Tunisie

Championnat de Tunisie de football - Ligue 1

2026-2027

International

Deux tankers frappés à Ormuz, Trump promet une fin proche de la guerre et Washington renforce sa flotte

Deux nouveaux incidents visant des tankers autour du détroit d’Ormuz rappellent la fragilité persistante de la navigation dans l’un des passages énergétiques les plus sensibles au monde. Dans le même temps, le président américain Donald Trump affirme que la guerre avec l’Iran « se terminera très bientôt », tandis que Washington renforce fortement sa présence navale et que le G7 tente de calmer les prix de l’énergie en mobilisant ses réserves stratégiques.

Ce samedi 3 octobre marque le 108e jour depuis la signature, le 17 juin, du mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, et le 217e jour depuis le début de la guerre, le 28 février. Malgré la reprise de contacts indirects, la situation reste marquée par des attaques maritimes, des menaces militaires et une forte pression sur les marchés pétroliers.

Deux tankers touchés autour d’Ormuz

Vendredi, un tanker traversant le détroit d’Ormuz en direction de la sortie du Golfe a été frappé par un projectile non identifié, selon l’United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO). L’impact a provoqué un petit incendie et une coupure d’électricité à bord. Aucun blessé n’a été signalé, l’incendie a été maîtrisé et le navire a poursuivi sa route.

Quelques heures plus tard, tôt samedi, le capitaine d’un pétrolier transportant du brut a signalé une nouvelle attaque à environ 4 milles nautiques à l’est d’Oman. Le navire aurait été touché sur son flanc gauche par un projectile dont l’origine n’a pas été déterminée. Tous les membres d’équipage ont été signalés en sécurité et aucun impact environnemental n’était rapporté dans l’immédiat.

Aucune responsabilité n’avait été établie pour ces deux incidents au moment de leur signalement. Les attaques interviennent alors que le trafic maritime reste nettement inférieur à son niveau d’avant-guerre.

Ormuz reste le principal point de tension énergétique

Avant le conflit, le détroit d’Ormuz concentrait environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié. Avant la guerre, environ 125 grands navires commerciaux par jour traversaient ce passage stratégique.

Le trafic énergétique a néanmoins montré des signes de reprise en septembre. Selon S&P Global Energy, 19 cargaisons de GNL ont quitté le détroit durant le mois, dont 13 depuis le Qatar et 6 depuis les Émirats arabes unis. Kpler en a comptabilisé 21, contre 15 en juin. Plusieurs navires ont effectué des « passages sombres », en coupant temporairement leur système AIS afin de limiter leur détection.

Cette reprise reste fragile. Les opérateurs continuent d’intégrer dans leurs décisions le risque d’attaque, le coût des assurances et la nécessité de dispositifs de protection navale.

Téhéran affirme contrôler le détroit

Le général Mostafa Izadi, commandant adjoint des Gardiens de la révolution, a affirmé vendredi que les forces iraniennes exerçaient un « contrôle total » sur le détroit d’Ormuz et que « l’ennemi n’ose pas s’en approcher ».

Il a également affirmé que les forces américaines se seraient éloignées de plus de 500 kilomètres du golfe Persique et de la mer d’Oman en raison de la menace des missiles iraniens. Ces déclarations relèvent de la communication militaire iranienne et n’ont pas été confirmées indépendamment.

Trump : la guerre pourrait finir après les élections de mi-mandat

Lors d’un meeting vendredi à Mobile, en Alabama, Donald Trump a de nouveau assuré que la guerre avec l’Iran allait se terminer « très bientôt », « d’une manière ou d’une autre », évoquant une issue possible juste après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.

Le président américain a également prédit une forte baisse des prix du pétrole une fois le conflit terminé. Il a présenté la pression militaire et économique exercée sur Téhéran comme un « mur d’acier » destiné à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Trump a affirmé que l’Iran avait perdu plusieurs groupes de dirigeants et qu’il ne disposait plus de marine, d’aviation, de radars ni de défense antiaérienne opérationnels. Il a aussi avancé un taux d’inflation iranien d’environ 310%. Ces affirmations ont été formulées par le président américain dans un contexte de campagne et ne correspondent pas toutes à des données indépendamment vérifiées.

Trois porte-avions et deux groupes amphibies autour de l’Iran

Alors que Donald Trump évoque une fin prochaine du conflit, le Pentagone prépare en parallèle un dispositif militaire particulièrement important.

Le groupe aéronaval de l’USS Theodore Roosevelt a été envoyé vers le Moyen-Orient. Il pourrait rejoindre l’USS George H.W. Bush et l’USS George Washington, ce qui porterait à trois le nombre de porte-avions américains présents dans la région dans les prochaines semaines.

Deux groupes amphibies pourraient également se trouver simultanément sur zone : ceux de l’USS Boxer et de l’USS Makin Island. Avec les bâtiments d’escorte, le dispositif naval pourrait regrouper plus de 20 000 marins et Marines ainsi que des centaines d’aéronefs. Les trois groupes aéronavals réunis pourraient mettre en œuvre jusqu’à environ 150 avions de combat.

