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Ecole Polytechnique de Tunis – Université de Carthage, On tue la poule aux œufs d’or ?

A la suite de la grève des élèves de l’Ecole Polytechnique de Tunisie, une délégation d’élèves a été reçue pendant plus de trois heures par le “staff” de l’Université de Carthage. Leur école est le fleuron des institutions universitaires dans le Maghreb, la première école d’ingénieurs en Tunisie, dotée de 1 million de dinars de budget, disposant d’une excellente infrastructure dont de nombreux laboratoires et unités de recherche et délivrant une formation de troisième cycle dans de nombreuses disciplines, en plus du diplôme d’ingénieurs. Depuis mi-mai elle est gérée par une secrétaire générale qui aurait une enquête sur le dos (audit toujours en cours à son établissement d’origine) et qui est accusée d’instaurer un mauvais climat: délation, privilèges indus, intimidation, changement brutal des tâches, la stratégie “diviser pour régner”… Les étudiants ne réclament qu’une chose: une gestion saine et efficace pour que leur école progresse. Ils ont vite compris qu’avec l’actuelle gestion, même le fonctionnement quotidien de l’école est compromis (sécurité du pensionnat, maintenance, distribution des ressources).
Cette longue réunion n’aurait abouti à rien de tangible puisque les élèves de l’Ecole Polytechnique entament leur deuxième semaine de grève. A l’heure où nous écrivons ces lignes, leur principale revendication, plus que légitime de l’avis de toutes les parties: étudiants, personnel administratif et professeurs, reste insatisfaite !
Des anciens élèves appellent l’Université de Carthage et à sa tête, le Président M. Lassaad El Asmi, à assumer ses responsabilités et à écarter l’actuelle secrétaire générale. Cette dernière est d’ailleurs en congé depuis le début de la grève, fuyant ainsi ses responsabilités et le DEGAGE des élèves à son encontre. Le directeur actuel semble prendre le parti de la secrétaire générale et “gère la situation” en utilisant des méthodes contestables afin de réduire cette grève au silence.
Première “bourde”: l’envoi de télégrammes d’intimidation aux « parents d’élèves » (pourtant parfaitement majeurs!). C’est là que les élèves ont compris que c’était le début de la fin….. pour la secrétaire générale. Plutôt que d’avoir l’effet escompté, cette “mesure” n’a fait qu’affermir leur position.
Deuxième « bourde »: l’envoi de questionnaires à des membres de l’administration dont le secrétaire général du syndicat des cadres administratifs. Une ligne rouge vient d’être franchie par le directeur. Plutôt que de répondre aux attentes légitimes des étudiants, le directeur détourne le problème et voit des complots partout. Un sit-in de deux heures a alors été décidé ce mardi 16 octobre, en coordination avec le bureau régional de l’UGTT, pour dénoncer ces pratiques.
Ce que demandent les étudiants, leurs parents, les anciens élèves et, depuis cette semaine, le syndicat du personnel administratif, c’est le départ pur et simple de cette secrétaire générale dont le maintien ne repose sur aucun argument objectif. L’Université de Carthage, plutôt que de compter sur l’essoufflement du mouvement d’élèves peu nombreux dans une école relativement isolée, a tout intérêt à agir rapidement, pour confiner le mouvement et éviter son extension à d’autres institutions de l’université qui ont aussi certainement d’autres raisons de mécontentement.
L’Ecole Polytechnique de Tunisie ne peut se permettre de perdre plus de temps. L’Université de Carthage ne peut laisser pourrir la situation davantage.

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