Politique

Elections du 24 juillet : Report au lundi du vote de la loi électorale

Les membres de l’Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution ont demandé un délai de réflexion jusqu’au lundi avant de voter la loi des élections du 24 juillet prochain.
L’insistance sur l’impératif d’accélération des procédures du Professeur Iyadh Ben Achour, président de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique, n’a pas empêché les membres de l’Instance de demander un délai de réflexion jusqu’au lundi avant de voter la loi sur les élections de la Constituante, prévues le 24 juillet prochain. Les remarques présentées lors des interventions d’hier et des journées précédentes montrent bien que les membres de l’Instance sont encore en phase de recherche individuelle de la formule idéale pour le mode de scrutin. Ainsi, il y a beaucoup de nouvelles recettes proposées, notamment celle prônant le panachage entre le scrutin uninominal et le scrutin de listes. Lequel panachage traduit la conviction de ses adeptes que le scrutin uninominal serait «néfaste pour les candidatures des jeunes et des femmes» et n’encouragerait que «les tribuns locaux et les lobbies»

Listes

Le débat sur le mode de scrutin est certes riche et les propositions multiples. Mais l’option du scrutin proportionnel de listes à deux tours à plus fortes moyennes tient encore la corde. Plusieurs pensent que cette option «serait la plus équitable surtout qu’il s’agit de petites circonscriptions dont le nombre de députés oscille entre deux et quatre». «Son découpage électoral serait même plus harmonieux avec les divisions administratives des délégations», ajoutent-ils.
Cette option propose une Constituante formée par 256 députés au nombre des délégations. Les gouvernorats sont présentés par une circonscription unique ou divisés en deux, voire trois circonscriptions, comme Tunis et Sfax.

Différends

Suite aux remarques faites par les membres de l’Instance concernant les dirigeants du RCD, le nouveau projet de loi électorale présenté par les experts a inclus un article stipulant l’inéligibilité pendant 10 ans de ces responsables. Des voix au sein de l’Instance demandent toutefois de préciser les degrés de responsabilité et proposent qu’ils incluent les personnes ayant appartenu au bureau politique, au comité central, aux comités de coordination et aux fédérations territoriales. La question sera tranchée lors du vote du lundi prochain. La problématique de parité suscite, elle aussi, des discussions. Le texte proposé stipule la parité parfaite des listes de candidats. Il indique même l’alternance des noms. Seulement, des réclamations ont jailli durant les discussions. Mme Zouhour Kourda considère ce concept «antidémocratique» et «nuisant aux principes de la compétence et de l’égalité». Il est utile de remarquer toutefois qu’une telle option ne veut pas systématiquement dire que la parité sera respectée dans les résultats avec l’application de la proportionnelle.
En constatant que la sérénité actuelle des travaux de l’Instance de réalisation des objectifs de la révolution et en se rappelant combien houleux étaient les débats au tout début des travaux de cette même Instance, les observateurs peuvent comprendre les difficultés de l’édification de la démocratie. Mais il est clair aussi que la persévérance paie en présence de la bonne volonté. Il n’empêche de dire que ce n’est pas facile de transformer la révolution en acquis démocratiques.

Source : Le Quotidien

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