Economie

Economie numérique d’après la loi de Finance : Schizophrénie du Gouvernement Tunisien

Vision du gouvernement

Le gouvernement actuel n’a cessé de répéter que les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) et l’économie numérique sont les nouveaux de leviers de l’économie tunisienne ; que l’économie numérique est une solution principale au problème du chômage des diplômés. Le premier ministre Youssef Chahed a même changé le nom du ministère des Technologies de l’information et des Communications (créé en 2004) en ministère des Technologies de l’information et de l’Économie numérique.

Le ministre des Technologies de l’information et de l’Économie numérique, Anouar Maarouf, n’a cessé à son tour de le répéter (avec ses parolés, parolés, parolés). Exemple, lors de la manifestation 3S Technology City (source WebManagerCenter) il a déclaré :

« Après la réalisation d’un diagnostic de la situation, on a constaté que le rythme de réalisation des projets dans le domaine du numérique avance très lentement”, a-t-il signalé.

“Aujourd’hui, la Tunisie dispose d’un potentiel important, elle a les ressources humaines qualifiées, les technologies, le savoir-faire et la volonté sauf qu’il existe quelques difficultés”.

Le ministre ajouta qu’il y a un écart important entre les objectifs de la stratégie ambitieuse de transformation digitale à l’horizon de 2020 (connecter toutes les familles tunisiennes à internet, créer 100 mille emplois, l’école numérique, investir dans l’e-santé…) et l’avancement de la réalisation des projets. »

Donc la priorité est de démocratiser l’accès à internet, connecter toutes les familles tunisiennes même celles qui ont des rentrées modestes.

Plan d’actions

Nous « retrouvons » la stratégie du gouvernement qui mise sur le numérique dans la loi de finance :

  • En amont : Surtaxe de 20% des équipements matériels (Infra et Backbone) qui permettent l’acheminent de l’Internet. Il s’agit du matériel du centre névralgique des réseaux à haut débit et qui supporte à lui seul la plus grosse partie du trafic Internet.
  • En aval : Surtaxe des modems et des switchs de 20% : Pour accorder une famille à l’internet, elle doit disposer d’un modem dont le prix augmentera grâce à cette nouvelle loi de finance.
  • Encore en aval : La loi de finance prévoit une nouvelle taxe appelée « droit de timbre ». Une dénomination trompeuse puisqu’il ne s’agit pas d’un montant fixe sur facture comme son nom le suppose mais d’une taxe supplémentaire de 14% du montant en TTC.

Ces mesures augmenteraient le prix de l’Internet d’environ 22% et contrediraient totalement la stratégie annoncée du gouvernement.

Un Gouvernement schizophrène

La schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité. Une personne qui en souffre n’a pas conscience de sa maladie et rend difficile l’acceptation du diagnostic.

Ce gouvernement et à sa tête le ministre des Technologies de l’information et de l’Économie numérique répète dans tous les plateaux qu’il faut démocratiser l’Internet, orienter les jeunes vers l’économie numérique puis il le surtaxe gravement et rend l’économie numérique moins accessible aux jeunes.

Un chiffre à méditer : D’après le patron de GlobalNet, Nasr Ali Chakroun, (Source Gnet) :  En 2016, 45 000 familles ont résilié leur accès internet. Quelle sera le chiffre en 2018 ?

Bonus

Au moment de la rédaction de cet article, le site du ministère des Technologies de l’information et de l’Économie numérique est indisponible.

Un indicateur de plus sur la santé de notre économie numérique !

 

 

 

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