Economie

Économie tunisienne : ce que change la décision américaine sur les droits de douane [Vidéo]

    L’enseignant universitaire et expert en économie, Moez Soussi, a commenté ce vendredi 27 février 2026 la décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider les droits de douane jugés excessifs instaurés auparavant par le président américain Donald Trump sur plusieurs produits importés de différents pays.

    Par six voix contre trois, la Cour a décidé de plafonner les tarifs douaniers à 10 % sur les partenaires commerciaux des États-Unis. Une décision qui a ensuite été suivie d’un relèvement à 15 % annoncé par Donald Trump.

    Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, Moez Soussi a estimé que la décision de la Cour suprême met fin à des droits de douane qu’il a qualifiés de « démesurés ». Selon lui, la stratégie initiale de l’administration américaine reposait sur une vision restrictive visant à corriger le déficit commercial en imposant des taxes élevées aux pays affichant un excédent commercial avec les États-Unis.

    Il considère que le plafonnement des droits de douane à 10 %, voire 15 %, constitue une décision importante, susceptible d’avoir des répercussions directes et indirectes sur l’économie tunisienne.

    Un impact attendu sur les exportations, notamment l’huile d’olive

    Selon Moez Soussi, le premier effet concernera les exportations tunisiennes vers le marché américain, en particulier l’huile d’olive. La Tunisie figure parmi les principaux fournisseurs des États-Unis, couvrant près d’un quart de leurs besoins, soit environ 24,5 % durant la saison 2024-2025.

    Toutefois, les exportations vers le marché américain ont connu des perturbations au cours de la saison actuelle, en raison de la hausse initiale des droits de douane appliqués à la Tunisie. Le plafonnement décidé par la Cour suprême pourrait ainsi redonner un nouvel élan aux exportations, notamment dans ce secteur stratégique pour la balance commerciale tunisienne.

    Un enjeu majeur pour l’investissement direct étranger

    Pour l’expert, l’effet le plus structurant concerne l’investissement direct étranger. Les premières décisions tarifaires américaines avaient suscité des inquiétudes quant à la compétitivité de la Tunisie par rapport à d’autres pays comme le Maroc ou l’Égypte, qui bénéficiaient de taux douaniers inférieurs, alors que les produits tunisiens étaient soumis à des droits atteignant environ 25 %.

    Le fait que la Tunisie se retrouve désormais alignée sur des niveaux similaires à ceux appliqués à d’autres partenaires commerciaux permettrait aux investisseurs étrangers de maintenir ou d’implanter leurs activités en Tunisie sans subir un désavantage comparatif sur le marché américain.

    Ainsi, le plafonnement des droits de douane aurait un double effet : un impact direct sur les exportations, en particulier l’huile d’olive, et un impact indirect mais stratégique sur l’attractivité de la Tunisie pour les investissements étrangers.

    Une diplomatie économique jugée sage

    Moez Soussi a également salué la position adoptée par la Tunisie sur le plan diplomatique. Il a estimé que le choix de ne pas appliquer de mesures de rétorsion ni d’imposer de droits de douane sur les produits américains relevait d’une approche sage et mesurée.

    Selon lui, les États-Unis demeurent un pays d’institutions et de contre-pouvoirs, ce qui a permis de corriger les décisions initiales. Il a toutefois exprimé l’espoir qu’aucune nouvelle mesure unilatérale ne vienne perturber les équilibres économiques mondiaux dans les mois à venir.

    Dans ce contexte, le plafonnement des droits de douane apparaît comme un facteur de stabilisation susceptible de soutenir les exportations tunisiennes et de renforcer la confiance des investisseurs internationaux.

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