La soutenabilité de la dette publique se réfère à la capacité d’un État à maintenir ses finances dans une trajectoire viable à long terme, sans devoir prendre des mesures de plus en plus restrictives ou compromettre son développement économique.
L’évolution de la dette publique en Tunisie a eu des répercussions significatives sur la gestion des finances publiques. Cependant, l’endettement a permis notamment ces dernières années de financer des projets stratégiques, tels que le développement des infrastructures et l’amélioration des filets de protection sociale.
Des conditions monétaires plus favorables
Dans un contexte de désinflation et de conditions monétaires plus favorables, la Tunisie s’appuie sur une stratégie articulée autour de la maîtrise des coûts, une gestion active des échéances et un équilibre entre financement intérieur et extérieur pour gérer sa dette.
Selon les prévisions du budget de l’État pour l’exercice 2026, le service de la dette publique devrait s’établir à 23 054 millions de dinars (MD), enregistrant une baisse de 5,8% par rapport à l’enveloppe programmée pour 2025. Cette évolution traduit une détente de la charge globale de la dette, même si sa structure demeure marquée par des dynamiques contrastées entre dette intérieure et dette extérieure.
En 2026, le remboursement du principal de la dette intérieure atteindra 7 932 MD, contre 9 675 MD en 2025, soit un recul significatif de 18%. En revanche, le paiement des intérêts de cette même dette poursuivra sa progression pour s’élever à 5 612 MD, en hausse de 20,9% par rapport à l’année précédente.
Du côté de la dette extérieure, le principal à rembourser s’établira à 7 917 MD, contre 8 376 millions de dinars en 2025, affichant, ainsi, ainsi une diminution de 5,5%, tandis que les intérêts reculeront de 10,9 % pour s’établir à 1 596 MD.
Dynamique de la dette souveraine
En outre et au 31 décembre 2025, l’encours de la dette de l’État envers la BCT s’élève à 14 milliards de dinars. Ce montant se répartit équitablement entre deux facilités sans intérêts : la première, d’un montant de 7 milliards de dinars, remboursable sur dix ans avec trois années de franchise ; la seconde, également de 7 milliards de dinars et sera remboursée sur quinze ans, avec une période de grâce de trois ans.
Toujours d’après les données officielles et au niveau global, l’encours total de la dette publique est estimé à 145 milliards de dinars à la fin de l’année 2025, soit l’équivalent de 84% du PIB. La dette intérieure représente à elle seule 88,1 milliards de dinars, soit près de 60,7% de l’encours total. Dans ce contexte, le gouvernement ne prévoit pas de lancer un emprunt national en 2026, à l’instar de l’année précédente, et compte réduire fortement ses émissions de bons du Trésor assimilables, qui devraient se limiter à 4 840 MD, contre plus de 12 000 MD mobilisés en 2025.
Concernant la dette extérieure, son encours est évalué à 57 milliards de dinars à la fin de 2025, représentant près de 39,3% de la dette publique totale. L’État prévoit de mobiliser 6 808 MD de financements extérieurs en 2026, tout en honorant des remboursements en principal de 7 917 MD, auxquels s’ajoutent 1 596 MD au titre des intérêts.
La Tunisie a réussi à honorer ses engagements
La Tunisie a réussi à honorer ses engagements sans recourir à de nouveaux emprunts massifs, privilégiant une approche plus prudente de sa gestion de la dette. Les créanciers multilatéraux demeurent les principaux partenaires financiers du pays.
Pour autant, les autorités tunisiennes restent vigilantes face aux enjeux liés à la soutenabilité de la dette publique globale. La poursuite de cette dynamique de désendettement extérieur nécessitera le maintien d’une discipline budgétaire rigoureuse et la consolidation des sources de devises que constituent le tourisme et les transferts des expatriés.
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