Les autorités ne nomment pas les choses, ça ferait tache, mais au fond elles préféreraient nettement que le reste de la bande qui a visité le Louvre rende les joyaux de la Couronne, quitte à ce que l’Etat lâche quelques billets. Bien entendu pas autant que leur estimation, 80 millions d’euros. C’est tout de même mieux que les objets, des pièces uniques dont la valeur est inestimable, soient abîmés lors d’opérations de démontage pour les vendre par petits bouts. Ce serait un gâchis incommensurable. En tout cas les autorités ont payé pour récupérer le butin du musée Cognacq-Jay, alors pourquoi pas le Louvre ?
L’argent ne les immunise pas contre l’épée de la Justice
La dernière chose que veulent les responsables du musée le plus visité au monde – le Louvre – c’est que les casses soient un nouveau business pour les délinquants, des opérations moins risquées – physiquement et pénalement – que d’autres crimes et délits que nous ne nommerons pas. C’est la raison pour laquelle ils se bornent à dire que les objets dérobés au Louvre sont invendables…
De là à penser que c’est une porte ouverte à une rançon c’est un pas que nous ne franchirons pas. Nous nous en tiendrons au précédent du musée Cognacq-Jay. Des voleurs l’avaient investi en novembre 2024 et étaient repartis avec des objets exceptionnels prêtés par le musée du Louvre, les Collections Royales anglaises et la collection Rosalinde & Arthur Gilbert en dépôt au Victoria & Albert Museum, dans le cadre de l’exposition « Luxe de poche ».
Le 14 octobre 2025 Paris Musées et la Ville de Paris ont officialisé la récupération de 5 tabatières. Les investigations menées par la Brigade de Répression du Banditisme (BRB) ont permis de remettre la main sur ces œuvres mais leur état est jugé « très moyen » par une source proche de l’enquête approchée par BFMTV.
Le 3 juillet 2025 la Police a appris, par le canal d’un courtier qui représentait les assurances des musées victimes, qu’un individu souhaitant rester dans l’anonymat avait fait l’intermédiaire pour la restitution des œuvres d’art. Elles avaient été placées dans un endroit précis après des conciliabules, « évidemment contre rémunération » indique une source proche de l’enquête.
Evidemment une opération financière dont la justice ignore tout, ce sont d’autres intermédiaires qui ont agi, parmi lesquels des assureurs. Une source judiciaire confirme que « les objets d’art ont été restitués à la justice par les assureurs« . Mais elle souligne que jamais la justice ne paye une rançon et que de toute façon aucun « marché » ne peut stopper d’éventuelles poursuites judiciaires.
Quant au musée Cognacq-Jay, il assure « ne pas connaître les modalités de l’enquête » et rappelle que « deux autres objets sont manquants« . L’établissement confirme que les tabatières étaient dans un état très moyen, les pierres précieuses avaient parfois été arrachées même si elles étaient restées entières, dans les boites d’origine…
« Cela pouvait corroborer l’hypothèse selon laquelle les voleurs auraient cru pouvoir revendre les pierres précieuses« , confie une source proche de l’enquête. Finalement les cambrioleurs ont opté « sagement » pour une transaction avec les autorités. Le déroulement du casse du musée Cognacq-Jay indique que les voleurs étaient plus aguerris que ceux du Louvre, qui semble-t-il ont tenté de copier maladroitement.
Les voleurs de Cognacq-Jay plus « professionnels » que ceux du Louvre
Ils avaient débarqué le mercredi 20 novembre 2024 dans la matinée, 4 individus à bord de deux puissants scooters – comme au Louvre. Là aussi les conducteurs attendaient prêts à démarrer, alors que les deux autres suspects pénétraient dans le musée en menaçant des visiteurs et des employés. L’un d’eux avait une hache, l’autre un sac vide.
« La durée du vol entre l’arrivée et le départ du commando ne dépassait pas les quatre minutes » (7 minutes pour le Louvre), a confié une source proche de l’enquête. Le butin a été évalué à quelques millions d’euros d’après une autre source. L’histoire ne nous dit pas combien les autorités ont déboursé pour récupérer les objets.
Si les enquêteurs n’ont pas retrouvé les cambrioleurs c’est parce qu’ils étaient plus professionnels, si on peut dire, que ceux du Louvre, qui ont laissé sur les lieux des dizaines de traces ADN. Les malfaiteurs de Cognacq-Jay n’ont presque pas commis d’erreur : pas de téléphone ni traces génétiques. « Les individus étaient couverts de la tête au pied et un témoin les voyait s’asperger les gants d’un produit non identifié avant de procéder au vol » indique la source.
Il n’y a que l’analyse vidéo des caméras de la ville de Paris qui a permis de remonter le trajet des suspects, après leur méfait ils ont filé vers la Seine-Saint-Denis. Sauf que l’immatriculation d’une voiture utilisée dans le casse a permis aux enquêteurs d’identifier des suspects. Un homme, cueilli en septembre dernier, a reconnu avoir conduit le véhicule identifié…
Il déclare l’avoir prêté mais ne se rappelle pas à qui. Les enquêteurs n’en démordent pas, il est certainement mouillé dans le casse de novembre 2024. « Outre son rôle de chauffeur, son attitude le plaçait en réalité comme un meneur et un décideur » tranche la source. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire. Le crime parfait n’existe pas, ou très rarement.
La Police a eu moins de mal avec les voleurs du Louvre, les arrestations pleuvent, 5 de plus il y a quelques heures. Les enquêteurs ne le crieront pas sur tous les toits mais ils les cuisinent sans doute pour récupérer au plus vite les joyaux de la Couronne, si possible intacts… en échange d’une rémunération ? Personne ne l’avouera, on ne le saura que bien après si ça finissait ainsi.
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