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Economie

Consommer tunisien : pourquoi 100 dinars dépensés peuvent en valoir 234 ?

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Un dinar dépensé n'est jamais un simple achat. C'est une impulsion lancée dans l'économie, dont la portée dépend moins du montant que de la distance qu'elle parcourt avant de quitter le territoire. Cette idée, élémentaire en microéconomie, change la manière de lire le débat sur la consommation nationale.

Le moment s'y prête. Selon l'Organisation mondiale du commerce, la valeur du commerce mondial a été multipliée par 382 entre 1950 et 2024. Cette expansion a uniformisé les paniers de consommation, mais les chocs de 2008 et de 2020 ont ébranlé la confiance dans un modèle fondé sur la standardisation des échanges. Un courant, le « locavorisme », plaide désormais pour des circuits courts, de proximité et d'ancrage culturel.

C'est le point de départ d'une note de l'IACE, l'Institut arabe des chefs d'entreprises, intitulée « Promouvoir la production nationale : démolir d'abord le concept du consommateur universel ». Nous en reprenons ici les données clés pour proposer une lecture centrée sur un enjeu que le discours patriotique laisse souvent de côté : la rétention de la valeur.

Un panier qui grossit, une structure qui se déforme

La dernière enquête de l'Institut national de la statistique, menée en 2021, établit que la dépense moyenne par personne est passée de 3 871 dinars en 2015 à 5 468 dinars, soit une progression de 41,3 %. Ce chiffre est exprimé aux prix courants, il intègre donc l'inflation et ne mesure pas un enrichissement réel.

Le plus instructif est la composition du budget. L'alimentation et les boissons non alcoolisées pèsent 30,1 % des dépenses, contre 28,9 % en 2015. L'habillement passe de 7,6 % à 11,6 %, avec des dépenses qui doublent, de 293 à 635 dinars. La santé et l'hygiène progressent de 9,4 % à 11,1 %. À l'inverse, le logement recule de 26,6 % à 23,9 % et les transports de 9,3 % à 6,9 %. Les ménages consacrent donc une part croissante de leur budget à des biens où la production importée est massive.

Les données de la Banque mondiale sur la consommation finale des ménages par habitant montrent aussi une trajectoire singulière. La Tunisie affiche des pics positifs en 2001 et surtout en 2010, à rebours de la tendance mondiale, puis des creux marqués en 2020 et en 2023.

Quand la demande s'adresse au reste du monde

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