A la une

«Conseil de la Paix» : Macron envoie balader Trump, furieux il brandit 200% de droits de douane

«Conseil de la Paix» : Macron envoie balader Trump, furieux il brandit 200% de droits de douane

    Le président français, Emmanuel Macron, a peut-être tout loupé chez lui, sur le plan politique surtout, après le ratage complet de la dissolution du Parlement et le cataclysme des législatives qui ont suivi. Mais sur les grands dossiers à l’international il tente – je dis bien il tente – de cheminer dans le sillage du général de Gaulle, le moins atlantiste des leaders européens de l’après-guerre. C’est le général qui avait sorti en 1966 son pays du Commandement intégré de l’OTAN pour ne pas se soumettre aux diktats américains. C’est cette indépendance d’esprit qui a permis à la France de bâtir la seule force nucléaire de l’Union européenne, l’unique défense européenne digne de ce nom, avec ses propres avions et ses propres système de missiles dont la technologie est entièrement française. Paris ne doit rien à Washington, ou presque ; aucun autre pays européen ne peut en dire autant, pas même le premier de la classe (sur le plan économique), l’Allemagne.

    Donc derrière les rebuffades et les bravades du président Macron il faut voir une fierté française trempée dans le précieux héritage du général de Gaulle. Paris marque sa singularité et se démarque de Washington partout où il le peut. Bon, la fanfaronnade de l’Elysée a ses limites, sur le dossier ukrainien par exemple où clairement les USA dictent leur loi. Mais enfin Macron s’évertue à rester le caillou dans la chaussure de Trump. On l’a vu lors du sommet du G7 au Canada, quand le président américain est rentré précipitamment, on l’a vu dernièrement sur le dossier des tarifs des médicaments. Un autre contentieux émerge.

    Tout content de mettre en orbite son nouvel OVNI, la nébuleuse du «Conseil de la Paix», Trump a convié la France autour de la table, fin de non-recevoir de la part de Paris. Furieuse la Maison Blanche a balancé ce mardi 20 janvier dans la matinée un SMS de Macron qui n’était pas censé sortir sur la place publique. «De la part du président Macron au président Trump. Mon ami, Nous sommes complètement d’accord sur la Syrie, nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que vous faites sur le Groenland. Essayons de construire des grandes choses ensemble», dit Macron, un message authentifié par son cabinet.

    Le président français propose à son homologue américain d’organiser un sommet du G7 ce jeudi à Paris, avec la possibilité d’inviter, «en marge» de la réunion, «les Russes», ce qui ne s’est pas produit depuis que Moscou a envahi son voisin, le 24 février 2022. Toujours cette obsession de Macron pour Vladimir Poutine, qu’il a cherché à cajoler jusqu’en juin 2022. Mais il propose aussi de convier les Ukrainiens à cette rencontre, ainsi que les Danois (il faut se méfier des Danois), pour évoquer le litige sur le Groenland…

    Autres invités : les Syriens. «Dînons ensemble à Paris jeudi avant que tu ne repartes aux États-Unis», glisse encore le président français, qui signe «Emmanuel».

    En balançant ce SMS Trump pensait sans doute mettre en difficulté son homologue français, il pensait certainement que le monde entier verrait dans ce court texte le caractère obséquieux et versatile de Macron, qui fait le coq devant les médias mais fait des courbettes en privé. Raté, le président américain est le seul à avoir vu ça, il y a certes une formulation sirupeuse par moments, diplomatie oblige, mais dans l’ensemble la France tient fermement ses positions. D’ailleurs le cercle de Macron confirme…

    Ce message «démontre que le président français en public comme en privé défend la même ligne». «Au Groenland, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États n’est pas négociable et notre engagement en tant qu’allié de l’OTAN pour la sécurité dans la région arctique reste intact (…) Nous sommes par ailleurs déterminés à faire de notre présidence du G7 cette année un moment utile pour contribuer au dialogue et à la coopération», martèle l’entourage de Macron. Et Vlan!

    L’Elysée prépare la grand-messe du G7, ce sera dans la ville d’Évian-les-Bains. Le rendez-vous était calé les 14 et 15 juin 2026, mais il a été reprogrammé du 15 au 17 du même mois pour cause d’anniversaire de Trump. Il le fêtera à la Maison Blanche en organisant un tournoi de MMA, son dada. Il est comme ça le président américain : violent, dans tout, surtout dans ses rapports avec les autres pays. Il faut s’attendre à des heurts demain mercredi au Forum de Davos en Suisse, et que dire du G7 en juin prochain en France.

    Le cabinet de Macron a signifié hier lundi que Paris «n’entend pas donner suite favorable», à ce stade, à l’invitation pour intégrer un «Conseil de paix». Le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot a argué que le cadre initial établi par l’ONU a été transgressé et que l’instance de Trump est «incompatible avec les engagements internationaux de la France et en particulier son adhésion aux Nations unies»…

    Ce à quoi Trump a répliqué en ces termes, devant un parterre de journalistes, chez lui en Floride : «Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n’est pas obligé d’y adhérer». Les droits de douane, l’alpha et l’oméga. La surtaxe pour régler des problèmes géopolitiques tout en remplissant les caisses publiques américaines. C’est sa recette pour infléchir la position des Européens sur le Groenland. Et si ça ne suffisait pas Washington justifie ses frappes par le Prix Nobel de la Paix qu’on lui a refusé. Le républicain est de plus en plus irrationnel. Dangereusement irrationnel.

     

    Commentaires

    Que se passe-t-il en Tunisie?
    Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

    Top 48h

    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

    To Top
    SE CONNECTER