Diplomatie : Quelle importance accorde la Tunisie à ses relations avec la Russie ?

Il a toujours été d’usage, dans le monde diplomatique, que les notables et dirigeants d’un pays se rendent aux festivités organisées dans les ambassades des pays qui existent sur son sol, à l’occasion de la célébration de leurs fêtes nationales.

Le niveau de la, ou des personnalités qui représentent l’Etat à chaque occasion, reflète, dans ce cas, l’importance que donne le pays hôte à ses relations avec le pays représenté par l’ambassade en question.

La manifestation de cette règle, lors de la cérémonie offerte hier, par l’ambassade de Russie à Tunis, a été, pour le moins, déroutante. En effet, alors que pour certains pays qui sont respectés et proches du régime en place, c’est le chef du gouvernement ou à défaut, le ministre des affaires étrangères, en sa qualité de chef de la diplomatie, qui fait le déplacement. Souvent, ils sont nombreux à représenter le gouvernement dans ce genre de cérémonies.

Or, ce qui s’est passé avec l’ambassade de la Russie, c’est que le gouvernement s’est contenté de charger le ministre de la Justice de le représenter. Il s’agissait de la fête nationale d’une superpuissance qu’ils le veuillent ou pas et qu’ils aient la même optique avec elle, par rapport avec la situation en Syrie et au Moyen Orient ou pas.

Malgré tout le respect qu’on doit au ministre de la Justice et à sa qualité de ministre « régalien », il n’en demeure pas moins que sa représentation du gouvernement tunisien à cette fête, était disons… « déplacée ». Car elle ne reflète pas l’importance mondiale et géopolitique de la Russie, ni les intérêts que devrait avoir et poursuivre la Tunisie avec elle. D’entendre un ministre de la Justice parler de relations diplomatiques et de l’essor du tourisme russe en Tunisie, et des prévisions de tel ou tel nombre de touristes, cette saison, sonnait bizarrement creux !

On ose espérer que cette « maladresse » soit due à des contraintes de calendrier ou d’agendas trop chargés. Malheureusement, il s’agit de la deuxième « bévue » de la Tunisie face à la toute puissante Russie, en l’espace de quelques jours, après celle d’avoir décliné, sans même s’en excuser, l’invitation par la Russie de quatre ministres tunisiens au Forum économique mondial qui s’est tenu la semaine dernière, à Saint Petersburg et au cours duquel, la Tunisie aurait pu avoir beaucoup à gagner, notamment en opportunités d’investissements, puisque ce forum a regroupé les grands des finances mondiales.

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