Economie

En l’absence du soutien de l’Etat, 75 mille PME ont disparu et des milliers d’autres menacées de disparition…

En l’absence du soutien de l’Etat, 75 mille PME ont disparu et des milliers d’autres menacées de disparition…

A la fin de la semaine dernière, Chaker Mechergui, le président de la Fédération tunisienne des artisans et des petites et moyennes entreprises (FTAPME), a déclaré que 75 mille PME sur un total de 750 mille ont fait faillite au cours des dernières années à cause de la crise COVID.

Chaker Mechergui a mis en cause les politiques, la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS), aux établissements financiers et le ministère du commerce qui vient de fixer après le 25 juillet dernier, la marge bénéficiaire de sociétés opérant dans certains secteurs à seulement 10% ce qui ne couvre même pas les frais fixes, la consommation du carburant et l’achat de matières premières.

Selon Mechergui 200 mille emplois ont été perdus dès mars 2020 avec la première vague du COVID et les rares efforts de l’Etat et des établissements financiers pour rééchelonner les dettes des PME et leur permettre de bénéficier de ressources extérieures sont minimes, indique Mechergui.

Sous ce même angle, le secrétaire général de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises (ANPME), Sofiane Gabsi, a déclaré le 9 septembre courant que 54 milles entreprises sont en voie de faillite, sans tenir compte des 75 milles déjà disparues, qualifiant la situation de catastrophique.

Sofiane Gabsi a affirmé qu’il y a plus de 18.000 chefs d’entreprises qui sont en prison ou en fuite à cause des chèques sans provision. Il a ajouté que, quotidiennement, 564 affaires liés aux chèques sont différées devant les tribunaux et de nombreux chefs d’entreprises sont interdits de chéquiers à cause des incidents de paiement.

Des experts pensent que la solution pour le sauvetage des PME et éviter un risque sérieux d’explosion sociale doit être assumée par l’Etat à travers l’ouverture de lignes de financement spécialisées et le rééchelonnement des dettes bancaires, fiscales et sociales de ces entreprises qui souffrent depuis des années.

L’incitation de l’Etat des banques à contribuer à ce rôle est cruciale, pour dégivrer la situation des crédits des entreprises dont l’encours s’élève, selon les dernières données actualisées de la Banque centrale de Tunisie (BCT), à 68118.37 millions de dinars.

La situation sera certes beaucoup plus grave au cours des prochains mois du fait que les problèmes financiers actuels des PME, risquent de noyer tout le système financier par l’accélération des crédits impayés. Ceci a été clairement affirmé par le dernier rapport de l’agence de notation internationale Standard & Poor’s.

Face au resserrement du crédit bancaire, la majorité des PME, font de plus en plus recours notamment ces dernières années, à des financements excessivement onéreux auprès des sociétés de leasing qui sont dans leur majorité des filiales directes ou indirectes des banques.

Le rôle de l’Etat et la nécessité de mobiliser des fonds pour remédier à cette situation explosive est déterminant pour le sauvetage et la garantie de la paix sociale.

 

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