améliorer l’environnement des affaires et de faciliter l’investissement.

« Nos jeunes qui veulent rester en Tunisie et y investir ont épuisé leur patience », a-t-il déclaré.

Il estime que l’économie tunisienne doit davantage s’ouvrir à son environnement méditerranéen et suivre le rythme des transformations économiques régionales.

« Nos voisins avancent et nous faisons du surplace. Celui qui ne bouge pas prend du retard », a-t-il conclu.

 

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