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L’OTAN aux rebelles libyens : “Comme nous ne sommes pas autorisés à utiliser des forces terrestres, il y a une limite physique à ce que nous pouvons faire…”

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) assure qu’elle va « tout faire pour protéger les civils de Misrata », une ville située à 200 km de Tripoli qui est assiégée depuis maintenant 40 jours par les forces loyales au dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi.

Cette déclaration, faite par une porte-parole de l’alliance militaire, Carmen Romero, constitue une réplique aux propos tenus mardi par le chef militaire des rebelles, le général Abdel Fattah Younès. Ce dernier a accusé l’OTAN de « laisser mourir les habitants de Misrata ».

« Misrata est bien notre priorité numéro un », a assuré Mme Romero, dans une entrevue accordée à l’Agence France Presse. « Nous avons procédé lundi à des bombardements autour de la ville ciblant des équipements de l’armée de Kadhafi ».

Selon la porte-parole de l’OTAN, le nombre de vols effectués par des appareils de l’alliance militaire augmente depuis le début de la semaine. Il y en a eu 137 lundi, 186 mardi et 198 autres étaient prévus mercredi.

« La situation sur le terrain ne cesse d’évoluer », a cependant concédé Mme Romero en entrevue à Reuters. « Les forces de Kadhafi changent de tactique, utilisent des véhicules civils, cachent leurs blindés dans des villes comme Misrata et se servent de boucliers humains pour se protéger ».

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a cependant déclaré que les rebelles pourraient désormais ravitailler Misrata par la mer, en promettant que la coalition ferait en sorte « qu’à aucun moment, les moyens militaires kadhafistes ne puissent l’empêcher ».

Le général Younès a réitéré mardi que la situation est critique à Misrata. « L’eau y est coupée, il n’y a plus d’électricité ou de produits alimentaires, il n’y a plus de lait pour enfants depuis 40 jours, alors que les forces de Kadhafi bombardent tous les jours maisons, mosquées et hôpitaux à l’artillerie lourde », a-t-il affirmé.

Situation bloquée à Brega

Dans l’est du pays, la situation demeure bloquée aux alentours de la ville pétrolière de Brega. Les insurgés sont revenus à l’assaut mercredi. Mardi, ils s’étaient retirés la veille à une trentaine de kilomètres à l’est de la ville devant les tirs d’artillerie des forces loyalistes.

Plusieurs insurgés rencontrés par des journalistes près de la ligne de front critiquent aussi l’OTAN, qu’ils jugent trop timorée dans ses frappes.

Interrogé à ce sujet, le commandant adjoint de l’opération Protecteur unifié, le contre-amiral britannique Russ Harding, a confirmé que l’approche adoptée récemment par les forces loyalistes complique la tâche des alliés.

« Les forces gouvernementales libyennes ont évolué ces derniers jours vers des tactiques non conventionnelles, se mélangeant au trafic routier et utilisant des civils comme boucliers dans leur avance », a-t-il dit.

« Si vous essayez de protéger des boucliers humains quand il y a un tank avec des dizaines de gens autour – des civils innocents -, la meilleure chose à faire à ce stade est probablement de ne pas lâcher une bombe sur ce tank », a-t-il expliqué.

Comme nous ne sommes pas autorisés à utiliser des forces terrestres, il y a une limite physique à ce que nous pouvons faire. … ] Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas la volonté, l’intention et la puissance de feu pour intervenir.

« En conséquence, les forces gouvernementales avancent en direction d’Ajdabiya et deviennent une menace directe pour cette ville et au-delà, pour Benghazi », a ajouté le contre-amiral Harding.

Pour contrer cette progression des forces pro-Kadhafi, dit-il, « l’OTAN a poursuivi ces frappes directes sur les forces qui avancent, ainsi que sur leur chaîne d’approvisionnement logistique et en munitions ».

La guerre civile qui déchire la Libye fait non seulement des victimes au sol mais aussi en mer. Environ 150 migrants clandestins, des Somaliens et des Érythréens pour la plupart, sont morts ou sont portés disparus, mercredi, après le naufrage de leur embarcation au large de la petite île italienne de Lampedusa. Leur bateau provenait de la Libye.

Source: radio-canada.ca

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