La Commission de la santé وشؤون المرأة والأسرة والشؤون الاجتماعية، بالتنسيق مع لجنة الخدمات والتنمية الاجتماعية بالمجلس الوطني للجهات والأقاليم، a tenu le jeudi 13 novembre 2025 une réunion importante consacrée à l’examen du budget 2026 du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors.
La séance, présidée par Moncef Maaloul et Haythem Trabelsi, s’est déroulée en présence de Raouf Fekiri, Ezzdine Tayeb, Fathi Rjab, Abdelkader Ammar, Riadh Blel et Aymen Marououi.
La ministre Asma Jabri y a présenté les priorités et les engagements de son département pour l’année à venir.
Un budget de 287 millions de dinars pour consolider la cohésion sociale
Dès l’ouverture, la ministre a annoncé que le budget alloué à cette mission atteindra environ 287 millions de dinars. Elle a souligné que cette enveloppe traduit concrètement la volonté de l’État de bâtir une véritable politique sociale.
Elle a rappelé que la famille demeure le premier espace de protection et de transmission, et que l’action de son ministère vise à en préserver la stabilité. L’accent est mis sur la prévention de la violence, la protection de l’enfance, la lutte contre les comportements à risque, ainsi que sur la prise en charge des personnes âgées dans une perspective de justice sociale et d’égalité.
Asma Jabri a détaillé quatre grands axes stratégiques :
– Le premier consiste à renforcer la cohésion et l’équilibre familial.
– Le deuxième vise à consolider les acquis de la femme tunisienne et à soutenir son rôle dans le développement.
– Le troisième repose sur l’accompagnement des enfants afin de garantir leur bien-être, leur protection et leur épanouissement.
– Enfin, le quatrième concerne l’élargissement des droits et des services destinés aux seniors.
Ces orientations seront déployées à travers trois programmes principaux : la femme, la famille et l’égalité des chances ; la petite enfance ; et les seniors.
Une famille tunisienne fragilisée par des mutations profondes
La ministre a dressé un diagnostic précis des défis auxquels la famille tunisienne est aujourd’hui confrontée.
Elle a souligné un vieillissement démographique marqué, puisque les personnes âgées représentent désormais près de 17 % de la population, un chiffre en progression constante.
Elle a également mis en lumière l’évolution rapide de la structure familiale, l’augmentation notable des cas de divorce et la faiblesse persistante du taux d’intégration des enfants âgés de 3 à 4 ans dans les structures de la petite enfance. Autant de tendances qui appellent des réponses adaptées et rapides.
Réformes législatives et nouvelles structures pour moderniser l’action sociale
Dans ce contexte, le ministère prépare un projet de loi sur la médiation familiale destiné à prévenir les ruptures et à accompagner les familles en difficulté. Un autre texte est en cours d’élaboration concernant la pension alimentaire et les pensions post-divorce.
Les cahiers des charges relatifs aux institutions de la petite enfance sont en cours de révision. Un nouveau cadre réglementaire pour les assistantes maternelles à domicile est également en préparation, parallèlement à une refonte des programmes de formation de base des professionnels du secteur.
La ministre a annoncé l’ouverture prochaine de seconds bureaux régionaux des délégués à la protection de l’enfance dans les gouvernorats vastes et dotés de deux tribunaux de première instance. Cette mesure vise à améliorer la réactivité, la proximité et la qualité des interventions.
Pour les seniors, un projet de magazine juridique dédié à leurs droits est en phase finale d’élaboration et s’accompagnera d’une révision du cahier des charges encadrant les établissements de prise en charge.
Les députés alertent sur l’insuffisance des moyens et la montée de la violence envers les enfants
Les membres des deux commissions ont salué les efforts du ministère tout en soulignant que son budget reste insuffisant au regard de l’étendue de ses missions, qui touchent toutes les catégories sociales. Le programme dédié à la famille a particulièrement été pointé comme insuffisamment financé.
Plusieurs députés ont exprimé leur inquiétude face à la montée spectaculaire de la violence dans la société tunisienne, notamment celle touchant les enfants, y compris dans sa dimension numérique.
Ils se sont interrogés sur les stratégies du ministère pour contrer ce phénomène et ont insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée avec les ministères de l’Intérieur, des Affaires sociales, de l’Emploi et de la Justice.
Petite enfance : encadrement, formation et lutte contre les pratiques anarchiques
Les parlementaires ont également attiré l’attention sur la prolifération des jardins d’enfants non réglementés. Ils ont appelé à leur intégration dans le secteur organisé ou, en cas d’impossibilité, à l’application de mesures fermes.
Ils ont également demandé une augmentation du nombre de clubs municipaux pour enfants, ainsi qu’une amélioration des équipements et de l’encadrement.
La question des diplômés de l’Institut supérieur des cadres de l’enfance de Carthage Dermech a été largement évoquée. Beaucoup d’entre eux restent au chômage malgré un manque évident de personnel qualifié dans les structures relevant du ministère.
Femmes et personnes âgées
Concernant les femmes, la ministre a rappelé les résultats du programme “Raïdattes”, particulièrement efficace dans la promotion de l’autonomisation économique féminine, notamment dans les zones rurales.
En 2026, les initiatives de soutien, d’accompagnement et de financement seront élargies afin de permettre à un plus grand nombre de femmes entrepreneures de lancer leurs projets.
La ministre a réaffirmé que les seniors constituent l’une des priorités du ministère. Le projet de loi sur leurs droits vise à garantir une prise en charge digne, moderne et adaptée aux transformations démographiques.
Elle a réitéré l’importance de l’accueil familial, considéré comme un levier essentiel pour maintenir la cohésion intergénérationnelle.
Réponse du ministère : plus de structures, plus de gouvernance, plus de proximité
En réponse aux inquiétudes des députés, Asma Jabri a indiqué que son ministère travaille activement à augmenter le nombre de centres d’hébergement, tout en veillant à une meilleure gouvernance et à une formation renforcée des équipes.
Elle a rappelé que la stratégie nationale pour la cohésion familiale progresse, avec la participation de nombreux acteurs institutionnels.
Sur la petite enfance, elle a confirmé la réouverture progressive des jardins d’enfants municipaux et la simplification des procédures d’ouverture des nouvelles structures agréées. La surveillance quotidienne de la mendicité infantile se poursuit, avec des interventions immédiates en cas de besoin.
Concernant les diplômés de Carthage Dermech, la ministre a assuré que des recrutements ont commencé et que leur nombre augmentera en fonction de l’avancement des projets programmés.
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