Enseignement

Écoles privées : le plafonnement des notes relance le débat sur la réforme du système d’évaluation, selon Slim Kacem [Vidéo]

    Le président de l’Association tunisienne pour la qualité de l’enseignement, Slim Kacem, a déclaré à Tunisie Numérique que la décision prise par certaines écoles privées de plafonner les notes dans certaines matières remet au premier plan la question de l’évaluation des élèves et la place excessive accordée au chiffre dans le système éducatif tunisien.

    Selon lui, cette mesure s’explique par le fait que de nombreux élèves réussissent grâce à des moyennes élevées obtenues dans des matières telles que l’éducation physique, les arts plastiques ou d’autres disciplines secondaires, alors qu’ils affichent des résultats très faibles dans les matières fondamentales. « Sur le plan théorique, cette décision peut se justifier, mais elle ne saurait être traitée isolément. Il est impératif de rouvrir le dossier de l’évaluation de manière globale et profonde », a-t-il affirmé.

    L’exemple des systèmes anglo-saxons

    Slim Kacem a rappelé que dans plusieurs pays anglo-saxons, l’évaluation ne repose pas sur une échelle de notes allant de zéro à vingt, mais sur des niveaux de compétence, tels que A, B ou C. Elle s’appuie également sur des dossiers, des projets, et une pédagogie axée sur les compétences plutôt que sur la seule performance lors d’un examen.

    « Il ne s’agit pas uniquement de mesurer un résultat chiffré, mais d’évaluer des acquis, des savoir-faire et des capacités réelles. Ce débat doit nous pousser à sortir de la logique de la polémique et à exiger une réforme en profondeur du système d’évaluation en Tunisie », a-t-il souligné.

    La domination du chiffre et ses dérives

    Le président de l’association estime que le mode d’évaluation actuel est devenu une source majeure de dysfonctionnements. La sacralisation de la note a, selon lui, favorisé la généralisation des cours particuliers et la prolifération des pratiques de triche, au détriment du développement réel des compétences des élèves.

    « L’évaluation telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui est devenue un véritable fléau pour la qualité de l’enseignement. Elle détourne l’attention des apprentissages effectifs et enferme l’école dans une culture de l’examen et du classement », a-t-il averti.

    Le risque de brider l’excellence

    S’agissant du plafonnement des notes dans certaines matières, Slim Kacem a mis en garde contre ses effets potentiellement négatifs sur les élèves les plus performants. Cette mesure pourrait, selon lui, freiner l’ambition légitime de ceux qui aspirent à l’excellence et à l’obtention de la note maximale.

    « Nous risquons de retomber dans une logique consistant à limiter le potentiel des élèves brillants au lieu de soutenir et d’élever le niveau de ceux qui rencontrent des difficultés. L’égalité des chances ne signifie pas l’uniformisation des niveaux », a-t-il conclu, appelant à une réforme sérieuse et globale de l’évaluation pour sauver l’école tunisienne de la tyrannie du chiffre.

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