Les responsables américains présentent ces mouvements comme un moyen de donner davantage d’options au président, qu’il s’agisse de renforcer la dissuasion, de protéger la navigation ou de reprendre des opérations militaires de plus grande ampleur.

Réunion discrète à Camp David sur l’Iran et le Yémen

Selon Axios, les principaux responsables de la sécurité nationale américaine se sont réunis pendant plusieurs heures vendredi à Camp David pour examiner les prochaines étapes concernant l’Iran et le conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis au Yémen.

La réunion était présidée par le vice-président JD Vance. Le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, l’émissaire de la Maison-Blanche Steve Witkoff, le directeur de la CIA John Ratcliffe et le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, y ont participé.

La Maison-Blanche n’a pas commenté la réunion. Selon Axios, Donald Trump pencherait pour ne pas participer directement à de nouvelles frappes contre les Houthis, mais cette position pourrait encore évoluer.

La piste diplomatique reste ouverte mais fragile

Parallèlement au renforcement militaire américain, les contacts indirects se poursuivent. L’Iran a récemment indiqué avoir reçu, par l’intermédiaire du Qatar, une réponse américaine à un plan de confiance de sept jours portant notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a répété que Téhéran restait disposé à négocier, tout en rejetant l’idée de concessions imposées sous pression. À Washington, des responsables soulignent depuis plusieurs mois la difficulté de garantir qu’un éventuel accord négocié avec les responsables civils iraniens soit appliqué par l’ensemble des centres de pouvoir, notamment les Gardiens de la révolution.

Le G7 libère 100 millions de barils pour calmer les prix

Face à la hausse des carburants, les pays du G7 ont décidé vendredi de coordonner, via l’Agence internationale de l’énergie, la mise sur le marché de 100 millions de barils de diesel, de pétrole brut et d’autres réserves énergétiques.

L’opération doit commencer immédiatement et s’étendre sur quatre mois. Une part importante du diesel doit être injectée dès les 20 premiers jours. Le G7 s’est également engagé à ne pas imposer de restrictions aux exportations d’énergie entre ses membres.

Le mécanisme intervient après une première opération exceptionnelle de 400 millions de barils coordonnée en mars par l’AIE. Selon son directeur exécutif Fatih Birol, environ deux tiers de ces engagements avaient déjà été exécutés avant la nouvelle décision.

Un effet déjà visible sur le diesel et le pétrole

Les premières réactions de marché montrent que l’annonce a eu un effet immédiat, même si elle ne règle pas les causes structurelles de la crise.

Les contrats à terme sur le diesel américain ont reculé de 3,25%, à environ 4,49 dollars le gallon, tandis que les contrats européens sur le diesel ont chuté d’environ 83 dollars la tonne, soit 5,75%, lors des discussions sur le déblocage des stocks.

Vendredi, le Brent a terminé à 102,25 dollars le baril, en baisse de 0,06%, tandis que le WTI américain a reculé de 1,90% à 91,11 dollars.

Le projet initial discuté en Europe prévoyait notamment la libération de 50 millions de barils de diesel. Ce volume aurait représenté environ 17% des stocks d’urgence européens de diesel et de gasoil, mais seulement autour de 3% de la consommation annuelle de l’Union européenne. L’accord final du G7 ne précise toutefois pas la répartition exacte entre brut, diesel et autres produits.

Pour les marchés, la mesure peut donc réduire la pression à court terme, mais son efficacité dépendra surtout de la durée des perturbations dans le golfe, de la capacité de raffinage disponible et de la sécurité du trafic maritime.

Washington poursuit aussi la pression financière

Les États-Unis continuent parallèlement de durcir les sanctions financières. Le Trésor américain a annoncé cette semaine une nouvelle action contre le réseau financier A7, qu’il accuse d’avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions grâce à des circuits financiers liés à la Russie.

Washington affirme vouloir identifier et priver de financement les structures qui permettent au régime iranien, à son appareil militaire et à ses alliés régionaux d’accéder aux devises et au système financier international. Les entités visées contestent pour leur part certaines des accusations américaines.

Entre signaux de désescalade et préparation militaire

Les développements des dernières heures envoient ainsi des signaux contradictoires. Donald Trump assure que la guerre approche de sa fin et des contacts diplomatiques se poursuivent, mais Washington déploie en parallèle une force navale considérable autour de l’Iran.

Dans le même temps, les attaques contre les navires rappellent que le détroit d’Ormuz reste un facteur déterminant pour les prix mondiaux de l’énergie. La libération des réserves du G7 peut atténuer temporairement la tension sur les carburants, mais une stabilisation durable dépendra avant tout de la sécurité de la navigation et de l’évolution du face-à-face entre Washington et Téhéran.

Sources : UKMTO, déclaration du G7 du 2 octobre 2026, Reuters, Axios, Département du Trésor américain et déclarations officielles américaines et iraniennes.

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Top 48h

ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

To Top
SE CONNECTER