La Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial historique de 1 200 milliards de dollars, poursuivant une dynamique de croissance sans précédent, dans un contexte marqué par les effets prolongés de la guerre commerciale initiée par le président américain Donald Trump. Cette situation a poussé les exportateurs chinois à accélérer leur diversification vers des marchés alternatifs, hors États-Unis.
Selon les données publiées ce mercredi par l’Administration générale des douanes chinoises, les exportations ont progressé de 6,6 % sur l’ensemble de l’année 2025 par rapport à 2024, compensant largement la forte baisse des ventes vers le marché américain observée en décembre dernier. Dans le même temps, les importations ont augmenté de 5,7 %, un rythme supérieur aux attentes, aboutissant à un excédent mensuel de 114 milliards de dollars, le plus élevé enregistré depuis six mois.
La part des États-Unis dans les exportations totales chinoises est tombée à un plus bas historique de 11 % en 2025, selon Bloomberg Economics, soit une baisse de huit points par rapport à la première présidence de Donald Trump. Cette évolution reflète un basculement structurel du commerce extérieur chinois, alors que Pékin fait face à la montée du protectionnisme et à la multiplication des barrières tarifaires.
Sur l’ensemble de l’année 2025, les exportations vers l’Afrique ont affiché la croissance la plus rapide, avec une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente. Les livraisons vers les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est ont progressé de 13 %, celles à destination de l’Union européenne de 8 % et vers l’Amérique latine de 7 %. À l’inverse, les exportations vers les États-Unis ont reculé de 20 %, avec une chute de plus de 30 % enregistrée en décembre.
Cette performance met en évidence un déséquilibre persistant entre la puissance industrielle de la Chine et la faiblesse de la consommation intérieure. Si les exportations demeurent le principal moteur de la deuxième économie mondiale, la crise prolongée du secteur immobilier et le ralentissement de l’investissement continuent de freiner la demande locale pour les produits importés.
Les perspectives pour 2026 restent globalement favorables, malgré un environnement international jugé plus incertain. Les économistes estiment que la compétitivité des produits chinois et la demande mondiale soutiendront encore la croissance des exportations, en particulier si la trêve commerciale avec Washington se maintient. Toutefois, plusieurs risques demeurent, notamment une possible escalade des tensions avec les partenaires commerciaux, en Europe comme en Amérique du Nord, face à l’ampleur du surplus chinois.
Pékin a d’ores et déjà pris certaines mesures pour atténuer les frictions commerciales, notamment en réduisant les incitations à l’exportation dans plusieurs secteurs confrontés à une surcapacité de production. Les exonérations fiscales ont ainsi été supprimées pour des centaines de produits, dont les cellules solaires et les batteries, à partir d’avril. Parallèlement, les exportations de biens à forte valeur ajoutée, comme les semi-conducteurs, les automobiles et les navires, ont progressé de plus de 20 % en 2025, tandis que celles de produits à faible valeur ajoutée, tels que les vêtements, les jouets et les chaussures, ont reculé.
Malgré ces ajustements, les autorités chinoises reconnaissent que l’environnement extérieur reste complexe. Elles misent néanmoins sur la diversification des partenaires commerciaux et sur le renforcement de la résilience de l’économie pour préserver la solidité du commerce extérieur, dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et de fragmentation géopolitique accrue.